Vous l’avez voulu ! Le choix des lecteurs N°10 : Land of the Dead

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Le choix des lecteurs est de retour avec cette semaine un poids lourd du film de zombies : Land of the Dead (Le Territoire des Morts) de George A. Romero, proposé par Baalero sur le site. Sorti en 2005, le film signait le grand retour du réalisateur au pays des zombies, 20 ans après son précédent film de zombies (Day of the Dead en 1985).

L’histoire se passe à Pittsburgh, ville d’adoption de Romero, après une apocalypse zombie. Dirigé par Kaufman, ce qu’il reste de la ville est divisé en deux, avec les plus pauvres qui survivent tant bien que mal et se vautrent dans le stupre, et les plus riches qui vivent à Fiddler’s Green, un lieu reproduisant de manière superficielle la vie avant l’apocalypse. Parallèlement, des groupes explorent les alentours pour récupérer des ressources au profit des plus riches. Lorsque Cholo, un des employés, se rend compte que Kaufman ne le laissera jamais rejoindre Fiddler’s Green malgré tous ses efforts, il décide de se venger. Pendant ce temps, Big Daddy, un zombie intelligent, organise ses frères pour partir à l’attaque de la ville.

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Si le grand retour de Romero au monde du zombie était attendu par tous les fans du genre, le film a clairement divisé à sa sortie. Bien que loin d’être parfait, Land of the Dead est malgré tout, selon moi, un film important dans la filmographie de Romero, et ce pour plusieurs raisons. Tout d’abord c’est la première fois, et la dernière de l’aveu de Romero, que le réalisateur se retrouve avec un budget aussi conséquent entre les mains (15 millions de dollars). Si nous étions curieux de voir ce qu’il ferait d’une telle somme, nous nous retrouvons malheureusement avec un film bourré d’action et peu de dialogues intéressants, alors que les longs échanges entre les personnages et l’aspect intimiste de ses précédents films étaient des éléments essentiels. Preuve que gros budget ne veut pas dire meilleur film même avec un réalisateur réputé aux commandes.

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Ensuite, avec Big Daddy le film poursuit l’évolution des zombies de Romero, déjà fortement entamée dans Day of the Dead avec Bub, zombie désormais devenu culte ou au contraire décrié par un bon nombre de fans. Big Daddy, avec son intelligence, son empathie et son rôle de leader zombie finit ainsi de consommer la rupture amorcée avec Day of the Dead entre Romero et les puristes qui considèrent qu’un zombie ne dispose d’aucune intelligence.

Toutes choses égales par ailleurs, le film est toutefois globalement moyen, notamment à cause d’une critique sociale un peu trop évidente. Si certains critiques y ont vu une dénonciation du gouvernement Bush et de la guerre en Irak, c’est surtout la division de la société entre riches et pauvres qui nous y est dépeinte de manière assez lourde avec les plus riches vivant dans le paradis artificiel de Fiddler’s Green et les plus pauvres dans la crasse.

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En réalité, c’est l’impression que Romero ne disposait pas de la liberté dont il jouissait dans ses précédentes productions qui prédomine. Les personnages de Cholo, un latino ambitieux mais un peu limité, et de Kaufman sont ainsi particulièrement stéréotypés jusque dans leurs interactions et desservent l’histoire là où les personnages de Day of the Dead, par exemple, étaient un pilier principalement grâce à leurs échanges tendus. La finesse n’a certes jamais été le fort de Romero, mais il manque à Land of the Dead la candeur et l’envie des films de la trilogie originale. Cette expérience confortera d’ailleurs le réalisateur dans son envie de ne plus travailler avec de gros studios pour reprendre un contrôle artistique total, ce qui fut malheureusement un échec avec les très faibles Diary of the Dead et Survival of the Dead.

Land of the Dead est donc le résultat d’un projet un peu trop ambitieux qui a poussé Romero à auto-parodier son œuvre. Si le réalisateur reste fidèle à ses thèmes de prédilection, comme l’évolution des zombies, le film est desservi par la pauvreté des dialogues et un enchaînement de scènes d’action parfois dispensables. Le film reste tout de même au-dessus de la moyenne bien que n’atteignant jamais l’excellence. Il faut dire que nous attendions forcément plus du retour de Romero.

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Et pour la semaine prochaine, vous proposez quoi ? Dîtes-le nous en commentaires.

Vous avez vu Land of the Dead ? Alors n’oubliez pas de l’ajouter à votre collection zombie et de le noter !

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4 commentaires

  1. Hell Vice dit :

    Pas mieux que Calico! Un film néanmoins sympa à voir mais peut être pas à revoir et revoir ^^
    Sinon pourquoi pas le petit “Retour des morts vivants?” pour la semaine prochaine?

  2. Arvern dit :

    Un clin du jeu Fallout3 à Land of the dead.
    Avec la Tenpenny Tower. Une tour au milieu des terres dévastés post apocalyptique. Pourtant intact et très bien gardé par une armée de gardes du corps. Où ne vivent que des millionnaires et leurs familles.

  3. icare dit :

    Discours très lourd sur les inégalités et la lutte des classes, très en vogue à Hollywood (Cf. les récents Elyseum, Hunger Games ou autres Snowpiercer). Pauvre Romero, qu’es-tu allé faire dans cette galère ? Quand le symbolisme à outrance va à l’encontre d’un minimum de réalisme (Cf. l’assaut final par exemple) on en deviendrait presque allergique à la personne et à son oeuvre. Preuve de la dérive idéologique de ce cinéma pour les débiles : Libération en a consacré à l’époque sa Une.

  4. JIM dit :

    @Hell Vice : +1 pour le retour des morts vivants
    @icare : j’ai pas trop aimé les récents romero je trouve qu’il y a trop de message (inégalité,politique, journalistique,…) au détriment d’idée nouvelle ou d’intrigue. Mais mon film culte c’est le retour des morts vivants c’est peut être à cause de çà, je trouve les dernier romero trop sérieux peut être.

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