Critique de Petites Cervelles

Petites cervelles

Disponible depuis bientôt huit ans aux États-Unis (édition Dark Horse Comics), le phénomène Petites Cervelles débarque tout juste en France grâce à Les Humanoïdes associés. Connu pour diverses autres œuvres de science fiction ou horrifiques et pour une œuvre devenue culte (Minimum Wage), l’auteur et dessinateur Bob Fingerman nous embarque dans une aventure humoristique zombie au sein d’une école américaine.

Tout commence par une expérience ratée du professeur de biologie dont les gaz qui en résultent transforment lentement les élèves et les professeurs en d’insatiables anthropophages décérébrés. Seuls quelques élèves d’une classe de surdoués échappent à ce funeste ratage du fait de leur âge, l’étrange transformation n’affectant que les individus pubères. Cette joyeuse bande va alors tout faire pour fuir l’école avant devenir le « quatre heures » de la classe de CM2 ou l’apéritif du prof’ de sport.

petites cervelles

La mise en place de l’histoire est une réussite et nous nous retrouvons plongés dans l’ambiance en quelques cases. L’auteur parvient en effet en quelques phrases et coups de crayon à planter la personnalité de nos jeunes héros entre le leader à la Malcom, surdoué mais sans aucune notion de sexualité, une enfant pensant plus à assigner l’école en justice qu’à combattre les zombies, un courageux tueur de zombies à la recherche de sa soeur, une “casse-bonbon” névrosée ou l’amour cliché du leader.
À ce titre, les remarques cinglantes de ces jeunes surdoués, permettent de nous attacher à eux jusqu’à la fin de l’histoire et nous offrent également un humour bien cadencé, mélangeant une maturité surprenante au  côté enfantin de nos héros.

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Mais le plus plaisant dans cet ouvrage, ce sont les dessins (et tant mieux c’est une BD). Le graphisme fait penser aux Crados, à Larcenet ou à Gilen, un style enfantin mais précis, chiadé et généreux. Un style graphique qui permet en effet un rendu des cases très artistique sans les contraintes de la bande-dessinée réaliste.

Enfin, si l’histoire parle d’enfants, elle n’en reste pas moins sanguinolente et si, durant les 96 pages, il ne se passe pas grand-chose, l’action étant finalement toujours la même – fuite, barricades, arrivée des zombies, cassage de zombies – nous ne nous ennuyons jamais et nous nous surprenons même à en redemander.

Bob Fingerman a su habilement nous transporter dans son univers, grâce à une indéniable expertise de l’art narratif. Tous les personnages sont réussis et l’atmosphère générale sent bon la cours de récré et le chewing-gum collé sous les tables et ceci, malgré la présence d’une horde de zombies. Le graphisme est tout simplement génial, mettant le lecteur tout de suite à l’aise avec les personnages. Ces dessins, entre réalisme et caricature, servent parfaitement la narration, nous donnant l’impression de vivre l’histoire via les yeux d’un enfant. Une œuvre humoristique mais haletante que je vous recommande vivement. Finalement, l’unique chose que nous puissions réellement regretter est qu’aucune suite n’existe.

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