Critique de Zombie Fallout Tome 1 : Le Commencement

Zombie Fallout
La série de romans Zombie Fallout, écrite par Mark Tufo et en cours depuis 2010, a beau en être à son septième volume outre-Atlantique, c’est la semaine dernière que nous avons découvert en France son premier tome. Zombie Fallout, Tome 1 : Le Commencement, est donc la première incursion des lecteurs français dans les Chroniques des Talbot, rebaptisée ainsi par Panini Books qui s’attelle une fois de plus à la publication dans nos contrées. Alors, bonne pioche ?

Zombie Fallout 1 (360) 22,4.inddSuite à une campagne de vaccination catastrophique contre le virus H1N1, le quotidien de Mike Talbot et de toute sa famille se retrouve bouleversé lorsque l’apocalypse zombie vient frapper à la porte de leur maison. Alors que Mike avait toujours secrètement espéré qu’un tel évènement se produise et s’y était préparé, lui, sa femme Tracy et son fils Travis tentent de retrouver Justin et Nicole, les deux autres enfants Talbot. Ils se retrouvent alors à organiser leur survie face à des morts-vivants moins stupides qu’ils en ont l’air.

Comme de nombreux auteurs de romans zombies, Mark Tufo n’est pas écrivain à l’origine. S’il a écrit ses premiers livres alors qu’il était encore à l’université, ce n’est que des années plus tard qu’il a décidé de les faire publier. Rien d’étonnant alors à ce que le personnage principal de Zombie Fallout lui soit très proche à certains égards. En effet, les points communs entre Mark Tufo et Mike Talbot sont nombreux : tous deux sont d’anciens Marines, ont un bulldog nommé Henry et une carrière plus ou moins similaire.

Nous suivons donc Mike Talbot, ancien Marines, col blanc devenu col bleu et très cliché dans sa construction : bourru, macho, buveur de bière et amateur d’armes à feu. Je dois ainsi reconnaître que cet aspect du personnage m’a tout d’abord un peu agacé, alors qu’il passe en revue ses armes préférées et expose sa vision du monde plutôt conservatrice, d’autant que tout ceci est accentué par le récit à la première personne, où Mike n’hésite pas à prendre le lecteur à partie. Tout cela rend ce début de lecture plutôt déconcertant et pas franchement agréable.

zombiefalloutPourtant, cette impression désagréable de lire les aventures d’un redneck dingue de flingues s’est rapidement estompée. Sous ses aspects lourdaud et survivaliste, Mike n’est en réalité pas un surhomme comme pouvaient le laisser craindre les premières pages. Mieux encore, le personnage de Tufo sait se rendre sympathique et dispose d’un sens de l’humour et de la répartie qui ne manquent pas de faire mouche de temps à autre. Ses attentions pour sa petite famille et son chien Henry contribuent d’ailleurs à rendre le protagoniste attachant, et ce même s’il traite parfois ses enfants comme sa petite armée personnelle.

De plus, le traitement de l’invasion zombie est plutôt intéressant et lorgne vers l’œuvre de George A. Romero, saupoudrée d’une pincée de Stephen King. Les zombies sont présents dès le début de l’histoire et réservent même quelques surprises aux Talbot ainsi qu’aux lecteurs. L’ajout d’éléments fantastiques est à ce titre plutôt bienvenu et apporte de la fraicheur à une histoire somme toute très classique dans sa construction mais qui laisse présager du positif pour la suite de la série.

Toutefois, le livre n’est pas exempt de maladresses, et l’attitude et les réflexions conservatrices de Mike pourront faire grincer des dents certains lecteurs. De plus, alors que le livre est censé être une chronique écrite par Mike, certains chapitres changent complètement de point de vue narratif (avec celui de Tracy, ou pire : un narrateur omniscient !), ce qui est franchement désagréable. Enfin, je regrette que certains personnages secondaires, comme la femme de Mike ou son meilleur ami Paul, ne reçoivent pas le traitement qu’ils méritent et soient parfois un peu délaissés.

Finalement, sans être un très grand livre, ce premier tome de Zombie Fallout dispose de suffisamment d’arguments pour offrir une lecture agréable et nous laisser envisager une série particulièrement intéressante. Si tous les passages ne se valent pas, et malgré un protagonniste pro-flingues et résolument conservateur, il faut bien avouer que ce bon vieux Mike Talbot devient de plus en plus sympathique au fil des pages, un peu comme un bon pote de beuverie qu’on aime à revoir de temps en temps. De quoi en redemander.

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4 commentaires

  1. pierre dit :

    D’accord avec la conclusion, une belle lecture de loisir quand même. Dans un genre plus pointu, et plus court aussi, je conseillerai L’enveloppe, acheté sur Amazon en même temps que le Tufo. Chez l’éditeur lenka lent : http://www.lenkalente.com/product/l-enveloppe C’est très court mais bien intense !

  2. Squeletor dit :

    Je viens juste de le terminer, je suis assez d’accord avec notre ami Calico J4ck. Mike m’a vraiment agacé au début mais j’ai fini par l’adorer. Certaines situations sont vraiment lourdes mais son humour et ses comparaisons m’ont souvent fait rire, bien plus que n’importe quel autre livre de zombies de ce genre. J’attends la suite !

  3. umby-24 dit :

    mouais, bof bof.
    Je pense qu’il faut vraiment être américain pour apprécier le livre. Avec le gros survivaliste de la mort mais allergique aux microbres….o_O…Mais bon pourquoi pas.

    Mais le principal reproche que je fais à ce volume c’est en fait l’histoire. Il ne passe rien ou presque.
    On pourrait résumer la totalité des événements de ce premiers volumes sur un demi post-it.
    Bref, ça se laisse lire agréablement mais seulement si on est en panne de bouquin à ce moment là.

  4. Zar dit :

    Plus que moyen, pour ne pas dire franchement ennuyant.

    Héro(s) auquel on ne s’attache pas, humour qui en plus de n’avoir rien à faire en plein milieu d’une épidémie Zombie tombe invariablement à plat, narration très décousue, manque d’action, redondance de certaines descriptions (les salissures de Tommy pâr exemple) qui ont réussi l’exploit de me mettre mal à l’aise (!)

    Pour une fois que j’achète d’emblée 2 tomes d’une même série, il a fallu que ce soit celle là …

    Ayant déjà du mal à adhérer aux récit type Journal Intime et plus encore aux histoires combinant Zombie et Fantastique, ces éléments font que Zombie Fallout est pour moi dans mon Tiercé Perdant des édition Panini.

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