Critique de Zombie Ball

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Le mois de septembre. Un mois terrible qui met fin à une période ensoleillée et de paix pour les écoliers et collégiens. Le moment de retourner en classe et de se gaver d’informations plus ou moins utiles. Heureusement, les éditions Au Diable Vauvert ont pensé à eux avec la sortie le 4 septembre dernier de Zombie Ball de Paolo Bacigalupi. De quoi parfaire leur éducation zombie mais surtout d’oublier les déboires scolaires le temps d’une lecture stimulante et agréable.

zombie ball couvertureLe jeune Rabi, a beau être d’origine indienne, il est américain. Et pourtant, Sammy, une des brutes de son équipe de baseball, ne cesse de se moquer de lui. Mais il n’est pas le seul à souffrir de ce racisme pesant. Son meilleur ami Miguel vit chez son oncle et sa tante depuis que ses parents ont été expulsés du pays par les services d’immigration. Le responsable ? Le père de Sammy, le directeur des usines Milrow, qui abattent à la chaîne les milliers de vaches qui s’entassent dans les enclos répugnants entourant l’usine, qui a décidé de les dénoncer les trouvant gênants. Les deux garçons, accompagnés de Joe leur ami un peu fou, vont très vite découvrir qu’en réalité des choses étranges se trament dans l’usine et ses alentours. Mais comment peuvent-ils sauver la ville de l’épidémie de zombies qui se prépare alors que les services d’immigration sont à leur trousse et que personne ne les croit ?

Si vous y réfléchissez quelques secondes, les livres jeunesse recourent souvent aux mêmes archétypes de personnages avec des héros (souvent marginalisés) confrontés à des brutes épaisses et des fils à papa. Zombie Ball n’échappe pas à cette règle et c’est autour de cette base classique mais efficace, avec des personnages sympathiques, que Paolo Bacigalupi développe une histoire qui saura faire réfléchir les plus jeunes lecteurs.
Malgré un premier chapitre qui parviendra difficilement à capter l’intérêt des français (quelque soit leur âge), celui-ci nous révélant Rabi en train d’échafauder des stratégies de baseball – un sport que nous connaissons très mal dans l’Hexagone – le livre parvient assez rapidement à nous embarquer dans les aventures de ses héros. Il faut cependant attendre, et c’est bien dommage, d’en avoir lu une grosse moitié pour que les bases posées dans la première partie délivrent enfin toutes leurs promesses.
zombie ball couvertureDes thèmes aussi forts que l’immigration, l’élevage industriel ou la toute puissance de certaines entreprises sont alors abordés avec plus ou moins de force. L’auteur critique ainsi avec habilité, notamment via le personnage de Miguel, les injustices et les cruautés qui se multiplient dans certains états américains à l’égard des populations clandestines ou simplement envers ceux n’ayant pas le faciès de l’américain moyen. Un véritable appel à la tolérance. De la même manière, les descriptions, bien que répétitives, des corrals dans lesquels les troupeaux sont enfermés, entassés les uns sur les autres, ainsi que les pratiques douteuses des usines Milrow, seront sans aucun doute un bon appel pour les lecteurs les plus jeunes (et nous) à réfléchir à nos pratiques alimentaires et notre consommation effrénée de viande. Seul le thème de la surpuissance des grosses entreprises est un peu grossièrement dépeint avec l’utilisation d’un avocat très caricatural et un peu décevant.

La seconde moitié de Zombie Ball est également le moment où les zombies font réellement leur entrée en scène, et apportent un second souffle au récit, jetant nos héros, affranchis de leurs parents, dans une aventure sympathique et agréable à suivre. Avec ses zombies que rien n’arrête, pas même tous les membres brisés, et affamés de cervelle humaine, l’auteur propose ainsi un certain nombre de scènes bien pensées, comme lorsque les héros traquent leur premier zombie au milieu d’un champs de maïs. Sans tomber dans le gore démesuré, ces scènes auront vraisemblablement leur effet sur les plus jeunes. Montés sur leurs vélos, ou parfois au volant d’un pick-up, les héros vont ainsi d’ennuis en ennuis tout en cherchant à sauver leur petite ville. Bref, un divertissement loin d’être ennuyeux.

En fin de compte, même s’il peine à démarrer, Zombie Ball reste un petit livre sympathique qui, j’en suis sûr, saura plaire aux plus jeunes lecteurs amateurs de zombies en mettant le doigt sur des points justes et intelligents. En revanche, pour les lecteurs plus âgés, une plongée dans les sagas jeunesse Ennemis ou Zom-B serait bien plus appropriée.

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1 commentaire

  1. Personnellement, j’étais très fan de Bart la tête de vache zombie ! Et je prends bonne note des autres propositions de lecture :)

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