Critique de [REC]4 : Apocalypse

rec4 apocalypse

Depuis mercredi, les fans de [REC] fêtent Noël un peu avance. En effet, c’est le 12 novembre que sortait le quatrième et ultime volet de la saga commencée en 2007 par Jaume Balagueró et Paco Plaza. Les fans étaient restés sur leur faim depuis 2012 après le visionnage du [REC]3 de Plaza, un troisième opus qui était loin de faire l’unanimité et en avait déçu beaucoup.

Aussi, c’est avec une impatience fébrile que nous attendions de découvrir la suite des aventures de la journaliste Angela Vidal, incarnée par la belle Manuela Velasco. En 2009, nous la quittions alors que son enveloppe charnelle et le démon qui la parasitait, depuis l’écœurante trophallaxie prodiguée par la patiente zéro, s’apprêtaient à être évacués par les autorités sanitaires espagnoles. C’est donc l’envie de découvrir quel type d’antiparasitaire pourrait déloger une bestiole pareille qui m’a poussé ce mercredi dans une salle obscure Avignonaise.

Quelques heures après les terribles événements qui ont ravagé le vieil immeuble de Barcelone. Passé le chaos initial, l’armée décide d’intervenir et envoie un groupe d’élite dans l’immeuble pour poser des détonateurs et mettre un terme à ce cauchemar. Mais quelques instants avant l’explosion, les soldats découvrent une ultime survivante : Angela Vidal… Elle est amenée dans un quartier de haute sécurité pour être mise en quarantaine et être isolée du monde afin de subir une batterie de tests médicaux. Un endroit parfait pour la renaissance du Mal… L’Apocalypse peut commencer !

[rec]4

Dès les premières minutes, nous sommes immergés dans l’histoire alors que nous nous retrouvons juste après les événements du second opus. L’ambiance shaky cam est encore au rendez-vous bien que, cette fois-ci, le procédé soit uniquement utilisé pour apporter du punch et faire le lien avec le style du second film.

Sans transition nous regagnons un navire transformé en lieu de quarantaine. Et là, finie la shaky cam et retour à un style plus conventionnel. Mais rassurez-vous lors des scènes d’attaques des infectés (et il y en a !), l’image reste fidèle aux premiers épisodes : elle est confuse, saccadée, entrecoupée, assombrie et survoltée, pleine de bouches sanguinolentes s’ouvrant sur des dents avides de chair humaine.

Je ne m’attarderai d’ailleurs pas sur le scénario – qui est loin d’être fabuleux – et me concentrerai davantage sur l’ambiance générale du film. Et quelle ambiance ! Le choix du bateau est une fort belle idée : il offre un huis clos austère, glauque et angoissant. Cette quarantaine navale permet ainsi de belles scènes d’action et une possibilité d’armement plus “rigolote” que dans les deux premiers épisodes de la saga. De plus, le bateau étant plein à craquer de soldats surarmés (qui tombent comme des mouches), nous nous retrouvons assez vite avec une pléthore de zombies qui envahit le navire. Au milieu de tous ces zombies, nous nous surprenons d’ailleurs à épier les moindres faits et gestes de notre journaliste que nous savons infectée, ce qui rend un peu plus agréable notre temps passé devant ce film.

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Toutefois, la qualité du film n’a rien à voir avec les deux premiers. En effet, si les décors et l’ambiance sont plutôt bons et visuellement agréables, les scènes d’action s’avèrent rapidement répétitives et la tension n’est jamais réellement au rendez-vous (rien à voir avec le premier [REC] qui avait de quoi faire fliper). Est-ce dû à l’absence d’une  bande son crispante ? Ou à la qualité d’interprétation de certain des acteurs ?  Probablement les deux. D’ailleurs, si la plupart des personnages sont plutôt bien construits certains sont si navrants, comme le médecin militaire aux réactions capilotractées, qu’ils en viennent à gâcher complètement l’ambiance.

En fin de compte, [REC]4 : Apocalypse n’est pas un mauvais film mais un film banal digne d’une superproduction américaine avec des acteurs un brin plus charismatiques. Malheureusement, si nous ne passons pas un mauvais moment à suivre ce huis clos où pleuvent les zombies par dizaines, l’impression finale est que Jaume a bouclé la boucle par obligation, se moquant un peu du résultat final. Peut-être avait-il besoin d’une nouvelle piscine ?

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5 commentaires

  1. Trixie dit :

    Merci pour cette critique Baalero; je suis un peu soulagée j avais lu quelque part que Balaguero avait complètement supprimé ce coté shaky cam / found footage (qui compte énormément dans cette quadrilogie).
    Je compte le voir également bientôt, j’ai pas mal apprécié tout ce folklore qui tourne autour de Tristana Medeiros (depuis son viol jusqu’à sa transformation, sa mort corporelle puis sa réincarnation). L’histoire est vraiment énorme. Je suis une des rares personnes a avoir aimé le 3eme volet, complètement différent mais toujours lié si ce n’est qu’avec les apparitions assez subtiles du “monstre” original. Et puis c’est vrai, avant d’être considéré comme La rencontre entre le projet Blair Witch et le genre Z, [REC] est une référence car il a su mêler possession et infectés avec brio.

  2. Fred dit :

    Le scénario si parlons en du scénario… ou plutôt de son absence.
    Je crois qu’on peut dire que TOUT le monde attendait une vraie invasion de zombies avec une horde d’infectés sortant de l’immeuble et répendant la menace partout dans le monde… Chose que les fin des films 2 et 3 laissaient entendre et que le titre du 4 laissait penser. Et non patatras, on a une pauvre élipse de merde pour expliquer pourquoi ça se passe ailleurs, à savoir un pauvre bateau perdu on sait pas trop ou… Des zombies sur un bateau au milieu de l’océan, mais que c’est original!!!! Et un personnage principal qui essaye de survivre alors qu’elle est journaliste et que 99% de l’équipage qui sont des militaires sur amés est décédé mais que c’est original et logique là aussi!!! (cela dit les militaires espagnols nous avaient bien montrés leur incompétence dans le 2… rien que leur façon de rentrer dans une pièce pour la “nettoyer”, même moi je suis plus efficace que ça dans counter strike…)
    Donc on a un bateau et surtout la facheuse impression de revivre les pires moments de resident evil (le film).
    Bon autant l’abandon du found footage y’a pas de quoi hurler au scandale (et l’abandon du côté “cul béni” des 2 et 3 là par contre c’est une TRES bonne idée), autant le reste… Merde quoi le spectateur (ou la spectatrice) il/elle se pose des tas de question depuis un moment et donc attends des réponses… et pense qu’il les aura dans ce film…et non il ne les a pas.
    Franchement si c’est pour nous faire bouffer du paté premier prix, ça valait pas la peine de nous servir du foie gras au départ.
    Y’a un moment ou ça se voit quand un réalisateur voulait pas faire un film mais qu’il le fait parce que bon il a eu son banquier au téléphone et que là va falloir renflouer un peu le compte quand même.
    Et le pire c’est qu’au vu de la fin (je spoile pas rassurez vous) on peut craindre un 5ème… s’il est fait avec autant de motivation que ce 4, je sort le riot gun…et pas pour démastiquer du zombie…

  3. Tragopan dit :

    J’ai pu voir ce film grâce à une place gagnée lors d’un jeu organisé par MZC (un grand merci à vous !) ^^
    Rec 4 n’est pas un film “génial”, il est en effet très loin du 1, qui reste pour moi un des meilleurs films d’horreur de tous les temps, mais malgré tout ça, je l’ai trouvé sympa. La trame globale est facile à deviner mais le film reste relativement efficace.
    Le truc qui m’a le plus dérangé dans cette histoire c’est la “tromperie” au sujet de qui est infecté sain. On nous montre un ventre qui bouge et au final cette personne n’est pas du tout infectée ? Totalement incohérent…
    Sinon, ce qui m’a le plus plu c’est, comme pour Fred ci-dessus, que la thématique religieuse soit évacuée et remplacée par une réponse plus “scientifique”, tout en gardant continuité et cohérence avec ce qui a été dit dans les autres films.

    1. Squeletor dit :

      Je viens enfin de le voir et je me suis fait la même réflexion sur l’asticot maudit… On nous montre qu’Angela l’a dans le bide, alors qu’il est censé [attention spoiler] être entré dans le militaire qui l’a secourue avant qu’elle n’arrive sur le bateau. À croire que les scénaristes avaient oublié ce détail du scénario…
      Sinon, le film n’est pas fou mais il se laisse regarder si on arrive à passer outre le jeu catastrophique des acteurs… j’aurais limite préféré le voir en VF…

  4. Sébastien dit :

    Rec 4 est bon film de zombie (ou démon, à vous de juger.) Ce volet laisse de côté le folklore autour des démons et c’est tant mieux. Je n’avais pas trop apprécié cette direction dans les précédents volets. Cet opus est pour moi bien meilleur que le 2 et 3 (dont je ne sais toujours pas si c’est un film d’horreur ou une comédie) mais reste en dessous du premier.
    Certains ont pu se sentir tromper par le titre “Apocalypse”, croyant voir une épidémie mondiale. Mais il faut préciser que dans la Bible, “Apocalypse” ne veut pas dire “Fin du monde” mais “révélation”. Sans doute la révélation du ver originel.

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