Critique d’Escape Dead Island

Escape Dead Island

Depuis 2011, l’éditeur Deep Silver agrémente régulièrement son catalogue de jeux estampillés Dead Island. Après un premier épisode original, une suite pas vraiment innovante et un ZOMBA, l’éditeur nous propose, depuis le 20 novembre dernier, de repartir sur l’archipel de Banoi avec son dernier titre en date, Escape Dead Island.

L’histoire d’Escape Dead Island a lieu entre les événements de Dead Island Riptide et de Dead Island 2 (prévu pour l’année prochaine). Nous y retrouvons trois nouveaux protagonistes qui souhaitent lever le voile sur les rumeurs concernant une infection zombie dans l’archipel de Banoi. Pour cela, cette équipe de journalistes décide d’accoster sur l’île de Narapela afin de réaliser un reportage. Le joueur y incarne le photographe Cliff Calo qui, malgré son comportement étrange, se voit confier la lourde tâche de capturer sur pellicule les preuves d’une pandémie.

Escape Dead Island

Contrairement à un Dead Island Riptide qui ne faisait rien que reprendre tous les éléments de l’opus précédent, Escape Dead Island fait dans la nouveauté. En effet, développé par le studio Fatshark (et non pas par Techland), ce jeu coupe allègrement les ponts avec ses prédécesseurs. Tout d’abord, Escape Dead Island n’est pas un FPS et propose au joueur de suivre le héros grâce à une vue à la troisième personne. Le gameplay est également bouleversé car là où Dead Island et Dead Island Riptide proposaient des bastons sanguinolentes, Escape Dead Island préfère miser sur l’infiltration. Pour survivre dans cette aventure, il ne faut donc plus compter sur des armes délirantes mais sur la capacité à se faufiler discrètement le long des murs sans éveiller la curiosité des morts-vivants.
Malgré cette innovation, le gameplay n’est cependant pas des plus agréables et épanouissants. En effet, les phases en mode furtif sont assez sommaires, les déplacements ne sont pas des plus intuitifs et les combats sont répétitifs et loin d’être aussi funs que dans un Dead Rising. Les nombreux aller-retours sur l’île sont d’ailleurs une véritable plaie d’autant qu’ils ne permettent pas non plus de réellement explorer l’île. En effet, le joueur se retrouve très vite confiné dans un couloir de murs invisibles ne lui permettant pas de visiter les alentours et le laissant ainsi avec l’impression désagréable de suivre un chemin pré-établi pendant quasiment toute son aventure qui, d’ailleurs, ne dure qu’une poignée d’heures.

Escape Dead Island

Côté graphique, là aussi nous avons le droit à de la nouveauté. Le joueur est désormais plongé dans un environnement en cel-shading, proche d’un visuel de comic. À ce titre, nous pouvons nous demander légitiment si le studio de développement a souhaité surfer sur le succès des deux premières saisons du jeu The Walking Dead comme en témoignent les similarités visuelles des deux titres. Malgré ce parallèle évident, il faut avouer que les graphismes d’Escape Dead Island sont plutôt agréables et rafraîchissent visuellement la franchise.

Escape Dead Island

Pour se démarquer des jeux précédents, le studio a également misé sur une histoire originale. Bien qu’au premier abord intéressante, celle-ci laisse toutefois rapidement le joueur avec une impression de déjà-vu. Le personnage de Cliff semble souffrir d’hallucinations et de troubles mentaux, ce qui sur le papier offre d’innombrables possibilités scénaristiques. Cependant, l’histoire ne comporte pas réellement d’intérêt et souffre même de la comparaison avec plusieurs films plus réussis comme Triangle de Christopher Smith. Il est pourtant intéressant de constater que les phases hallucinatoires du héros sont plutôt belles et inquiétantes même si leur existence n’apporte pas grand chose à l’histoire globale. Nous pouvons, en effet, nous demander quel est l’intérêt de connaître la fin d’un délire hallucinatoire qui, par définition, n’existe pas réellement. Notons tout de même les nombreux clins d’œil à la série Lost comme lorsque des arbres, au loin, sont pliés ou lors de l’exploration d’un bunker.

Bien qu’insufflant un certain vent de fraîcheur dans la franchise en ne refaisant pas ce qui avait déjà été fait, Escape Dead Island n’arrive au final pas à convaincre. Avec un gameplay assez lourd et vite lassant ainsi qu’une histoire pas vraiment passionnante, Escape Dead Island convaincra peut-être les fans endurcis de la franchise Dead Island mais sera loin de ravir le gamer exigeant.

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1 commentaire

  1. MaxCore dit :

    Bravo pour cette critique juste, toutefois, à cela :”Escape Dead Island convaincra peut-être les fans endurcis de la franchise Dead Island” je réponds, justement NON ! Les joueurs de DI et DI Riptide devraient simplement éviter ce titre et attendre sagement DI 2 en dégustant une cervelle d’agneau chaque vendredi !

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