Critique de Le jour où les zombies ont dévoré le Père Noël

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Il y a une semaine, je vous parlais du roman Comment j’ai cuisiné mon père, ma mère et retrouvé l’amour. Aujourd’hui, je m’apprête à vous dire tout le bien que je pense de sa suite intitulée en français : Le jour où les zombies ont dévoré le Père Noël (titre original : I Saw Zombies Eating Santa Claus: A Breathers Christmas Carol).
Étant donné que c’est bientôt Noël et que l’ouvrage est sorti en France aux éditions Mirobole au mois de septembre 2014, il était donc grand temps de vous en parler. Alors, est-ce LE roman zombie à lire/offrir pour noël ou feriez-vous mieux de passer votre chemin ?

Le jour où les zombies ont dévoré le Père NoëlDans ce tome, vous retrouverez le fameux Andy qui, après avoir mené en vain un combat pour les droits des morts-vivants, se retrouve enfermé durant un an dans un laboratoire de recherche sur les zombies. Les journées se suivent et se ressemblent jusqu’au jour où il parvient à échapper à la vigilance de la sécurité. Suite à quelques péripéties que vous pourrez découvrir par vous-même, Andy se retrouve en ville, incognito – ou presque – grâce à son déguisement de Père Noël. Au programme : rendre le sourire à une petite fille qui le prend vraiment pour le gros barbu et aider ses semblables morts-vivants à s’enfuir du laboratoire de recherche.

Inutile de vous cacher que cette fois-ci encore il n’est pas question de zombies mais de simples morts-vivants. Heureusement, la présence du terme zombie dans le titre ne trompe pas bien longtemps le lecteur. Les puristes pourront donc passer tout de suite leur chemin, même si l’auteur tente à plusieurs reprise (pas moins de 5 fois en seulement 165 pages) d’expliquer en quoi le cliché du zombie hollywoodien n’a rien à voir avec la réalité de ses zombies :

“Les vrais zombies ne sont pas des parodies à la Romero. Nous sommes juste des cadavres réanimés normaux et sensibles qui se décomposent peu à peu et qui auraient sérieusement besoin d’une psychothérapie. Pas de gémissements, pas de grognements. Pas de déchiquètements de crânes à coups de dents. Aucune de ces inepties hollywoodiennes à la con”.

Ces lignes vous donnent la couleur, il va falloir vous ouvrir l’esprit.

Au-delà de ce problème de définition du zombie, Le jour où les zombies ont dévoré le Père Noël est dans l’ensemble moins divertissant que le précédent tome. S.G. Browne conserve sans surprise les mêmes procédés humoristiques. Ainsi dès la page 12 vous pourrez lire :

“Si vous n’avez jamais repris connaissance dans une ferme de cadavres, vêtu d’un costume de Père Noël, la cervelle explosée à l’arrière de votre crâne, alors vous ne pouvez pas comprendre.”

Vous y reconnaîtrez tout de suite le leitmotiv utilisé dans le premier tome qui était déjà un peu lassant. Si de ce point de vue je n’ai pas vraiment eu de plaisir à lire ce roman, je dois néanmoins avouer qu’un passage a réussi à m’arracher un sourire. Il met en scène un personnage un peu benêt :

– Ça parle d’aucun groupe de soutien pour morts-vivants là-dedans, dit Mykle en feuilletant son Guide de survie en territoire zombie. Y’a que des trucs sur les armes, les fournitures nécessaires et ce genre de conneries. Qu’est-ce qu’on peut bien foutre avec un lance-flamme quand on est un zombie ?
– C’est pas un guide de survie pour les zombies, dit Cameron. C’est un guide de survie pour les respirants, pour qu’ils se défendent contre les zombies. En gros, pour qu’ils se défendent contre nous.

La référence au livre de Max Brooks est vraiment maligne ici. Imaginer un zombie lire le guide de survie en territoire zombie pour y trouver de l’aide est effectivement drôle, mais peut-être pas suffisamment pour en faire LE livre à lire sous le sapin – comme le soutiennent les éditions Mirobole.

I saw zombies eating Santa ClausPar ailleurs ce tome m’a rapidement semblé perdre en cohérence. Si l’intrigue principale semble plutôt claire et définie au début de l’ouvrage – Andy veut aider ses amis zombies à s’échapper du laboratoire de recherche – elle passe petit à petit au deuxième plan pour laisser la place d’honneur à l’amitié qu’Andy lie accidentellement avec une petite fille. Aussi touchante que soit cette histoire avec la fillette, elle enfonce des portes ouvertes : Andy va en quelque sorte retrouver sa paternité perdue car en tant que zombie, il n’a plus le droit d’approcher ni de communiquer avec sa vraie fille. Pour enfoncer le clou et pour être sûr qu’on ne passe pas à côté de cet aspect psychologique hautement recherché et novateur, l’auteur va jusqu’à donner à la petite fille le même nom que la fille d’Andy.
Parallèlement, tout ce qui concerne le laboratoire de recherche et qui aurait pu être intéressant n’est pas du tout développé. Par exemple, on aurait aimé en savoir plus sur la façon dont les gérants du laboratoire essaient de couper l’envie aux zombies de manger de la viande humaine ou encore pourquoi une laborantine aide Andy à se sauver. Malheureusement, l’auteur ne fait qu’effleurer ces sujets.

Le fait que le livre soit aussi court trahit-il un manque d’inspiration de l’auteur ou témoigne-t-il d’un enlisement progressif dans une intrigue un peu ratée ? Je ne saurais le dire. Ce livre m’a laissé un peu perplexe car au fil de la lecture il se rapproche presque de l’absurde, à l’image du guide du voyageur galactique, mais version ratée.

En définitive, Le jour où les zombies ont dévoré le Père Noël est bien la suite du journal intime d’Andy, un mort-vivant qui a plus besoin d’une psychothérapie que de nous raconter sa vie. Ce tome est moins rythmé, moins drôle et trop court pour mettre en haleine le lecteur. 19 euros pour une suite bâclée, c’est peut-être un peu cher, même pour un cadeau de Noël.

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