Critique de Zombie Walk (tomes 1 et 2)

zombie walk

Aujourd’hui sort officiellement, aux Éditions du Long Bec, L’espoir, le tome 2 de la bande dessinée française Zombie Walk, scénarisé et dessiné par Giuseppe Manunta. C’est donc l’occasion pour nous de faire une critique deux-en-un des deux premiers volumes de la série afin que vous sachiez un peu de quoi il retourne si vous tombez nez-à-nez avec cette BD à la librairie ou sur votre site web marchand préféré.

Zombie Walk c’est l’histoire de Franck et Rachel, deux scientifiques strasbourgeois anciennement employés par les laboratoires Lenz, qui ont participé à la création d’un coagulant soi-disant révolutionnaire appelé Sarnex. Le jour où les laboratoires s’apprêtent à annoncer publiquement que le produit sera bientôt disponible, Rachel se démène pour organiser un rassemblement et faire passer le message aux médias que c’est un mensonge monté de toutes pièces. Alors que Franck se défile au dernier moment et laisse Rachel se débrouiller seule, les événements tournent au cauchemar dans la ville. La population strasbourgeoise se transforme à une vitesse fulgurante en zombies, obligeant les deux scientifiques à fuir chacun de leur côté pour sauver leur vie, tandis que les dirigeant des laboratoires Lenz mettent tout en œuvre pour retrouver Franck car il est le seul à en savoir assez sur le sujet pour pouvoir faire quelque chose.

Zombie Walk (tome 1)

Un parti pris graphique intéressant

Zombie Walk est une BD assez surprenante de prime abord car, bien qu’il s’agisse d’une création française, elle a clairement des allures de comics américains, notamment en ce qui concerne l’agencement des planches et la structure narrative. D’ailleurs en s’intéressant un peu à Giuseppe Manunta, nous découvrons que c’est une véritable intention de sa part. Par conséquent, le lecteur a davantage l’impression de lire un bon vieux Walking Dead qu’un Tintin. Zombie Walk affirme malgré tout une personnalité propre grâce à un véritable parti pris graphique : la réalisation au crayon. Que l’on aime ou pas, les auteurs et l’éditeur ont au moins le mérite d’avoir osé. Pour ma part j’aime beaucoup car le côté brouillon du dessin colle très bien à l’univers zombie et post-apocalyptique en général.

Zombie Walk

C’est d’ailleurs la première fois que le dessinateur propose à ses lecteurs une BD réalisée entièrement au crayon. En effet, Giuseppe Manunta n’en est pas à sa première réalisation, mais il est plus connu dans un genre un peu moins tout public : l’érotique. Vous pourrez d’ailleurs constater par vous-mêmes que Zombie Walk est ponctué de petits détails qui mettent le corps féminin très en valeur, mais sans tomber dans le vulgaire. De ce point de vue, il est appréciable de voir que chaque personnage féminin a une silhouette qui lui est propre, ce qui donne un résultat assez varié et vraisemblable, allant un peu à l’encontre des tendances conformistes d’aujourd’hui où les corps se ressemblent tous.

Un univers graphique fidèle et travaillé

En ce qui concerne la géographie, alors que bon nombre d’histoires de zombies se déroulent aux États-Unis – parce que les mecs qui dégomment du zombie aux “states”, ça le fait grave – Zombie Walk ancre son histoire en Europe, et plus précisément en France. Comme vous l’avez certainement déjà compris, le foyer infectieux se déclare à Strasbourg. Je n’ai malheureusement pas encore eu la chance d’aller à Strasbourg, mais en jetant un coup d’œil sur internet, j’ai pu constater que les décors de la ville sont vraiment très fidèles à la réalité (cinéma Vox, place de la gare). Les strasbourgeois ou les connaisseurs pourront donc se régaler de voir la ville alsacienne envahie de zombies. Pour ma part, j’ai particulièrement aimé voir les affiches pour le festival européen du film fantastique de Strasbourg placardées à plusieurs endroits dans la ville, un petit clin d’œil pour le lecteur averti qui sait que tous les ans, la zombie walk de Strasbourg est organisée au même moment que le festival.
Pour autant, il ne faut pas croire que la BD est uniquement centrée sur l’Alsace. Au contraire, les personnages ainsi que le virus voyagent loin et nous avons le plaisir de découvrir dans le second tome non seulement d’autres villes françaises comme Marseille, mais aussi d’autres pays et même une station spatiale ! Une partie assez importante de l’intrigue se déroule d’ailleurs en Italie, dans des villes comme Turin et Gènes par exemple, ce qui n’est certainement pas un choix hasardeux car Giuseppe Manunta est italien – au cas où vous ne l’auriez pas déjà deviné.

Zombie Walk

Un scénario classique mais un traitement original

Du point de vue du scénario, Zombie Walk ne réinvente pas la roue, mais est-ce encore possible pour un genre qui a tant été traité et tiraillé dans tous les sens ? Pour ma part, en lisant cette BD j’ai eu la légère – et agréable – impression de revenir à la fin des années 90, à l’époque des premiers Resident Evil : du complot pharmaceutique, des modifications génétiques et des zombies putréfiés mangeurs de cadavres. Pas des zombies qui tombent amoureux, qui font des dépressions, qui viennent d’une autre galaxie ou encore qui sortent de terre par magie.
Pour autant, Zombie Walk ne nous sert pas du réchauffé et les efforts fournis par l’auteur pour raconter une histoire plausible ancrée dans la réalité quotidienne des lecteurs sont très clairement visibles. Par exemple, les recherches scientifiques faites par les laboratoires Lenz sont inspirées des recherches réelles d’un biochimiste et biologiste moléculaire australien appelé Bryan G. Fry. L’aspect scientifique du comics est à ce titre bien approfondi et il est intéressant de se retrouver au cœur d’une intrigue centrée majoritairement sur les responsables du chaos au lieu des innocentes victimes, d’autant plus que le rapport dialogue/action est plutôt bien dosé. Le dessin dynamique et l’enchaînement rapide des péripéties rend la lecture un poil haletante, ce qui ne fut pas pour me déplaire.

Si vous n’êtes pas lassés des scénarios sur fond d’expérience scientifique ratée ou que vous en avez assez des zombies next gen qui parlent, tombent amoureux ou font ami-ami avec les vivants, Zombie Walk a toutes ses chances de vous plaire. C’est une œuvre qui arrive à tirer son épingle du jeu par sa simplicité et ses détails. À moins d’être allergique au dessin crayonné, vous apprécierez à coup sûr le travail de recherche graphique qui a été mené par Giuseppe Manunta et qui selon moi vaut à lui seul le coup de lire l’ouvrage. Ces deux premiers tomes offrent finalement l’essentiel de ce que l’on peut attendre d’un comics zombie aujourd’hui : un scénario cohérent et de l’authenticité.

Zombie Walk

Share Button

Vous pourriez aussi aimer

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *