Critique de La nuit des morts-vivants, Tome 2 : Les Démons de Mandy

banniere Les démons de Mandy

En septembre dernier, les éditions Vents d’Ouest (Glénat) nous proposaient le premier tome plutôt convaincant d’une série de bandes dessinées inspirée du film culte de George A. Romero. L’éditeur a donc fini l’année scolaire comme il l’avait commencée avec la sortie le 17 juin dernier d’un nouveau volume – La Nuit des Morts vivants : Les Démons de Mandy – suite de la collaboration entre Istin et de Bonetti sur cette libre adaptation d’un des monuments de la culture zombie.

“Pour échapper à la catastrophe, Lizbeth, Leland et les autres survivants ont trouvé refuge dans un hôtel. Pour le moment, ils sont à l’abri. Mais le véritable danger est-il hors des murs ? Car le gérant, lourdement armé, est pour le moment cloîtré dans sa chambre, prêt à tirer sur le premier venu s’approchant de trop près. Autre problème : alors que la nuit commence à tomber, l’établissement est toujours privé d’électricité… Lizbeth n’a pas le choix, elle tente une mission pour aller activer le groupe électrogène d’urgence. Mais pour ça, elle va devoir traverser une zone infestée de zombies avides de chair fraîche. Décidément, ses chances de retrouver en vie son mari et ses 2 enfants, bloqués à des kilomètres de là, sont plus que minces…”

Une nouvelle fois, rien à redire : ce deuxième tome est aussi beau que le premier. Bonetti nous démontre encore qu’il peut remplir avantageusement les plans panoramiques pour servir l’ambiance du récit. Mais surtout, nous retrouvons avec plaisir le côté réaliste des illustrations. L’utilisation des différents plans est toujours autant maîtrisée et les scènes sont toujours d’une lisibilité irréprochable. C’est donc sur le scénario qu’en toute logique se portera notre attention.

vignette-1 Les demons de Mandy

Dans Les Démons de Mandy, l’intrigue se poursuit sans rupture. Nous retrouvons donc les principaux personnages où nous les avions laissés : dans l’hôtel qui leur sert de refuge. Après une entrée en matière pour re-situer les héros, la deuxième partie de l’introduction nous permet de renouer, sans ménagement, avec l’ambiance et le sentiment de danger instillés par Istin et Bonetti dans le premier tome. Ils nous rappellent que les héros, bien qu’ayant trouvé refuge, sont loin d’être en sécurité. Le danger ne venant pas uniquement des zombies mais aussi des personnages secondaires comme le gérant de l’hôtel qui n’hésite pas, sans le moindre remord, à abattre des survivants tentant de trouver refuge dans son établissement.

Pendant ce temps, Lizbeth, son frère Leland et Dante continuent à explorer l’hôtel. C’est encore une fois pour le scénariste l’occasion de nous en livrer un peu plus du coté des personnages secondaires. Ainsi, nous découvrons que Mandy, à l’instar du gérant de l’hôtel, représente un danger bien plus grand que les zombies qui encerclent l’hôtel. [Attention spoiler] Hallucinée et parano, Mandy va ainsi rapidement devenir le plus gros problème que les survivants doivent gérer. De même, nous découvrons que Hubert, est encore plus cynique et calculateur que nous pouvions le penser, aspect du personnage que le scénariste exploite avec brio.

vignette-4 Les démons de Mandy

Cependant, Istin n’hésite pas à recourir à un certain nombre d’artifices pour essayer d’instaurer du rythme. Par exemple, Lizbeth est amenée à se mettre en danger pour remettre en marche les générateurs, pendant que son frère et Dante tentent de leur côté d’évaluer la dangerosité des autres occupants (Hubert, le gérant et sa famille). Cela est bien peu original et semble surtout aboutir à un autre poncif du genre : la séparation des personnages en deux groupes, pour le malheur de certains.

En fait, Les Démons de Mandy permet surtout au lecteur d’avancer dans la compréhension de l’intrigue principale. Les résurgences du passé de l’héroïne ponctuent en effet régulièrement l’ouvrage et nous en apprenons un peu plus au sujet des zombies et de leur existence. Inutile de dévoiler ici la teneur de ses révélations mais, encore une fois, l’originalité ne semble pas au rendez-vous. De grosses ficelles semblent nous indiquer que les travaux de recherche du père de Lizbeth, très probablement en rapport avec l’apparition des zombies, trouvent leur origine dans un drame familial.

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Enfin les dernières planches nous promettent une suite toujours intéressante grâce à l’introduction de nouveaux personnages qui seront développés dans le dernier tome : les héros ne semblent donc pas au bout de leur peine. Espérons juste que les clins d’œil qui faisaient le charme du premier tome ne perdront pas de leur intérêt et ne deviendront pas des clichés qui plomberaient sans aucun doute la qualité de cette réadaptation.

Au final, avec Les Démons de Mandy, Istin et Bonetti continuent le bon travail d’adaptation de La nuit des morts-vivants qu’ils avaient entamé dans le premier tome. De son côté, Istin étoffe les personnages et insuffle un rythme convenable au récit même s’il le fait parfois avec trop de facilité, frisant quasiment le confort. Le travail de Bonetti est quant à lui toujours aussi agréable à l’oeil. Malheureusement, face aux nouveaux éléments que ce deuxième opus nous livre, nous pourrions craindre que l’intrigue générale ne soit traitée à la va-vite si La nuit des Morts Vivants se solde effectivement en 3 tomes comme l’ont annoncé les éditions Vent d’Ouest.

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Vous pouvez découvrir les premières planches ici.

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À propos de l'auteur

Incapable de se faire comprendre par le genre humain, vif comme un cailloux roulant au fond d'une rivière, beau comme une olive verte oubliée au soleil, Baron Mardi s'est, il y a de nombreuses années, tout naturellement rapproché des zombies qu'il considère comme ses pairs. Il pense, parle et surtout sent le zombie. Bref, on peut dire que Baron Mardi aime le zombie. Détail troublant: Jusqu'à présent, il évite soigneusement de parler de ses goûts culinaires. Allez savoir pourquoi...

2 commentaires

  1. fred666 dit :

    excellent juste excellent comme le premier vivement la suite !!!

    j espere aussi qu il n y aura pas que trois tomes 😉

  2. Baron Mardi dit :

    Effectivement, comme je le disais, 3 tomes, ca me semble court pour gérer convenablement les intrigues. Je me faisais cette réflexion qu’il serait sympa que Istin et Bonetti enchainent ( et poursuivent l’histoire) en donnant une réinterprétation de l’armée des morts…En tout cas, ce serait un gros kiff.

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