Critique de Road of the Dead (Wyrmwood)

road of the dead wyrmwood

Nul doute que quand les frères australiens Kiah et Tristan Roache-Turner ont décidé en 2011 de réaliser leur propre film de zombies, ils n’avaient aucune idée de l’aventure qu’ils allaient vivre. Des années de tournage intenses, rythmées par les mésaventures et la bonne humeur de toute leur équipe, des centaines d’heures passées à peaufiner leur film, la lancée de campagnes de financement participatif pour glaner les fonds nécessaires, beaucoup de bricolage maison et d’audace : non, ils ne savaient certainement pas dans quoi ils s’engageaient.
Pourtant, plus de 4 ans après le lancement de leur projet, Wyrmwood, ce film si cher à leurs cœurs, leur progéniture zombie, débarque enfin en France (rebaptisé pour l’occasion Road of the Dead), signe indéniable de ses qualités et de son succès, les sorties de films de zombies en France étant rarement celles de films indépendants.
Car s’il aura fallu tant d’années à Wyrmwood pour sortir du crâne des deux frères et prendre vie sur nos écrans, c’est que Road of the Dead – mettons ici un peu de french touch – a tout d’un bon fromage ou vin : il lui aura fallu une bonne période d’affinage.

En fait, bien que dans un genre très différent, Road of the Dead est tout simplement notre The Battery de 2015, à savoir LE film de zombies indépendant à ne pas manquer. Maintenant, vous vous posez tous la même question : pourquoi un tel engouement ?

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C’est original et intelligent

Si nous prenons The Battery, le film ne brillait pas par l’originalité de son histoire mais par celle de son traitement de l’apocalypse avec son immersion intimiste dans la vie de ses survivants. En revanche, difficile de dénier toute originalité à Wyrmwood tant le film réussit à bâtir un véritable univers et regorge d’idées brillantes.
Parmi celles-ci, celle de nous proposer en plus de la transformation classique d’une bonne partie de la population mondiale en zombies, la disparition des énergies fossiles. Dans Wyrmwood, non seulement les zombies sont là pour vous traquer mais tous les véhicules à essence ne sont plus d’aucune utilité. Heureusement, le souffle des zombies est une énergie de substitution : vous en parlez d’une chance. Le scénario tire ainsi agréablement profit de cette idée décalée et en fait l’un des moteurs des aventures de Barry (Jay Gallagher), le héros du film, qui veut sauver Brooke (Bianca Bradey), sa sœur, des mains de militaires et scientifiques peu recommandables.
En parlant de Brooke, sans trop en dire, disons, pour faire simple, qu’elle est ce que Murphy de Z Nation devrait être depuis bien longtemps. Les auteurs de Z Nation devraient en prendre de la graine (après tout est-ce pour ça qu’ils ont rendu hommage au film dans l’épisode The Collector ?).

Enfin, il faut souligner que le film en plus de reposer sur des idées de fond originales et bien exploitées, est vraiment bien agencé dans sa narration avec notamment la première partie du film qui nous situe admirablement bien les héros avant de laisser place à la véritable aventure Wyrmwood.

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C’est drôle, très drôle

Wyrwmood, et c’est une de ses réussites, est un de ces rares films qui sans prétendre être une comédie parvient à de nombreuses reprises à vous faire friser l’hilarité. Ici, nous ne sommes ainsi pas dans l’humour gratuit et souvent mal dosé de bon nombre de comédies mais dans ce que j’appellerais un humour de décalage et de rupture. Car, si le propos du film et son ambiance sont tout à fait sérieux et parfois assez glauques, Wyrmwood ne cesse d’apporter des moments de rupture comiques dans son déroulement. Tout est ainsi l’occasion de nous tirer un petit rire. Eh oui, avec Wyrmwood, la mort ou encore la torture d’un personnage se terminera souvent par un bon moment de rigolade.

Une grande mention d’ailleurs à l’acteur Leon Burchill dans son rôle de Benny, un aborigène qui a vraisemblablement sniffé un peu trop de peinture dans sa jeunesse, et qui ne manquera pas de vous amuser. À ce sujet, nous vous déconseillons fortement la VF du DVD de Road of the Dead puisqu’elle accumule tous les défauts habituels des versions françaises et ôte notamment une grande partie de son côté comique à Benny. Vous voulez vraiment profiter de Wyrmwood ? Alors regardez-le en VOSTFR et vibrez au rythme des mates des acteurs (les sous-titres sont tout à fait convenables).

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C’est beau et bien foutu

Pour compléter tout cela, Road of the Dead repose en plus sur un côté graphique très singulier et esthétique qui donne une touche unique au film. Je suis personnellement vraiment ravi d’avoir contribué à la campagne de financement participatif pour la post-prod du film quand je vois le résultat. Certes les prises de vue ne font pas toujours très professionnelles (avec parfois quelques problèmes de focus de la caméra) mais le résultat est globalement bluffant et tire le meilleur de ses décors notamment lors des scènes se déroulant dans le laboratoire.

Au niveau des effets gores et des maquillages, très nombreux dans le film, là aussi, il y a de quoi rester sur les fesses lorsque l’on se souvient que nous avons affaire à un film indépendant avec un budget très faible. Il n’y a qu’à voir le making of qui accompagne le DVD pour comprendre à quel point l’équipe était talentueuse et audacieuse.

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Un mot sur les bonus

L’un des gros intérêts de la version DVD éditée par KMBO en France est également les bonus qui l’accompagnent. J’ai personnellement fait l’impasse sur les commentaires audio des réalisateurs par contre je me suis réellement régalé avec les 20 minutes de scènes coupées et le making of du film.
En découvrant les scènes coupées, nous apprécions de nouveaux aspects de l’univers du film que nous espérons retrouver dans le projet de série Wyrmwood dont le tournage devrait commencer en 2016 et ne pouvons que confirmer la justesse des choix faits au montage.
Le making of quant à lui est un documentaire plein de bonne humeur qui nous jette efficacement dans les coulisses du film, idéal si vous êtes nostalgique après la fin du générique.

Vous l’aurez donc compris, Road of the Dead est un film que nous vous recommandons vivement et qui a sa place dans la DVDthèque de tout amateur de zombies tant ses qualités sont nombreuses. Nous vous l’avons dit : c’est original, intelligent, drôle, beau et bien foutu. Que demander de plus ?

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6 commentaires

  1. Mark971 dit :

    Désolé, mais je n’ai pas trouvé de critique plus constructive que: pas mal, j’ai bien aimé et je vous le conseille

    1. Olvidame dit :

      “Est-ce une raison pour faire des commentaires également non constructifs ?”
      Vous avez 2 heures.

  2. foxer dit :

    Ce film est en effet excellent et fourmille de très bonnes idées…
    Et surtout sait parfaitement tirer profit de son côté petit budget.Là ou d’autres essayent de nous faire croire à une invasion mondiale et à une menace incroyable avec 5 figurants, Wyrmwood lui pose son action dans un lieu désertique… du coup pas des tonnes de zombies à la ronde… c’est simple mais fallait y penser.
    Le film va même jusqu’à s’amuser de ce fait (voir l’hilarante scène ou en panne de carburant l’un des personnages court dans tous les sens en appelant les morts vivants à lui…)

  3. umby-24 dit :

    “c’est original, intelligent, drôle, beau et bien foutu.”

    soit c’est moi qui devient difficile à force de lire et voir une tonne de film ou romans sur les Z, mais franchement j’ai trouvé le film assez médiocre.
    Autant “The battery” avait pour lui un petit quelque chose qui en faisait un bon film malgré le peu de moyen autant là j’ai été déçu.

    certes, ce n’est pas une grosse bouse. C’est pas mal filmé, c’est assez rigolo et les Zacs sont plutot bien fichus.
    Mais le scenar….où plutot l’absence de scénar grille tout.
    j’ai plutôt eu l’impression de regarder un court métrage d’étudiant de ciné qu’un film avec un vrai scénar. Dommage car le film a des qualités indéniables.

    Je serai donc moins enthousiaste que toi squeletor.
    ça se laisse voir mais ce sera vite oublié en ce qui me concerne.

  4. icare dit :

    Le film fourmille d’idées, la distribution est top et le suspense bien présent. Surtout, chaque personnage présente des caractéristiques positives et négatives ce qui rend la lecture du film moins manichéenne. Par exemple, la démonstration finale du capitaine (en bonus) tient la route. Même si la méthode et les réelles motivations du personnage (percées à jour par le héros) relèvent du sadisme l’objectif final demeure cohérent. Quant au “scientifique”, on s’aperçoit qu’il fait moins le malin devant le militaire ce qui le rend plus humain (sans parler de son côté cartoonesque)
    Enfin l’actrice est superbe, toute en énergie et intelligence. Et bien vu Squeletor sur sur la comparaison avec Murphy et le regret qu’elle établit.

  5. Slan dit :

    Au début j’étais réticent à voir se film et les cinq première minutes ne me disait pas grand chose. Mais heureusement, directement après, le film rentre dans le vif du sujet et je me suis vu aspirer par l’histoire, l’humour et les divers idées qui nous sont présenté tout au long du film. Certes on ne rigole pas de long en large, et heureusement, mais ce film est une bonne surprise comme je n’en avais pas eu depuis un petit moment!

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