Critique d’Alice Matheson, Tome 2 : Le tueur en moi

AliceMatheson Tome 2 : Le tueur en moi

Sorti en septembre dernier, le tome 2 d’Alice Matheson intitulé Le tueur en moi faisait très certainement partie des plus grosses attentes des fans de zombies pour l’automne 2015. Cette nouveauté zombie au rayon BD avait en effet su nous surprendre en mai 2015 avec son univers d’hôpital aseptisé, son dessin impeccable, son héroïne atypique et son scénario prometteur. Qu’en est-il donc de ce second volume ? Conserve-t-il l’ambiance tout à fait particulière qui a fait le charme du premier tome ? Découvrons-le après ce rappel du synopsis du tome 2 :

“Entre le Docteur Barry qui se montre de plus en plus entreprenant, l’infirmière Alexandra Paynes qui l’a surprise en train de tuer une patiente et ce type étrange dénommé Harold Butler qui dit l’avoir connue autrefois, Alice traverse une mauvaise passe qui lui en ferait presque oublier les zombies. Reste que la cause de l’épidémie viendrait de l’hôpital lui-même…”

AliceMatheson T02 Le tueur en moi

Les tourments d’une infirmière psychopathe

AliceMatheson T2 Le tueur en moiLe tueur en moi reste parfaitement dans la lignée du premier tome de la série (Jour Z), tout en y apportant un niveau de profondeur supplémentaire. Là où le premier tome se devait de prendre le temps de mettre en place les prémices de l’histoire et l’ensemble des protagonistes tout en faisant d’Alice un personnage atypique et mystérieux, le deuxième passe tout de suite à la vitesse supérieure en nous proposant d’entrer vraiment dans l’univers et les pensées d’Alice. Ce volume est par conséquent très introspectif, et nous donne l’occasion de découvrir un peu plus le personnage, son caractère et ses principes. Nous découvrons alors que bien qu’elle soit toujours maladivement froide et calculatrice, Alice est à sa façon une femme tourmentée. Alors qu’elle continue de vaquer plus ou moins tranquillement à ses occupations meurtrières au sein de l’hôpital, son passé resurgit sans crier gare par le biais d’un patient qui dit la reconnaître. Dès lors, le quotidien de l’infirmière se complique plus encore.
La part que donne Jean-Luc Istin à cette introspection me semble très justement dosée pour que le lecteur s’intéresse au sort de la jeune femme, et ce, sans être ennuyé par des dialogues trop creux ou artificiels. Il reste à voir ce que cela donnera dans les prochains tomes car trop de passages introspectifs pourraient toutefois finir par nuire à la dynamique générale de l’histoire.

Alice Matheson T02 Le tueur en moi

Chasses croisées

Fort heureusement, ce tome n’est pas uniquement dédié aux tourments d’Alice et de nombreux personnages se disputent tour à tour la vedette pour le second rôle. Sans entrer dans une psychologie très avancée de ces personnages secondaires, Jean-Luc Istin parvient à les rendre tous plus ou moins inquiétants pour le futur d’Alice, ce qui a le mérite de rendre l’intrigue non prévisible. Entre l’infirmière Payne qui prend Alice en flagrant délit d’action suspecte, l’inspecteur de police qui interroge tout le personnel, le directeur de l’hôpital et la psy du travail qui sont suspicieux vis-à-vis d’Alice, l’étau se resserre encore dans ce tome et les traques se multiplient. L’infirmière se retrouve ainsi souvent dans des situations qu’elle ne maîtrise pas toujours, ce qui l’expose très fortement au danger d’être démasquée. Ce rapport de force est d’ailleurs particulièrement intéressant puisque Alice constitue une menace pour tous mais que l’inverse est aussi vrai. Qui chasse qui finalement ? L’avenir nous le dira.

AliceMatheson T02 Le tueur en moi

Le mystère de la menace zombie

En parallèle de ces intrigues entre humains, nous découvrons petit à petit des détails sur le phénomène de l’infection qui transforme toutes les personnes mordues en zombies. L’équipe médicale de l’hôpital se démène ainsi sur plusieurs fronts en tentant de contenir le mal mais également de l’étudier. Les résultats des expériences menées sur les spécimens conservés dans le laboratoire de l’hôpital permettent alors d’en savoir plus sur les différentes phases de l’infection et sur le comportement des zombies. À cela s’ajoute l’enquête de la police qui veut découvrir comment et pourquoi l’infection a commencé. Phénomène naturel, accidentel ou criminel ? Les indices s’accumulent et des évidences commencent à surgir.
Ces passages sur l’origine de l’infection sont intelligemment intégrés à l’intrigue principale et constituent un vrai fil rouge. Il reste à savoir quand et comment cela viendra croiser le chemin d’Alice. Personnellement, je verrais bien l’existence d’un rapport direct entre la psychopathe et l’infection… mais à son insu évidemment.

AliceMatheson T02 Le tueur en moi

Avec son deuxième tome, Alice Matheson reste donc dans le top des nouveautés originales de cette année. Les réponses aux interrogations que soulèvent les deux premiers volumes de la saison viendront sans aucun doute rapidement puisque nous savons déjà que cette saison comportera 6 tomes. J’admets toutefois avoir quelques craintes pour la suite, notamment si l’histoire s’éloigne trop rapidement de ce qui fait l’originalité des premiers tomes comme le laissent penser les couvertures des prochains tomes. En effet, l’univers hospitalier à la limite du huis-clos est l’un des gros points forts d’Alice Matheson et il serait dommage de finir par tomber maladroitement dans les poncifs du genre zombie. D’autres s’y sont déjà malheureusement cassés les dents et nous espérons de tout cœur que cette série empruntera le bon chemin.

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1 commentaire

  1. Alex dit :

    Personnellement j’ai trouvé que ce tome 2 était moins puissant que le premier volet. Sans doute emballé par l’effet de nouveauté de cette histoire mêlant zombies et une sorte de Dexter féminin. La grande force de cette série reste justement l’originalité de l’intrigue à tendance policière, dans un univers hospitalier avec de surcroit une invasion de zombies. Ce qui me laisse un peu sur ma faim avec ce tome 2, c’est justement le personnage principal qui reste à mon sens trop linéaire, elle joue un double-jeu mais en arborant qu’une seule facette, gardant de manière perpétuelle son masque monolithique de femme froide et mystérieuse. Ce qui selon moi, la pointe tout naturellement comme suspect numéro 1. Trop de mystère, tue le mystère même si quelques éléments viennent soulever le voile sur une partie du passé de l’héroïne. J’ai tout de même pris du plaisir à lire cet épisode et je lirai le prochain, avec des attentes plus fortes quant au développement d’Alice.

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