Critique du film Extinction

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Une semaine après la sortie d’Extinction en DVD et Blu-ray dans nos contrées, nous revenons enfin en détail sur ce film, troisième de notre top Ciné & Court de 2015.
Sans trop casser le suspense, je vous invite déjà vivement à acheter et à voir ce très bon film réalisé par Miguel Ángel Vivas. Et pour cause, avant le visionnage de ce long métrage, nous avions déjà bon espoir quant à la qualité du film puisque nous vous avions déjà parlé en bien de Welcome to Harmony, le roman signé par l’auteur espagnol Juan de Dios Garduño, qui est à l’origine de cette belle adaptation cinématographique.

“Dans un futur proche, le monde est entré dans une nouvelle ère glaciaire. Frappée par une terrible épidémie, la planète est désormais parcourue par des hordes d’infectés sanguinaires. Jack, l’un des rares survivants, vit reclus avec sa fille de 12 ans qu’il tente de protéger. Mais sa fragile quiétude va voler en éclat lorsque une troupe d’Infectés repère son hameau isolé, l’obligeant à se rapprocher de son voisin Patrick, avec qui il partage un lourd secret…”

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Le film débute par une scène crispante où nous découvrons des réfugiés regroupés dans un bus sous la férule de militaires particulièrement nerveux. Ces quelques minutes posent la base de notre histoire : le monde a subi une transformation radicale depuis qu’une guerre biologique sans précédent a éclaté, transformant jusqu’aux plus doux des êtres humains en monstres assoiffés de sang et de violence.  L’opération de sauvetage de ces simples citoyens non infectés tourne rapidement au désastre lorsque les infectés s’invitent dans le bus (sans faire valider leur ticket en plus). Nous découvrons alors les trois protagonistes de cette histoire : Jack, Patrick et un nourrisson, fuyant la violence mortelle des zombies.

Cette courte introduction marquée par une violence bouillante, une tension fiévreuse et par des litres d’hémoglobine tiède tranche cependant littéralement avec l’atmosphère générale du reste du film. En effet, passé ce début sous tension, nous plongeons dans les paysages glacials du Maine où toute vie semble s’être arrêtée, comme pétrifiée par le froid. C’est dans le calme blanc de ces paysages glacés que nous retrouvons nos protagonistes.

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Cet Eden, ou enfer enneigé, ajoute énormément à l’ambiance du film. Non seulement parce que c’est beau (oui, c’est convenu comme remarque), c’est blanc (là c’est con comme remarque) mais aussi parce que ces vastes étendues vierges et silencieuses ajoutent au sentiment de solitude de nos héros. Et, fait surprenant à la vue du réalisme des décors, l’intégralité du film a été tourné en studio en Espagne, qui n’est pas vraiment un pays rimant avec hivers enneigés.

Cette solitude est encore accentuée par la rancœur tenace séparant nos deux héros pourtant voisins, qui ne se sont pas parlés depuis des années et restent de leur côté, derrière les barricades qu’ils ont érigées pour se protéger de leur ennemi commun. Mais cet ennemi semble bien loin de leurs préoccupations actuelles qui consistent essentiellement à pouvoir se nourrir décemment. En effet, si la peur d’une attaque zombie semble encore présente, il semblerait toutefois que la dernière date de bien longtemps. Aussi, les jours des deux hommes sont essentiellement ponctués de gueule de bois et d’appels radio sans réponses pour Patrick, d’angoisse et de maraude pour Jack et de profond ennui pour Lu, le nourrisson devenu une jeune fille qui vit cloîtrée pour son bien.

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Le décor se plante ainsi pendant une bonne partie du film entre solitude, haine et froid. Une ambiance que j’ai particulièrement appréciée car c’est ce type d’atmosphère que j’aime retrouver dans les films de zombies. Cette ambiance d’enfermement, sans espoir, où les rares relations humaines ne sont que haine et traîtrise a d’ailleurs ici une saveur assez unique empreinte de merveilleux. Puis, avec la découverte des traces du retour des infectés, la tension monte lentement et, elle explose, lorsque ceux-ci s’en prennent à nos courageux survivants.

À ce sujet, si les zombies du début du film n’ont rien de particulièrement original, les années et la raréfaction de leurs proies les ont transformés de façon plutôt originale. Ils restent des monstres mangeurs d’hommes mais ils se sont adaptés pour détecter leur proie grâce à leur ouïe. Toujours est-il que même si le réalisateur nous fait sortir de l’ambiance ‘zombie’ habituelle, j’ai apprécié ces étranges monstres qui remplacent agréablement l’angoisse coutumière de la horde innombrable et sans repos par l’angoisse effrayante du prédateur silencieux et pernicieux.

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Les réactions et la psychologie des personnages sont d’ailleurs bien construites et nous nous glissons sans peine dans leur détresse et leurs préoccupations, ce qui ajoute à la facilité d’immersion dans ce très bon film d’autant que les personnages sont bien servis par des acteurs particulièrement convaincants (Matthew Fox de Lost etc).
Certes, il y a tout de même quelques trucs qui m’ont ennuyé comme le côté parfois un peu ‘cheap’ des trucages mais tout cela est tellement anecdotique que j’aurais du mal à qualifier cela de véritable défaut.

Le constat est donc simple : précipitez vous sur Extinction (attention à ne pas confondre avec Extinction : the GMO chronicle que j’ai trouvé tout pourri). Extinction fait donc partie de ce genre de films qui brillent par leur ambiance et par leur simplicité. Le type de films que l’on aime voir et revoir pour se replonger dans leur ambiance de pureté et de violence. De mon côté, pour doubler le plaisir, je vais vite m’enfouir dans l’univers glacé du livre à l’origine de cette belle adaptation.

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8 commentaires

  1. sebastien dit :

    J’attendais cette critique avec impatience puisque le film est classé Top 3 (et oui, rien que ça) des films Z de 2015 chez MZC.
    Pour ma part, très bonne intro, comme je les aime (suspense, angoisse jusqu’au moment où tout bascule) et puis on se retrouve 9 ans plus tard. J’aurais vraiment préféré pour le coup rester dans la même continuité temporelle et voir comment survivre avec un nourrisson qui n’arrête de chialer et comment (plus étoffé que les flashbacks) les deux protagonistes en sont venus à se détester et s’éloigner. Après me direz-vous que le film est tiré du bouquin et qu’il suit sa trame mais je ne l’ai pas encore lu. 😉 C’est justement ce bond dans le temps qui m’a gêné. Je ne parvenait pas à comprendre comment deux personnes qui se connaissent et qui habitent à 2 mètres l’une de l’autre ne s’étaient pas parlé depuis 9 ans et comment (Attention Alerte Spoiler…) un père peut abandonner sa fille et vivre juste à côté pendant toutes ces années, la voir, l’entendre, sans jamais lui parler. Même après l’explication flashbackien (je sais, j’invente des mots des fois…) je n’avais toujours pas compris. Outre cela, le film est quand même pas mal même si les CGI pêchent un peu par moment mais on s’en fout tant que c’est fun ! N’est-ce pas ?

  2. Fredd dit :

    Entierement d accord avec ta critique!!
    Tres tres bon film!! J ai passer un tres bon moment!! Je conseille a 100%! 😉

  3. MacGivre dit :

    Je n’ai pas aimé ce film. Bon, le livre, je ne me souviens pas de l’avoir beaucoup apprécié non plus, mais il reste bien supérieur à ce film.
    L’intrigue a été bien lissé (la raison de la haine entre les 2 voisins, les morts pendant l’attaque des bus…).
    C’est pas un film que je conseillerais aux fans hardcore de zombies tant les monstres n’y ressemblent plus (ceux qui l’ont pas aimé “je suis une légende” par exemple) et qu’on est plus dans un soap à la “the walking dead” que dans un survival horror.

  4. Cheesecake dit :

    Je n’ai pas encore reçu mon DVD gagné…

    ah bon… le tirage au sort n’est pas fait ! 😀

    Sinon, bcp de plaisir à voir le film et à lire le livre !

  5. Baalero dit :

    Ouaip… après réflexion et lecture du bouquin… bah c’est vrai que ça donne l’impression qu’il suffit de dire “ça, c’est des zombies” pour qu’on considère que n’importe qu’elle créature soit un zombie.
    Je suis d’accord que c’est le même effet que “je suis une légende” pas des zombis (en plus, l’auteur du bouquin original doit se retourner dans sa tombe puisque lui parle de vampires).
    Et inversement, Danny Boyle se refuse à dire que les infectés de “28 jours plus tard” sont des zombies (putain! mais personne n’est jamais content alors !).
    La frontière est parfois tellement ambiguë qu’il faudrait qu’un groupe d’experts détermine exactement ce qui caractérise un zombie, personne ne sera jamais d’accord (autant essayer de prouver l’existence de Di”eu ça sera moins bordélique!).

    Pour moi, il faut qu’ils soient morts ou au minimum infectés (et qu’ils deviennent de vrai zombis après trépas), que ça se transmette par morsure et qu’ils meurent d’un choc crânien.

    Autant dire qu’ici on n’y est pas…

    Bon, tout ça ne m’a pas empêché d’apprécier l’ambiance du film.

  6. LePunk dit :

    Que serait le débat sur ce film sans quelqu’un fan de culture zombies et qui DETESTE le film hein ? lol

    ATTENTION SPOILERS (pêle-mêle)

    1/ 8 ans plus tard, ils doivent habiter à côté d’une raffinerie pour continuer à alimenter leur générateur et la moto-neige…
    2/ 8 ans plus tard, le “héros” pour chercher à manger, va dans une maison à côté de chez lui…
    3/ 8 ans plus tard, la petite fille mange ses céréales en boîte avec du lait, tranquille (mmm que c’est bon)…
    4/ 8 ans plus tard, ils arrivent à redémarrer un pick-up, en pleine période glacière, tranquille…
    5/ L’histoire globale “pères-fille-voisins” pas crédibles pour un sous (comme les acteurs). Dans le synopsis, il est dit “un lourd secret”. Mais… MDRRRRRR
    6/ Il y a 50cm de neige dehors et la petite fille veut aller cueillir des fleurs…
    7/ Mon passage préféré, le voisin se fait mordre par une créature et se fait arracher la moitié du coup. 2 minutes après, il gambade comme un lapin, plus de trace de morsure et on sait même pas pourquoi ça lui fait rien… Et à la fin, il se refait mordre et meurt… “lol”
    8/ Et j’en oublie d’autres sans doute… ^^

    Si des gens ont des réponses à tout ça, je veux bien.. Alors oui le film a de beaux décors mais pour un film qui se veut un peu “réaliste”, tous ces détails à mon goût font beaucoup trop…

    Cela ne remet aucunement en cause mon attachement à MZC, au contraire !!! Je continue à regarder le site régulièrement 🙂 Mais pour une fois que je suis vraiment pas d’accord, j’avais envie de le dire, voilou 😀

    1. HELL VICE dit :

      Haha j’avais remarqué ces détails aussi ^^

  7. Willy dit :

    Je viens de le regarder. Sympathique, même s’il n’entre pas exactement dans ma définition de “film de zombie”, c’est un film de survie horrifique bien réalisé, bonne musique, acteurs plutôt bons (notamment la petite). Les monstres sont assez angoissants et m’ont pas mal évoqué ceux de The Descent.
    Quelques petits soucis d’incohérences (soulevés par LePunk en partie), des trames scénaristiques qui naissent et meurent aussitôt (les voix de la radio ?) et quelques plans un peu lourdingues (aurore et crépuscule, en particulier), mais globalement une bonne ambiance et un cadre un peu différent que ce qu’on a l’habitude de voir.

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