Critique du roman Manhattan Carnage

Manhattan Carnage Orcus Morrigan

Bon nombre de romans proposent de suivre un ou plusieurs survivants face aux zombies. Un peu plus rares sont en revanche ceux ayant un zombie pour narrateur. C’est pourtant le pari un peu fou de Manhattan Carnage paru aux éditions L’Atelier Mosésu en 2014 et traduit de l’américain par Maxime Gillio. Petit ovni dans un genre littéraire aux codes bien ancrés, Manhattan Carnage fait l’effet d’un chien dans un jeu de quille.
Le premier fait marquant lorsqu’on découvre Manhattan Carnage est qu’Orcus Morrigan, personnage principal de l’histoire et psychopathe devenu zombie, est aussi présenté comme l’auteur du livre. Libre à vous de croire qui est réellement l’auteur, de notre côté, nous avons notre petite idée là-dessus.

Dans Manhattan Carnage, nous suivons donc les aventures d’Orcus qui se retrouve bien malgré lui pris dans un jeu entre le Bien et le Mal après sa mort dans les décombres du World Trade Center, le 11 septembre 2001. Ranimé par Wilson, qui représente le Mal, Orcus se voit assigner des cibles à éliminer afin de marquer des points contre le Bien. Très vite le jeu devient malsain et Orcus se rend compte qu’il est manipulé.

Manhattan CarnageAvec ce livre, nous ne côtoyons donc pas des zombies habituels ou même des infectés. Ce que l’auteur appelle zombies sont en fait des morts-vivants avec des capacités de raisonnement, de prise de décision et de parole, ainsi même que des pouvoirs surnaturels proches de la téléportation pour certains. Plusieurs pages du livre revisitent ainsi explicitement le mythe du zombie et permettent de le moderniser avec des codes nouveaux que nous ne retrouverons que chez très peu d’auteurs tant il ne s’agit plus vraiment de zombies. Cela permet néanmoins à l’auteur de se différencier des canons du genre mettant le plus souvent en scène des huis clos ou une lutte pour la survie.

Manhattan Carnage se démarque aussi par son aspect complètement déjanté et assumé. Orcus en fait des caisses, est cynique, politiquement incorrect, manie l’humour noir, et a un penchant prononcé pour la violence et le sexe. Parfois drôle voire incisif, Orcus est malgré tout aussi un peu lourd avec son coté rentre-dedans. Nous déconseillons donc la lecture de ce livre aux plus jeunes sous peine de voir votre petit cousin Mathéo faire une bonne série de cauchemars.

L’intégration du récit dans un fait historique avec des personnages réels morts ou vivants apporte pas mal de piment au récit. Ce sera l’occasion de livrer quelques scènes bien cocasses même si les ficelles sont un peu grosses. En effet, à l’image de son protagoniste, le style est sans concession, très direct et parfois vulgaire. L’auteur ne se refuse aucun délire et ne manquera pas pour le coup de vous faire sourire de temps à autre.

Finalement Manhattan Carnage se démarque largement de la littérature zombie classique en piétinant les mythes les uns après les autres. Grâce à Orcus vous passerez un bon moment, sans temps morts, même si son style coup poing dans la tronche peut parfois lasser. Ce livre n’est donc pas à mettre entre toutes les mains car son coté action bourrine gore pourrait en rebuter certains. En attendant, il nous a suffisamment plu pour que nous soyons curieux de voir si le tome 2 peut aller encore plus loin.

Manhattan Carnage - Orcus Morrigan

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