Critique du film Alone de Thierry Poiraud

alone thierry poiraud

En signant un des deux segments de Goal of the Dead, le réalisateur Thierry Poiraud (Atomik Circus) avait fait son entrée, selon moi, parmi les grands du cinéma zombie français. Bien que parfois décriée, Goal of the Dead reste en effet pour moi une comédie fort sympathique et originale et c’est donc avec grand plaisir que j’ai découvert son nouveau film : Alone (Don’t Grow Up) qui sort aujourd’hui en VOD et la semaine prochaine en DVD et Blu-ray en France.

Avec Alone, nous quittons la France et le monde du foot pour une île au large de l’Écosse où plusieurs délinquants ont été envoyés dans un centre de rééducation. Un matin, alors que leur surveillant a disparu, ils pensent pouvoir profiter de leur liberté. Lors d’une escapade en ville, ils se rendent compte que les choses sont hors de contrôle sur l’île : les adultes se sont transformés en enragés assoiffés de sang.

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Étant un grand fan de la saga de romans Ennemis de Charlie Higson, dont le concept est le même (l’épidémie ne touche que les adultes), et trouvant le cadre d’une île écossaise bien senti en guise de toile de fond, il y avait pour moi pas mal d’éléments pour faire d’Alone un grand film.
Tout commence donc comme nous pouvions nous y attendre et nous plongeons au sein du groupe d’adolescents que nous suivrons durant le film. Sans surprise, tout le panel des clichés est réuni entre le leader rebelle, l’ado au passé tourmenté, la jeune fille mal dans sa peau, le garçon plus réservé ou encore l’excité de service. Heureusement, le jeu des jeunes acteurs est plutôt convaincant (notez que je n’ai même pas donné sa chance à la VF après avoir vu la bande-annonce doublée) et ils parviennent à donner suffisamment de crédibilité à leurs personnages.

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Lorsqu’ils se rendent en ville pour voler un supermarché, nous entrons alors réellement dans le survival-horror. Je dois d’ailleurs dire que leurs premières rencontres avec des adultes infectés sont assez bien menées et variées, notamment grâce à leur brutalité et à leur réalisme. Malheureusement, le reste du film s’éloignera peu à peu de cette tension des premières scènes d’horreur (malgré quelques moments assez surprenants et directs) pour tomber dans un rythme de croisière assez lent. En fait, les infectés sont rapidement mis de côté et l’étrange sensation que le budget manquait s’installe peu à peu. Nous tombons alors dans un film de survie assez lancinant.

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Certes, rarement un film n’aura aussi bien porté son nom, tant la caméra de Thierry Poiraud et une bande-son minimaliste (réduite globalement à des airs au piano) parviennent à capturer l’impression de solitude qui se dégage des magnifiques paysages variés de l’île, mais l’ensemble tombe trop vite dans le contemplatif, abandonnant presque le téléspectateur en chemin. En fait, au-delà d’un manque apparent de budget (bien que les scènes en ville soient très réussies visuellement), Alone semble surtout souffrir d’un manque d’ambition narratif, l’histoire n’osant jamais décoller et aller au-delà du déjà-vu. Je regrette d’ailleurs que les moments où les jeunes s’affrontent entre eux, notamment quand les héros croisent des enfants encore plus jeunes qu’eux mais qui semblent pourtant capables de se débrouiller seuls, n’aient pas constitué un vrai fil conducteur de l’histoire. À croire que mon envie de voir porter sur grand écran l’épopée de Charlie Higson ne deviendra jamais réalité…

En fin de compte, bien que techniquement réussi et soigné, avec de très belles prises de vue et des acteurs parfaitement dans leurs rôles, Alone s’avère un film lambda en matière de survival-horror avec quelques infectés par là. Cela est d’autant plus frustrant que l’impression que l’équipe aurait pu aller encore plus loin, notamment en terme de narration, plane tout au long du visionnage. Dommage…

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9 commentaires

  1. Zombie 94 dit :

    j’ai préféré ce film à Goal of the dead même si difficile de les comparer. Entre cette histoire qui se révèle dans sa seconde partie comme une sorte de portrait du malaise de l’adolescence, de la nostalgie des 1er amours, du dépassement des peurs / traumatismes d’enfants sur fond de beaux paysages et de… pandémie et un film comique que je trouve très inégal (j’aime bien les portraits des footeux, la scène de massacre sur le terrain en revanche m’a semblé un exercice style lourdot et répétitif au bout de 30 secondes). Au final je trouve que les deux ont néanmoins 1 point commun, un début qui amorce un style, une histoire et une seconde partie qui n’a pas grand chose à voir. celui là me laisse après coup une meilleure impression, goal of the dead par contre c’est un peu la pizza qui donne envie sur le moment mais qui écœure au bout d’un moment, la sauce tomate est un peu coupée à l’eau. Mais les goûts et les couleurs hein ! en phase avec le côté inabouti ou pas assez exploité de la relation du couple avec les gamins “résistants”…Charlie Higson je connais pas alors merci, je vais regarder

  2. fred666 dit :

    Charlie Higson juste excellent !!!

  3. fred666 dit :

    Charlie Higson juste excellent !!!

  4. Rawhead Rex dit :

    Bon j’ai fait l’erreur de le voir en version française et le doublage est une catastrophe! J’ai tout de même apprécié ce film qui ne restera pas dans les annales mais qui m’a fait passé un bon petit moment.

  5. Goldoraak dit :

    ça commence très très bien, on s’attend a un gros truc … et puis, le vide, plus rien !!!!
    navrant et franchement pas bien du tout.
    Si vous pouvez ne pas le voir, ne le regarder pas

  6. Dudule dit :

    J’adorerai voir une critique du film “The Survivalist” sur MZC (même si le Z n’est que dans mon seul imaginaire)

  7. stylvain dit :

    Décevant après un début réussi. On a l’impression que le scénariste ne savait pas où il allait.
    Après si on est un peu tatillon, il faut préciser qu’il n’y a pas de zombies, ni de virus qui se propage.

  8. lou dit :

    y aura t’il une suite ?

    1. Squeletor dit :

      Absolument aucune idée, mais je ne pense pas.

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