Critique de Tempus Mortuorum de Johan Duval

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Nous vous avions déjà parlé de Tempus MortuorumSweet Home (autrement dit “L’ère des morts”) de Johan Duval lors de sa sortie en octobre dernier mais ce n’est que récemment que nous avons eu le plaisir, ici chez MZC, de pouvoir parcourir les 494 pages de ce roman auto édité.

“Selon le calendrier maya, la fin du monde était annoncée pour le 21 décembre 2012. Ce jour-là pourtant, rien de particulier n’était advenu et le monde avait continué d’exister. Plus de sept milliards d’êtres humains avaient ainsi fêté la nouvelle année.
Cependant, rien ni personne n’avait prévu le véritable fléau qui allait réellement survenir, un mois après cette effroyable prédiction. Un fléau que seule la fiction pouvait imaginer, un virus plus dangereux que tous ceux déjà connus. L’espèce humaine allait être foudroyée et une page de l’histoire de l’histoire de la vie sur terre allait se tourner le temps d’une nuit, laissant place à une aube nouvelle, où la mort n’est plus une fin.
La Rochelle, janvier 2013.
Je m’appelle Aidan Caplan. Simple quidam, je n’ai pas été préparé à tout ça, pourtant je vais devoir survivre par tous les moyens pour protéger les miens.”

couverture Tempus MortuorumMême si les éléments habituels du roman de zombies tels que nous les connaissons sont présents, il est intéressant, après Les Décharnés de notre rédac’ chef Paul Clément ou même Le Monde des Morts d’Isabelle Haury, de pouvoir à nouveau découvrir un récit se situant en France. C’est un des points positifs de Tempus Mortuorum puisque l’action se déroule dans la région de La Rochelle. Eh oui, qu’il est bon d’être un peu chauvin car, pour une fois, nous sommes loin d’un récit à l’américaine, ici nous nageons en pleine culture française.
Et c’est justement pour moi un point essentiel puisque la capacité d’un livre à nous immerger dans son histoire est une des qualités les plus appréciables d’un bon roman. Johan Duval a ainsi su tirer profit des détails qui font notre quotidien pour permettre aux lecteurs de plonger avec les personnages dans leurs aventures.
De mémoire, depuis les romans de Manel Loureiro, je n’avais pas été autant transporté. Les descriptions sont très précises, parfois touchant à l’intimité du quotidien ce qui accentue l’impression de partager ces moments avec les personnages. L’auteur partage également sa culture en terme de survie et de zombie au travers de son personnages principal, véritable avatar, et nous ne boudons pas notre plaisir à lire ces passages en particulier.

Toutefois, même si l’auteur habille son texte avec beaucoup de détails favorisant l’immersion, il en joue parfois tellement que cela en vient presque à nuire à la lecture. Certainement soucieux d’être très réaliste, Johan Duval a utilisé son environnement personnel comme décor et il ne nous épargne rien, des noms des rues jusqu’au nom des bâtiments. Et c’est dommage car le résultat est une indigestion de références à des endroits bien particuliers (boulevard untel, rue machin-chose…) de La Rochelle et des environs. C’est peut-être parfait pour les Rochelais mais cet excès de détails, inutiles au récit la plupart du temps, éloigne tous les autres lecteurs qui ne peuvent utiliser ses références, créant une distance malheureuse venant parasiter les efforts fournis pour entretenir l’immersion.

Johan DuvalDe même, il nous laisse sur notre faim en ce qui concerne les personnages, se contentant du minimum syndical. Son style très descriptif lui aurait en effet permis sans difficulté de nous proposer des personnages plus étoffés. Leurs réactions sont par contre très réalistes et c’est encore un point fort du récit de Johan Duval. Aidan, le personnage principal, n’a rien du héros et adopte un comportement réaliste à ce qui lui arrive, comme cela pourrait être notre cas. Cela aide à l’identification. Les autres personnages bénéficient du même traitement et bien qu’il soit plus difficile de s’y attacher, ils adoptent sans exception des comportements logiques ou du moins envisageables dans les différentes situations que nous découvrons. Pas une seule fois la lecture de ce roman ne m’aura arraché un soupir de dépit comme il m’est parfois arrivé de le faire en parcourant d’autres romans.

Tempus Mortuorum est donc un récit mature, finalement assez loin des clichés comme pourrait le laisser penser le pitch. Ce tome permet essentiellement de présenter la situation, les personnages et de mettre en place les enjeux relationnels, sur un rythme certes lent mais qui s’avère contre toute attente agréable. La force du récit de Johan Duval réside dans sa capacité à nous plonger au coeur de l’histoire en nous immergeant culturellement, à grand renfort de détails. Ce tome est donc un bon coup d’essai et je ne peux que vous conseiller de le découvrir en attendant sa suite.

Tempus Mortuorum est disponible à la vente ici
Vous pouvez suivre l’actualité de Johan Duval sur sa page Facebook ou découvrir son univers sur son site.

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À propos de l'auteur

Incapable de se faire comprendre par le genre humain, vif comme un cailloux roulant au fond d'une rivière, beau comme une olive verte oubliée au soleil, Baron Mardi s'est, il y a de nombreuses années, tout naturellement rapproché des zombies qu'il considère comme ses pairs. Il pense, parle et surtout sent le zombie. Bref, on peut dire que Baron Mardi aime le zombie. Détail troublant: Jusqu'à présent, il évite soigneusement de parler de ses goûts culinaires. Allez savoir pourquoi...

1 commentaire

  1. […] MZC c’est le chroniqueur Baron Mardi qui s’est collé à la lecture de Tempus Mortuorum. […]

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