Critique du film Cell Phone

cell phone 2016

Pour beaucoup d’amateurs d’horreur, Stephen King est une, si ce n’est LA, référence en matière de littérature de l’épouvante. Et si Cellulaire, son best-seller de 2006, n’est pas devenu une très grande référence en matière de littérature zombie, il n’en reste pas moins un roman que nous sommes nombreux à avoir apprécié, notamment grâce à l’originalité de ses zombies, créés par l’utilisation de téléphones portables.

Ce n’était donc qu’une question de temps pour que ce roman soit, comme bon nombre d’œuvres de King, adapté au cinéma. Après l’annonce d’une adaptation en 2012, ce sont donc plus de quatre ans plus tard que nous pouvons enfin découvrir cette nouvelle transposition de l’univers de King avec la sortie en France de Cell sous le titre de Cell Phone en DVD/Blu-ray aujourd’hui, pour les 69 ans de l’écrivain.

“Clay Riddell, dessinateur de bandes-dessinées, est témoin d’une scène de carnage à l’aéroport de Boston : tous ceux qui se servent de leur téléphone portable se transforment instantanément en zombies sanguinaires. Il rejoint alors un petit groupe de survivants et part, avec Tom McCourt, à la recherche du signal à l’origine de ce chaos pour le stopper, avant qu’il ne soit trop tard.”

cell phone 2016

Pour quiconque lit, cela est une évidence : les livres sont souvent bien meilleurs que leurs adaptations. On a bien sûr des exemples de films remarquables tirés de romans tout aussi géniaux comme Le Seigneur des Anneaux, mais il n’en reste pas moins qu’il est souvent très difficile de rendre honneur à la richesse d’un roman lorsqu’on le transpose pour le petit ou le grand écran. C’est malheureusement le cas de Cell Phone, l’adaptation de Cellulaire.

Si certains changements au récit original sont acceptables, comme la scène d’introduction plutôt réussie à l’aéroport, je dois dire que le principal défaut de ce film est son scénario. À vrai dire, j’ai eu la triste impression que quiconque n’aurait pas lu le livre se retrouverait perdu au milieu d’une confusion sans nom, à se demander pourquoi. L’un des gros points forts du roman est de nous faire peu à peu comprendre comment fonctionnent les siphonés et ce qu’ils sont ; malheureusement, dans le film, tout est expédié à la va-vite et les héros parviennent à des conclusions sans rien n’avoir pour les appuyer. Nous ne comprenons ainsi que rarement leurs décisions. À ce titre, j’ai été également très déçu lorsque j’ai compris que le Dépenaillé, un leader des siphonés dans le roman, ne serait même pas de la partie. Alors certes, on nous sert le minimum syndical avec l’adaptation du moment où les héros brûlent les siphonés endormis dans le stade, mais là aussi le rendu est assez minable avec des effets peu convaincants, même pas au niveau d’un fan service de base.

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Mais le pire dans tout cela est que les personnages, déjà privés de ce qui faisait l’intérêt de leurs aventures dans le livre, n’ont pas non plus eu droit à un traitement de faveur de la part des scénaristes. Là où nous nous attachons à Clay, Tom et Alice dans le livre, nous nous contentons ici de suivre leur survie peu passionnante et n’éprouvons rien à leur sujet ([spoiler !] notamment lors de la mort d’Alice, tout juste anecdotique et rapidement oubliée). Ils sont des survivants lambda sans intérêt et desservis par des dialogues franchement affligeants. Leurs aventures sont de surcroît gâchées par des ellipses mal vues et déconcertantes pour le téléspectateur qui peine à suivre le fil du film. Quand on voit le casting – John Cusack et Samuel L Jackson – on ne peut d’ailleurs qu’être attristés de cette impression perpétuelle de s’ennuyer qui semble les habiter. Mon petit doigt me dit que nous n’avons pas été les seuls à être déçus par cette adaptation.

On pourrait alors espérer que la réalisation sauve le film. Malheureusement, ici aussi, la caméra de Tod Williams (Paranormal Activity 2) peine à créer la moindre tension et s’avère d’une banalité attristante. Ajoutez à cela un montage assez horrible et nous n’avons plus rien à dire pour sauver ce film du naufrage. Ah si, les zombies sont cools. Point.

Bref, quand l’oeuvre d’un de mes auteurs favoris est à ce point dénaturée et que son adaptation aboutit à un film aussi mauvais, je ne peux que crier au scandale. Qui s’étonnera que le film ait mis deux ans à trouver un distributeur américain et que sa première internationale au Frightfest ait été annulée à la dernière minute ? Certainement pas moi et pour cause…

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7 commentaires

  1. HELL VICE dit :

    Le maitre mot de ce film restera: déception.

  2. cheesecake dit :

    Bon… reste plus qu’à lire le livre :)

  3. Zar dit :

    Complétement d’accord avec ta critique du film.

    Comme pour la grande majorité des adaptations la déception était prévisible mais j’étais hélas encore trop optimiste …..

  4. fabien dit :

    Si la première moitié du film est parfaite,dynamique,sombre et angoissante (comme tout bon film zombo-apocalyptique se doit de l’être) la deuxième retombe comme un soufflet au fromage sorti du four trop brutalement.Sans vouloir critiquer le maître King,on s’égare dans le psychisme là ou laisser dériver le zombie aurait mener au succès,dommage…

  5. yeky dit :

    je me suis endormie sur ce film, pour dire quel ennui !!!

  6. Syl dit :

    Bon, en dehors du fait que le film ne soit franchement pas terrible, Est-ce que quelqu’un saurait m’expliquer la fin ? Parce que la, je n’ai mais alors rien compris du tout.

  7. Itachi dit :

    Moi je pense perso, qu’à la fin il se fait avoir comme les autres personnes et ce qu’on voit quand il est avec son fils c’est ce que lui pense vivre en réalité. Car sur les dernières images on voit bien que la camionnette est encore bel et bien là. enfin c’est clair que je m’attendais à un bon film et au final on a droit au navet 2016

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