Critique du film Celle qui a tous les dons

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Si l’herbe n’est pas toujours plus verte à l’étranger (même si dans mon cas elle l’est littéralement vus les hectolitres de pluie qui tombent tous les jours), cela présente parfois certains avantages lorsqu’on est amateur de films de zombies. Ainsi, alors que la sortie sur les écrans français de Celle qui a tous les dons n’est toujours pas d’actualité, le film de Colm McCarthy est tout de même sorti en septembre dernier dans les salles britanniques et irlandaises. C’est donc d’un pas décidé que j’ai foncé vers le cinéma le plus proche de chez moi, déboursé mes 9 euros durement gagnés, et pénétré dans la salle numéro 6 aux effluves de vieux popcorn et à l’écran de la taille d’une grosse télé. Je me suis confortablement enfoncé dans mon beau siège troué en attendant le début d’un film que je ne connaissais que par réputation, n’ayant vu qu’une bande-annonce et ne connaissant pas l’histoire adaptée du roman éponyme de M.R. Carey sorti en juin 2014. Pour ceux qui ne connaissent pas non plus, petite piqûre de rappel :

“Dans un camp fortement gardé, un petit groupe d’enfants est étudié dans le cadre d’un programme visant à trouver un remède à un virus qui a ravagé la surface du globe. Ils sont la dernière chance de l’espèce humaine. Melanie, une petite fille de 10 ans y participe tous les jours. Comme toutes les petites filles, elle a un enseignant favori et une matière préférée mais quand elle se rend en classe, elle est escortée et ligotée par des hommes armés.

Melanie et ses camarades sont des hybrides – en partie affamés, en partie humains. Mais à la différence de la première génération de zombies, Melanie excelle en classe, est attentive, a de l’imagination, est particulièrement intelligente et aime sa maîtresse favorite mademoiselle Justineau. Les capacités de Melanie attirent l’attention du Docteur Caldwell qui est à la recherche de la clé pour comprendre l’évolution du virus.

Quand le camp est envahi de zombies, Melanie s’échappe avec mademoiselle Justineau, le sergent Parks et le Docteur Caldwell qui a toujours l’intention d’utiliser Melanie pour synthétiser un vaccin. En route pour un des derniers bastions de l’humanité, sauront-ils survivre ?”

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28 jours plus tard

Si vous avez lu la presse concernant Celle qui a tous les dons, les comparaisons avec 28 jours plus tard sont allées bon train. Et pour cause : avec un casting plus que solide pour ce type de film (Glenn Close et Gemma Arterton pour ne citer qu’elles) et un réalisateur ayant déjà fait ses preuves (Colm McCarthy), il est plus que normal que le film ait nourri les espoirs les plus fous de le voir ne serait-ce qu’arriver à la cheville de son prestigieux aîné. Toutefois, si les points communs sont nombreux avec la présence de l’armée, une fuite désespérée dans une Angleterre dévastée par des infectés, il serait injuste de critiquer Celle qui a tous les dons en le comparant uniquement au film de Danny Boyle. Car Celle qui a tous les dons est un très bon film du genre. Point.

En tout premier lieu, Celle qui a tous les dons donne la part belle aux rôles féminins avec une jeune Sennia Nanua assez bluffante dans le rôle de Melanie, la protagoniste essayant de comprendre sa place dans un monde en pleine transformation. À travers Melanie, Sennia retranscrit parfaitement le thème de l’évolution de l’espèce et la difficulté de cette transition, entre des humains qui s’accrochent désespérément à leur passé et une nouvelle génération d’infectés conscients et doués de raison.

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Glenn Close, dans le rôle du Docteur Caldwell, relève avec brio le défi d’éviter de transformer son personnage en cliché ambulant. Si elle a un penchant certain pour la dissection d’enfants, ce n’est pas par sadisme ou gloire personnelle, mais pour trouver un remède qui sauvera les humains de l’infection. En fait, pas vraiment de « méchants » dans ce film, mais des points de vue différents qui se défendent tous, même chez les militaires qui sont souvent relégués aux rangs de gros bras idiots avec des flingues dans ce genre de films.

Seul bémol du côté de l’interprétation, Gemma Arterton qui joue une mademoiselle Justineau tombant parfois trop vite dans le pathos et s’avérant un peu trop effacée à mon goût, au point de sembler être relayée au rang de figurant dans une partie du film. Encore une fois, n’ayant pas lu le livre, il se peut que ce ne soit que le personnage qui veuille cela, mais il m’a semblé manqué de saveur.
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The Last of Us

Niveau visuel, le début du film est légèrement claustrophobe, et donc répétitif, avec des premières scènes alternant entre la cellule de Melanie et la salle de classe de madame Justineau. Cependant, une fois Melanie sortie de sa cellule et de sa salle de classe, vous ne serez pas en reste avec Celle qui a tous les dons. Et ça commence par une véritable claque : la scène de l’attaque du bunker. Particulièrement réussie, elle m’a rappelé par son dynamisme et son chaos ambiant la scène d’intro de l’Armée des Morts de Zack Snyder, c’est dire !

Les infectés sont par ailleurs de véritables poisons avec leurs claquements de dents d’affamés et leur course redoutable. Ils ne laissent que peu de chances aux survivants surtout lorsqu’ils sont en groupe. Avec un mode de contamination classique (par morsure), les infectés présentent des marques caractéristiques sur leur peau couverte de champignons et diverses moisissures tandis que les enfants de la seconde génération ne présentent aucun signe extérieur, si ce n’est que s’ils vous sentent, ils commenceront à vouloir vous croquer.
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S’ils sont omniprésents dans le film, les infectés de la première génération resteront néanmoins discrets, le film se concentrant sur ses personnages principaux. Ils seront tout de même à l’origine de quelques moments de tensions plutôt bien sentis. Il reste ainsi appréciable que le réalisateur n’ait pas abusé des jump-scares, même si quelques scènes sont un peu prévisibles, et qu’il ait donné aux amateurs de gore de quoi se mettre une poignée de scènes bien senties.

Les séquences en ville sont aussi particulièrement soignées avec des plans larges sur la végétation reprenant ses droits sur l’acier, le verre et le béton aux allures de The Last of Us. Un régal pour les yeux ! Pour une fois, les bâtiments laissés à l’abandon accusent le passage du temps, pleins de poussière et délabrés. J’ai néanmoins tiqué sur quelques placements de produits, tant les noms de quelques chaînes de magasins reviennent plusieurs fois dans le film. Nous pourrons toujours dire que cela rajoute une pointe de « réel » pour nous consoler.

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Au final, Celle qui a tous les dons est un de ces films qui donne du grain à moudre pour plusieurs jours tant les niveaux d’interprétations sont nombreux : rite de passage à l’âge adulte, évolution de l’espèce, fable écologique… De mon côté, je vais de ce pas me plonger dans le livre, et je vous laisse le soin d’envoyer des pétitions et d’organiser des manifestations pour que ce film sorte dans les salles de cinéma en France. Passer à côté serait un crime !

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2 commentaires

  1. Baalero dit :

    Une critique sympa qui donne franchement envie d’aller voir le film et de se planter dans un cinéma de quartier

  2. cheesecake dit :

    Je cherche vainement les st en français… mon anglais étant limité !

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