Critique de Resident Evil : Chapitre Final

resident evil chapitre final

Il aura donc fallu près de 15 ans pour que Milla Jovovich et Paul W.S. Anderson, devenu son époux entre temps, concluent enfin la saga cinématographique Resident Evil avec la sortie hier en France de Resident Evil : Chapitre Final, le sixième film de la saga.

Depuis 2002, même si Anderson avait laissé sa place de réalisateur pour les opus 2 et 3, le duo nous offrait donc régulièrement (tous les 2-3 ans environ), un nouvel épisode des aventures d’Alice dans sa lutte contre Umbrella Corporation et le virus T. Malheureusement, difficile de parler de cadeau quand film après film, malgré un premier quand même sympathique, nous nous retrouvions face à des films pleins de promesses pour des rendus souvent médiocres. À vrai dire, je n’ai rarement eu autant l’envie de m’arracher les yeux qu’après avoir visionné Afterlife (le quatrième film) en 3D au cinéma. C’est donc peu dire que je n’attendais pas grand chose de ce Chapitre Final après un Retribution tout juste divertissant.

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Car, il faut être honnête, qui oserait dire qu’il s’attend à découvrir un grand film en allant voir le dernier Resident Evil ? Non, ce n’est pas le dernier Tarantino, le dernier film des frères Coen ou autres… C’est le dernier Resident Evil d’Anderson (et je ne parle pas de Paul Thomas). Alors, je vais vous gâcher la surprise tout de suite, mais ce Chapitre Final n’est pas un bon film. Mais ce n’est pas forcément ce que je lui demandais puisque c’est avec des attentes très particulières que j’ai été le voir.

En effet, lorsque j’ai décidé d’aller me frotter à la bête, j’avais un cahier des charges spécifique en tête :
1- Voir du spectacle d’abord visuel, ensuite en terme d’action ;
2 – Ne pas m’ennuyer ;
3 – Avoir un scénario sans trop de conneries ;
4 – Avoir une conclusion satisfaisante.
Alors, bonne ou mauvaise note ?

resident evil chapitre final

Déjà, revenons-en à l’histoire. Si vous vous souvenez bien, Retribution, le précédent film, se terminait alors que la Maison Blanche était assiégée par des légions sans fin de morts-vivants et autres créatures. Vous pensiez vivre cette bataille titanesque ? Détrompez-vous.

Chapitre Final redémarre dans les ruines de Washington (bien après la bataille) alors qu’Alice réapparaît soudainement. Ce qu’elle faisait, on n’en sait rien, alors admettons qu’elle avait la gastro. Guérie, Alice sort donc de sa cachette, boit une rasade, puis se fait attaquer par un pince-oreille volant géant qui transforme l’humvee de notre héroïne en un coupé cabriolet tout à fait charmant. Forcément, ils se lient d’amitié et tout se termine autour d’un bon barbecue. À partir de là, tout n’est plus qu’un long (enfin pas tant que ça) voyage jusqu’à Racoon City ou – tenez-vous – les grands vilains d’Umbrella possèdent un antivirus capable d’éradiquer tous les contaminés. En chemin, elle croisera une bande de guignols désireux de la recruter comme voltigeuse dans leur cirque, une armée de morts-vivants courant après une carotte bien humaine, des résistants/survivants mous du gland, une meute de clébards malodorants et même une créature qui, vue sa dentition foireuse, rendrait riche n’importe quel dentiste. Du classique dans Resident Evil… du classique surtout quand on en vient aux piètres qualités du scénario.

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Car, comme on pouvait s’y attendre d’un film d’action comme Resident Evil, tout n’est finalement qu’une excuse pour qu’Alice massacre une série de monstres et ennemis jusqu’au boss final, façon jeu vidéo. Alors, même si j’ai plutôt apprécié le background sur Umbrella et les raisons de la création du virus T, je n’ai pas vraiment trépidé la faute à certains “niveaux” téléphonés voire parfois gâchés. Certes, l’action est présente, les décors justes et impressionnants et les monstres magnifiques (point 1 du cahier des charges validé), mais la réalisation m’a parfois vraiment empêché de profiter du spectacle. Le meilleur exemple reste l’attaque du pince-oreille géant au début du film dont le montage semble avoir été fait par un gamin épileptique qui aurait abusé des épisodes de Pokémon. Les prises de vue s’enchaînent en effet si rapidement, ni logique, que l’impression qui en ressort n’est absolument pas celle désirée… au contraire, on se retrouve avec la nausée. Et Anderson abuse de ce procédé dans bien trop de situations…

À ce titre, ce n’est pas le seul procédé éculé dont le film abuse et je dois bien reconnaître ne toujours pas avoir compris l’intérêt d’avoir donné un délai de 48h à Alice pour s’emparer de l’antivirus. Certes, cela nous est expliqué dans le film (avec une raison à la con…), mais j’ai trouvé le résultat complètement dépassé avec une Alice zieutant sa montre en permanence avec l’espoir de créer la moindre tension chez le spectateur. Bref, un artifice foireux dont le film aurait vraiment pu se passer.

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Toutefois, pire qu’une réalisation parfois bancale et ce compte-à-rebours sans intérêt, ce sont les nombreuses inepties qui ponctuent les différentes situations qui m’ont le plus fortement agacé. Alors oui, je peux comprendre que face à un tel déferlement d’action, les scénaristes n’aient pas toujours eu le souci du détail, mais lorsque l’armée de zombies donne l’assaut sur le bastion des survivants de Racoon City, nous enchainons les absurdités autant temporelles que physiques. Verdict : alors que Chapitre Final nous offrait une des plus belles armées de zombies que nous ayons pu voir sur grand écran, celle-ci s’avère une menace trop facilement écartée par la magie de quelques barils d’essence… Pire, toute cette partie du film est gâchée par l’introduction de seconds couteaux sans intérêt ni profondeur (ils se permettent d’ailleurs même de jouer sur le plan émotionnel avec la mort d’un personnage lambda… moi, j’en ai ri) et par du fan service inutile. C’est ainsi que Claire est de retour pour un rôle aussi creux que le djembé de votre voisin hippie défoncé. Mais, encore une fois, Resident Evil sans fan service ne serait pas Resident Evil. Du coup, niveau scénario crédible et vraiment prenant nous repasserons (point 3 non validé).

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Malgré cela, je dois reconnaître ne pas m’être réellement ennuyé (point 2 validé) et être même tombé dans le panneau de quelques uns des très nombreux screamers qui ponctuent le film. Bref, Resident Evil Chapitre Final voulait nous en mettre plein les yeux : pari réussi malgré de nombreux défauts.

Enfin, concernant la conclusion, sans rien spoiler, j’admets là aussi avoir été satisfait même si le côté fin ouverte m’a légèrement agacé, ce film étant annoncé comme le dernier de la saga. Mais, après tout, cela fait longtemps que des rumeurs sur une potentielle suite sous forme de série télé se baladent sur internet. Alors, je valide le point 4.

En fin de compte, si vous aimez le cinéma, le bon le vrai, celui qui attache de l’importance à chaque aspect d’un film (la réal, le montage, le scénario etc), Resident Evil Chapitre Final, comme ses prédécesseurs, sera très certainement pour vous un horrible navet (et c’en est un). En revanche, pour ceux qui attendraient simplement de voir comment cette aventure se termine et qui auraient un cahier des charges bien spécifique en tête, le résultat n’est pas plus navrant que les précédents opus et profite même très largement de l’évolution des SFX ces quinze dernières années. Alors, si vous comptiez le voir, le bouder sur grand écran serait une erreur.

resident evil chapitre final

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11 commentaires

  1. Baalero dit :

    Critique sympa, efficace et rigolote(une fois e plus).
    Je m’infligerai certainement le visionnage de cette bonne vieille daube

  2. sebastien dit :

    Bravo pour la critique Squeletor. Au top comme d’habitude. Perso, j’irai quand même le voir sur grand écran (comme les précédents d’ailleurs) car je garde espoir de voir enfin un Résident Evil et pas un “truc” “muche” tout droit sorti d’un cerveau en fin de vie cinématographiquement. Oui, je sais, je suis un éternel rêveur… 😉

  3. Julie tu lis elle lit dit :

    J’ai adoré l’idée de la gastro et du barbeuc avec le pince oreille géant. Il est vrai que je suis une fana de Resident Evil (jeux autant que les films). En film, il est vrai que le meilleur reste le premier. Le dernier n’était vraiment pas top. Alors oui la je m’attends à un chapitre final qui en met plein la vue même si l’action va primer sur l’horreur … Je vais m’en faire une idée très bientôt. Merci pour cet article !

    1. wotan dit :

      Fan de resident evil???? Alors on ne parlera jamais cinéma ensemble… lol… Je ne savais même qu’il existait des fans pour ce truc infâme, lol…

  4. sebastien dit :

    Je sais pas pourquoi je poste ce commentaire puisque je n’ai qu’une envie : oublier ce navet comme j’ai oublié ma dernière gastro (tiens, aurais-je un point commun avec Alice ? 😉 )
    Pas d’accord avec toi, Squeletor, le soi-disant “chapitre final” n’a rempli aucun de mes critères dans mon cahier des charges (en même temps, j’espérai enfin un bon film mais bon…)
    Le truc, c’est que je ne comprend pas comment on peu faire une telle daube. Il n’y en a pas un sur le tournage qui s’est dit à un moment : “Attendez les gars, on est en train de faire de la merde, là?” Je savais qu’Anderson n’était pas un bon réal et scénariste mais à ce point… c’est incompréhensible.
    Tout est foiré dans ce film. Les persos dont on se fout royalement, les zombies qu’on ne voit réellement jamais clairement, le scénario inexistant, des révélations bidons, de l’action incompréhensible, un montant de boucher…
    Moi, je dis “Fuyez cet opus!!!” Perso, j’ai perdu 1h45 de mon temps et 10 euros pas la même occasion.

    1. wotan dit :

      en même temps tu l’as cherché, lol… Avant d’avoir cette idée pour le moins saugrenu, tu ne t’es pas rappelé des précédents opus? Autant donner tes 10€ à un SDF il en aurait eut plus d’utilité…

      1. sebastien dit :

        Bah si, malheureusement, je m’en souviens des précédents opus. Mais que veux-tu… je suis un éternel rêveur.

  5. wotan dit :

    De mon point de vu, même le 1 était un navet sans nom, saga à vite oublier… Même pas je téléchargerais ce film gratuitement, perte de temps et le visionnerai encore moins, alors perdre 2h de ma vie pour voir ce “truc” au cinéma… Je préfère me faire éclaté la cheville dans un piège à loup… Resident evil est définitivement foireux…

  6. Sellig dit :

    Un vrai navet c’est le pire de tout les résidents evil j’espère que enfin ils vont arrêté car je n’imagine même pas si ils en font un autre la fin du monde serait un régal

  7. foxer dit :

    Montage atroce avec des cut toutes les 5 secondes (voir plus rapidement dans les scènes dites d’action), scénario absent (un peu comme si anderson lui même ne savait pas comment boucler la boucle), multitude d’incohérences (le plus flagrant étant la reine rouge qui dit ne pas avoir le droit de s’en prendre au personnel d’umbrella… ok donc dans le 1 quand elle zigouille l’escouade au laser c’était pour du beurre?) jeu d’acteur aux abonné absent, CGI dégueulasses, soyons honnêtes y’a vraiment rien à retirer de ce film…. même pas la moindre possibilité de plaisir coupable (chose qu’offrais au moins les épisodes précédents).
    Anderson a l’air de s’en foutre, les acteurs et actrices aussi, les scénaristes, monteurs, techniciens également… franchement le spectateur n’a pas d’autres choix que de faire pareil.

  8. Alexy dit :

    J’aime le fil car moi oui juste pour la fin de residente evil 6 thé finale chapitre

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