Critique du film The Vanguard

The Vanguard

Loin d’un Will Smith, sur-équipé, fusil en bandoulière et survivant dans New-York, Matthew Hope nous propose avec son The Vanguard un héros original et attachant tentant de survivre en pleine forêt. Car, à l’image de son héros décalé qui se déplace avec une bicyclette rouge, The Vanguard est un film qui aborde la thématique de l’infection sous un angle nouveau. En effet, le film a réussi à se démarquer grandement du cinéma zombiesque – oscillant bien souvent entre films gores et comédies vaseuses – en proposant un traitement différent de la figure de l’infecté. C’est d’ailleurs pour cela que le film a reçu un accueil favorable au Festival international du film fantastique de Bruxelles en 2008. Pourtant, l’accueil du public a été très différent puisque les thématiques du film ou la manière de les traiter semblent avoir dérangé et ce au point qu’il n’est pas rare de lire sur internet des synopsis, des analyses et des reviews complètement erronés.

The Vanguard

C’est donc avant tout par l’originalité avec laquelle les infectés ont été utilisés que The Vanguard se distingue ; on ne peut pas en dire autant de la trame de fond. Jugez-en : La raréfaction des ressources naturelles dans le monde a conduit les êtres humains à s’entretuer pour leur possession. A l’issue de ces conflits, et afin de stabiliser la situation, un vaste programme de réduction de la population mondiale est mis en place par la Corporation, l’organisation qui a pris le contrôle du monde. Ce programme repose sur la distribution d’un produit censé être un médicament mais qui s’avère être un poison mortel. Toutefois, au lieu de tuer, ce poison réduit tous ceux qui l’ont pris en être proche des primates, très agressifs, aveugles et contagieux. Une fois “transformé”, ces humains sont communément appelés des biosyns.

Alors que le monde sombre définitivement dans l’apocalypse, le film se focalise sur l’histoire de Max qui survit seul dans la forêt quelques années après l’infection.

The Vanguard

Homme ou Biosyn, quel camp choisir ?
Quand un film a quelque chose à dire on ne peut qu’être ravi. En effet, The Vanguard constitue un véritable voyage initiatique pour Max qui devra apprendre qui il est ou plutôt ce qu’il est. Car, sans nous servir une philosophie nietzschéenne difficilement abordable ni un discours de comptoir, Matthew Hope parvient à travers son film à véhiculer un message fort en dressant un portait de la perversion humaine et en composant un véritable hymne à la solidarité.

Ainsi, en suivant les aventures de Max on prend part à ses interrogations. En effet, vivant seul depuis longtemps et n’ayant plus de contacts avec d’autres hommes depuis des années, il ne sait plus qui il est. D’un côté, il garde en mémoire la rage avec laquelle ses semblables se sont entretués ainsi que les plans démoniaques de la Corporation à l’origine de l’infection. De l’autre coté, il observe chaque jour les biosyns, les étudie et se rend compte qu’ils se regroupent et ne s’affrontent presque plus. Seraient-ils en train d’évoluer ?

Alors qu’il croise à nouveau le chemin d’autres hommes, ses réflexions le font hésiter et on ressent ses inquiétudes : être un Homme a t’il encore un sens ? C’est en tout cas le défi de Max, faire un choix et trouver sa place dans ce nouveau monde.

The Vanguard

De bonnes idées, plombées par le manque de moyens
D’abord, la mise en scène est particulièrement soignée même s’il est dommage que la qualité de l’image ne suive pas. Il n’en reste pas moins que chaque élément a un rôle très précis et utile : chaque scène, chaque rencontre permet à Max de faire un pas dans son voyage. De plus, au niveau de l’action, le film s’avère assez rythmé puisque c’est en se battant contre les biosyns mais aussi contre les hommes que Max achèvera son parcours.

Malheureusement, le film est affecté par la nullité flagrante de certains acteurs. En effet, alors que Ray Bullock Jr parvient avec un jeu impeccable à nous faire aimer le personnage de Max, la plupart des autres nous offrent une interprétation à la limite du ridicule et c’est bien dommage. De plus, cela peut devenir gênant dans la mesure où comme chaque personnage à un rôle très précis dans le voyage de Max une interprétation navrante nous rend moins attentif à l’importance de leur personnage.

En plus, et au delà de ce problème budgétaire qui a poussé à engager des acteurs sans charisme le manque de moyen se fait durement sentir au niveau des effets gores. En effet, bien que quelques scènes de combats soient assez sympathiques, certains effets ajoutés par ordinateur, sont carrément pitoyables.

Ainsi, le réalisateur de The Vanguard propose, non sans talent, une autre façon de se servir des infectés en les utilisant notamment comme vecteur d’un questionnement intelligent et attendrissant sur notre condition humaine. On regrettera uniquement que le manque de moyens gâche un peu le spectacle.

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