pandemie alexandre lang

Critique de Pandémie L’effondrement

Publié le 26 septembre 2014 par dans Articles, Livres, NewsCommentaires (11)

pandemie alexandre lang

Depuis quelques années, l’auto-édition gagne en importance et les auteurs d’histoires zombies sont de plus en plus nombreux à y recourir pour être publiés, à défaut de trouver un éditeur ou tout simplement pour garder leur indépendance vis-à-vis d’un univers souvent critiqué. Pourtant, dans quelques, très rares, cas nous en venons à nous demander comment certains ouvrages ont pu ne pas trouver d’éditeur. C’est le cas de Pandémie L’effondrement d’Alexandre Lang qui a décidé d’auto-éditer son livre après des années à y travailler et à essayer de trouver preneur.

“L’apocalypse a pris forme. Elle se répand sur le monde comme une lame de fond, menaçant l’espèce humaine d’effondrement complet. La France n’échappe pas à la tourmente. Elle doit réagir, trouver l’énergie et les moyens de se battre avant qu’il ne soit trop tard. Au-delà de son avenir, c’est aussi celui de l’humanité qui se joue. Un plan est conçu. Les experts survivants, l’armée et les pilotes de Rafale sont mis à contribution. Mais les plans se déroulent rarement comme prévu. Et l’Homme reste le meilleur ennemi de l’homme.”

pandemie effondrementLa première chose qui différencie Pandémie L’effondrement de ses camarades d’auto-édition, souvent de courts ouvrages assez basiques, est la longueur du roman qui compte plus de 600 pages. Pourquoi une telle longueur ? Tout simplement car dans son roman Alexandre Lang ne se contente pas de dépeindre un instant t de l’apocalypse zombie ou de nous présenter les aventures d’un banal héros survivant au milieu des zombies (comme les américains savent si bien le faire). Non, Alexandre Lang a bien plus d’ambition et nous offre un roman zombie d’une envergure inégalée depuis World War Z.
En effet, dans la première partie de l’ouvrage, l’auteur se lance dans la narration de l’effondrement du genre humain face à une maladie, parfaitement crédible et scientifiquement possible (le fléau d’Attila), que rien n’arrête. Avec une justesse incroyable qui colle de manière effrayante avec l’actualité (virus Ebola, situation russe…) celui-ci nous décrit ainsi aux travers de courts chapitres, comme dans World War Z, la propagation d’un virus effroyable depuis son patient zéro à l’annihilation d’une bonne partie de l’espèce humaine. À ce titre, les fragments choisis, de par leur simplicité et leur réalisme – l’histoire de chauffeurs Kirghizes qui rentrent infectés au pays, une famille indienne qui discute sur Skype alors que le fléau se propage, des Talibans contaminés etc – sont un véritable plus de la première partie du roman et immergent parfaitement le lecteur dans cette histoire de fin du monde.

alexandre langLa seconde partie se focalise davantage sur des personnages que nous apprenons à connaître au fil du livre. Nous suivons alors plusieurs héros aux histoires bien différentes et souvent intéressantes que ce soit une américaine de l’US NAVY SEAL qui se retrouve isolée de son régiment en Corse et qui essaie de rejoindre la Belgique, Adrien, un pilote de Rafale tiraillé entre son sens du devoir et l’envie de rejoindre sa famille, Kiyo, la chercheuse japonaise coincée en France et qui décide d’aider le gouvernement français ou bien Gonchakov, le pilote russe. Si l’histoire devient ici plus classique, la multiplicité des personnages et des situations parvient à maintenir l’intérêt du lecteur constante. Par exemple, j’ai adoré les nombreux combats aériens du récit qui, bien que décrits de manière complète et technique, sauront certainement intéresser les néophytes comme moi et changent de ce à quoi nous sommes habitués dans un récit zombie.

Au niveau de l’histoire, je regrette simplement que l’auteur ait un peu grossi les traits de la monstruosité de l’espèce humaine. Je doute qu’il y ait une telle proportion de violeurs et de tueurs parmi nous, même en cas d’apocalypse. Du moins je l’espère. De la même manière, l’évolution de la relation entre Adrien et Kiyo m’a semblé très peu naturelle, avec des dialogues qui sonnent très faux, et est finalement la chose la moins crédible et réaliste du roman.

Enfin, concernant le style de l’auteur. Celui-ci ne lésine pas sur les descriptions réussies et propose une plume réellement fluide qui contribue très largement à embarquer le lecteur dans son histoire. Certes l’ouvrage n’est pas exempt de maladresses (fautes d’orthographe, répétitions fréquentes etc) mais dans un océan de 600 pages, cela reste un détail que nous pouvons sans mal pardonner pour un premier roman auto-édité !

En fin de compte, le plus gros défaut de Pandémie L’effondrement est son prix prohibitif (25€ sur Amazon). Mais s’en priver pour cette raison serait une bêtise. Avec une histoire ambitieuse et d’envergure, Pandémie L’effondrement vous offrira des heures de lectures que vous ne regretterez pas. Acheter ce roman, c’est également soutenir un auteur français indépendant talentueux qui le mérite et faire un beau pied de nez aux maisons d’édition qui se sont privées de cet ouvrage fantastique. Hautement conseillé ! Vivement la suite.

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11 commentaires pour Critique de Pandémie L’effondrement

  1. Nouvel éditorial sur "Pandémie, L’Effondrement"… toujours très encourageant ! | "Pandémie L'Effondrement" dit :

    [...] Le site "My Zombie Culture" vient de mettre en ligne sa critique de "Pandémie, L’Effondrement", disponible à l’adresse suivante : http://www.myzombieculture.com/2014/09/26/critique-de-pandemie-leffondrement/ [...]

  2. plp dit :

    Merci pour la critique que j’attendais, bon bah j’achète :)

  3. kaloup75 dit :

    Effectivement, c’est un pavé! 630 pages.

    Bon, c’est un livre sympathique, agréable à lire mais pas si original que ça :

    - l’origine de la crise … C’est WWZ, … avec toutefois un gouvernement chinois encore plus méchant. D’ailleurs, vous dites que le roman est très réaliste mais je ne sais pas sur quelle actualité ou fait historique l’auteur a travaillé pour imaginer que le gouvernement chinois réagirait de cette manière si excessive avec son personnel médical. Cela frise la propagande « bushiste » de Fox News. On a d’ailleurs aussi des méchants russes … évidemment ! On sent l’auteur très proche de l’OTAN.

    On suit entre autre un médecin (WWZ encore?) ou un soldat dans l’aviation (celui-ci fait penser aux personnages de l’auteur Craig Dilouie). De plus, leur histoire d’amour est d’un gnangnan limite affligeant, et même anachronique ; car ils tombent très vite amoureux alors qu’ils pleuraient la perte de leurs proches quelques jours avant.

    Sinon, je pense que les « épreuves » de l’auteur pour se faire éditer l’ont passablement énervé et qu’il en veut à la terre entière car qu’est-ce qu’il y a comme salauds, violeurs, etc. Désolé mais ça décrédibilise quand même le propos. Là encore, on a l’impression que l’auteur est très influencé par le survivalisme américain du « chacun pour soi », où il faut laisser (ou faire) crever l’autre pour survivre.

    Enfin, en ce qui concerne la fin, … ah la fin … on sent qu’il a voulu se faire plaisir au point d’en oublier le lecteur. On a bien compris quelle était sa passion … ce n’est pas le zonzon, c’est l’avion!
    Exit WWZ, et vive “les têtes brulées” ou “les chevaliers du ciel”. De l’avion, de l’avion , du combat d’avion, de l’accident d’avion, du suspens d’avion … Bref, à la fin, j’étais obligé de survoler les lignes pour passer au chapitre suivant .. Puis resurvoler le chapitre suivant, puis le suivant car ça n’en finissait pas … La fin m’a vraiment déçu à cause de ça. La fin est plus qu’insuffisante pour donner un souffle épique au roman. Alors qu’au vu des pages, il aurait mieux valu redonner du souffle et du suspens au lecteur car 650 pages ça finit par lasser …

    Bon, ça c’était les côtés négatifs. Maintenant c’est très agréable à lire quand même.
    mais de là à donner 10/10 et du “exceptionnel” me laissent dubitatif !
    Pour moi, pas plus de 7/10.

    • Suspicion dit :

      Waouuuuuhhh ! Que de haine dans ton com…
      Finalement un livre très agréable à lire “quand même”… Le “quand même” laisse dubitatif après tant de haine deversé sur le livre lol Moi quand j’aime pas un bouquin je le pose et je vais pas jusqu’au bout. Et puis je viens de voir 3 messages de ta part sur le même bouqin, ça commence à faire à peine suspect.

  4. kaloup75 dit :

    De la haine? où? ça y est, le syndrome “québecois” va ré-attaquer. Si on donne une critique mitigée, on est haineux …
    bon, il est vrai que dans notre monde actuel basé sur le commerce, les critiques ne sont souvent que positifs. il faut faire acheter. (je parle des médias en général, pas de ce site … Vous imaginez un invité du 20h se faire entendre dire que son film ou son livre c’est pas terrible, voire de la merde ?! J’adorerais, mais hélas, …)
    Alors, pour te rassurer, je n’ai aucun a priori sur l’auteur ne le connaissant/détestant pas et je ne suis pas non plus salarié par une maison d’édition adverses puisqu’il est en auto-édition. J’aime juste le débat, la contradiction et quand je vois les critiques dithyrambiques (comme celle du site concurrent dont on ne doit pas dire le nom ;-) ou de certains lecteurs d’ici), je m’interroge. Les deux premiers messages, qui se suivaient et qui n’étaient pas redondants, étaient sur l’article de présentation (un en milieu de lecture où d’ailleurs je disais que c’était sympathique et agréable à lire – comme quoi il y a plus haineux …- , et un en fin de lecture car effectivement, mon avis avait changé, n’aimant pas la fin qui m’a ennuyé avec ce duel d’avions). En poster un 3ème ici ne fait que replacer mon opinion au bon endroit car je sais qu’on ne repart pas souvent lire les vieux post de vieux articles.
    Enfin, le “quand même” c’est justement pour atténuer des critiques de points précis sur l’histoire qui ne tiennent qu’à mes goûts mais qui ne doivent pas empêcher de la lire ; et aussi pour éviter à certains d’être déçus, comme j’ai pu l’être … car quand j’ai lu à droite à gauche, “excellentissime, génial, 10/10″, je m’attendais à un chef-d’œuvre (genre “WWZ”, ou la série “ennemis”, ou “apocalyspe z”) et je me suis retrouvé avec un p’tit livre (fort cher) de zombie sympa mais pas à se taper le cul par terre … donc, c’est pas de la haine.

    • T-Rexx dit :

      Ouh… Ca sent le TROLL à plein nez, ce commentaire !

      • Squeletor dit :

        Ça sent surtout le mec qui se justifie parfaitement bien alors même qu’il n’aurait pas à se justifier d’avoir un avis différent des autres. Merci Kaloup pour ton avis argumenté et illustré. Il est vrai que tous les points que tu avances sont assez vrais, je crois simplement ne pas m’être autant focalisé dessus ce qui m’a permis d’apprécier davantage le roman et de vraiment le recommander.

  5. Suspicion dit :

    Ha haaa, voilà que tu te justifie, c’est plutôt mauvais signe LOL
    4 messages, bientôt 5 pour être vraiment certain qu’on oublie vraiment pas ta “critique” ?
    Là ça risque plus lol

    • Squeletor dit :

      Kaloup a eu parfaitement raison de reposter son avis là. Si tu en as un différent, je t’invite à le partager aussi plutôt qu’à attaquer le seul mec qui défend son opinion. On n’est pas dans les commentaires YouTube ici…

    • kaloup75 dit :

      Je suis bien obligé ; j’aurais pas répondu, tu aurais dit : “il a pas répondu c’est plutôt mauvais signe ; j’avais donc raison”. Et ça c’était hors de question ;-)
      que voulez-vous, tout le monde peut pas être tolérant comme Sébastien qui répond aux critiques de “the last survivors” de manière constructive, intelligente et amicale.
      Heureusement que j’ai pas donné mon avis sur “les yeux jaunes”. Moi, ce qui m’amuse, c’est toutes ces volées de bois vert dés qu’on n’encense pas un livre francophone … Surtout que j’ai quand même mis 7/10 à celui-ci. Qu’est-ce qui serait arrivé si j’avais dit que je détestais …
      Vous en voulez des navets? 2 romans, 2 BD à éviter …
      - feed, tome 1 dont vous trouverez ma critique ici: http://www.myzombieculture.com/2012/10/22/feed-2/ là, j’ai vraiment détesté! avec comme d’habitude un commentaire long de ma part. Là aussi, je suis suspect ou troll ?
      - Zombie panic : à réserver aux moins de 13 ans. Trop gamin
      - Empire of the dead de Romero. Là j’ai fait une critique plus petite : http://www.myzombieculture.com/2014/09/09/critique-dempire-of-the-dead-tome-1/ Au final, j’ai même rendu la BD au libraire (ce qui est rare de ma part quand ça parle de zombie)
      - Tokyo summer of the dead : à réserver aux moins de 13 ans. Trop gamin

  6. UneLectrice dit :

    Bonjour l’ambiance ici…
    Bref, je vais quand même m’aventurer à mettre mon modeste commentaire…

    Tout d’abord, je comprends que Pandémie puisse être un livre aussi interpellant. Il ne s’adresse pas à des enfants de cœur c’est clair, et le réel ne l’a jamais autant emporté sur la fiction… au point que les gens en oublient qu’il s’agit d’une fiction ;-) Personnellement je me suis projetée dans ce livre rédigé à la manière d’un film, c’est vous dire…

    Ensuite, ce livre ne peut qu’interpeller car cet écrivain français indépendant qui écrit 600 pages aussi denses qu’haletantes avec une suite attendue, ça ne peut passer inaperçu.

    Pour poursuivre sur l’auteur, je ne m’aventurerais pas à le juger par la lecture que je viens d’en faire. Je suis étonnée par le jugement d’une certaine personne qui tombe un peu comme un cheveu dans la soupe, qu’il dit ne pas connaître et en même temps affirmer de manière aussi catégorique que l’auteur en veut à la terre entière. Ensuite, qu’un auteur indépendant veuille se faire plaisir avec un style Buck Danny ou Top Gun, cela me semble assez sain pour ceux qui aiment. Personnellement je n’avais pas vu cela ailleurs mais pouruqoi pas après tout, il y a pire que les Chevaliers du ciel…

    Sur le fond, j’ai passé d’agréables moments et ai beaucoup apprécié les personnages principaux, parfois moins accroché avec Kiyo la chercheuse ou Mauer.

    Je ne vais pas faire l’apologie de ce livre ni entrer dans les considérations géostratégiques d’une fiction, je peux simplement vous dire en toute objectivité que ce livre domine largement WWZ dans la précision et le contenu bio/techno qui n’est jamais approximatif. Quant au style de la couverture, il se démarque des autres en affichant une oeuvre d’art suggérée (un sacré pavé je confirme, mais un beau livre).

    Pour le reste, l’avis de Squeletor me semble être le plus objectif… et a le mérite de ne pas être orienté.

    Ma conclusion est que le résultat de cette œuvre est d’autant plus remarquable que l’auteur est un indépendant et qu’on en a pour son argent.

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