Critique de The Dead 2 des frères Ford

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Amis des morts-vivants et des beaux paysages, réjouissez vous car c’est aujourd’hui 16 février que sort en DVD/Blu-Ray en France le tant attendu The Dead 2.

Pour ceux qui ne connaissent pas The Dead (premier du nom) des frères Ford (Howard et Jonathan), je ne peux que vous conseiller de vous le procurer par tous les moyens (légaux évidemment) tant il est une réussite. Avec une bande son presque inexistante, une absence quasi-totale de dialogue, le coup de maître des frères Ford est de remplacer le décor habituellement urbain et occidental des films de zombies, qui n’offre  généralement aux spectateurs qu’une action monocentrique, par un décor africain superbe, immense et généreusement ouvert mais néanmoins hostile. C’est sans doute un de mes films préférés et je le classe volontiers dans mon top 10. Je peux dire sans crainte que c’est l’un des meilleurs films de zombies existant.

Vous me direz alors « bon, t’es bien gentil comme garçon mais tu devrais nous parler du numéro deux, on l’a tous vu le premier ». Ce à quoi je vous répondrais que vous avez bien raison mais qu’il est selon moi indispensable de parler de ce premier long métrage tant, face à ses qualités, nous étions en droit d’en attendre autant (voire plus) du second. Surtout quand les réalisateurs nous font la promesse de nous jeter dans ce pays magnifique et mystérieux qu’est l’Inde et son milliard de zombies potentiels. Alors les frères Ford ont-ils trahi nos espérances ?

The dead 2 India

Nicholas, un jeune ingénieur américain travaillant en Inde, cherche à rejoindre Ishani, sa petite amie indienne, alors qu’une épidémie zombie met tout le pays à feu et à sang. Pour la retrouver, il doit traverser plusieurs centaines de kilomètres envahis de zombies avec comme seul guide un jeune Indien qu’il sauve in extremis de la mort. Leur voyage sera pour le moins mouvementé et dangereux. De son coté, Ishani, cloîtrée chez elle, fait front à son père en rage de la savoir enceinte d’un américain, à sa mère mordue au bras qui est destiné à une zombification certaine et à une véritable horde de zombies qui empêche toute évasion du domicile familial.

Autant l’avouer tout de suite, la première fois que j’ai vu The Dead 2, j’ai été très déçu. Je dois même dire qu’après plusieurs visionnages j’ai toujours autant de mal à y trouver des points vraiment positifs.

Certes, l’ambiance reste identique au premier opus avec un pays immense, des paysages et des prises de vue atypiques et parfois extraordinaires. Mais, alors que dans le premier film nous avions l’impression d’immensité et la sensation de prendre directement part au voyage africain des héros, dans le périple Indien, les paysages s’enchaînent sans véritable transition ni logique au point d’avoir le sentiment s’assister à la soirée diapo des vacances des frères Ford (Waouh ! Le beau temple. Ouhlala ! Quel charmant petit village. Oh ! Que c’est attendrissant cet enfant qui dévore ça mère). En fait, ce road trip trop morcelé nous fait oublier la beauté des paysages et ne nous procure pas l’angoisse des grandes plaines africaines désertiques du premier film.

The dead 2 India

Par contre, point positif, les frères Ford n’ont pas lésiné sur le nombre de morts-vivants et tous ces paysages en sont parsemés. Omniprésents, avec leur démarche lente et impassible, il devient impossible d’y échapper et il n’est pas rare qu’ils surgissent des recoins les plus sombres. Nos héros ne manquent ainsi pas de les croiser de très près, les obligeant sans cesse à fuir des gueules avides de chair pour tomber aussitôt dans d’autres encore plus avides. C’est d’ailleurs une des particularités de notre héros qui échappe miraculeusement, un nombre anormalement de fois, aux canines les plus vicieuses tandis qu’à l’opposée certains personnages secondaires perdent immédiatement toute réactivité et combativité face à ces zombies faiblards et se laissent becqueter vivants.

Mais tout cela n’est que détails car ce qui est réellement consternant, affligeant et insupportable dans ce film, c’est le jeu des acteurs et plus précisément l’intonation émotionnelle des voix. Je n’en n’avais pas vu d’aussi pourries depuis la cinématique d’intro de Resident Evil et le fameux « No ! Don’t go ! » de Léon. Alors que j’apprécie habituellement de découvrir les films en VO, je suis ici certain que le doublage améliorera grandement la qualité du film. C’est en tous cas, peu probable qu’ils réussissent à faire plus mauvais. En effet, dès que l’action se focalise sur Ishani et son père, The Dead 2 devient presque insupportable tant tout est sur ou sous joué : même le gosse joue mieux alors qu’il se contente de réciter son texte ce qui ne sera pas sans vous rappeler les pires spectacles de fin d’année de votre tendre enfance. En fait, je regrette presque que les zombies ne poussent pas quelques grognements pour nous faire oublier le reste des dialogues ou pour tout simplement les couvrir.

The dead 2 India

Heureusement certaines scènes et bonnes idées permettent au film de se rattraper et de s’en sortir honorablement. En effet, en plus d’avoir une vraie présence tout au long du film, les zombies des frères Ford sont selon moi particulièrement réussis. Attention, je ne vous parle pas d’une débauche d’effets spéciaux comme dans The Walking Dead, mais plutôt de petits détails qui font la différence. Leurs yeux, leur impassibilité et leur manière de traquer les humains, avec lenteur puis vivacité à l’approche de la proie, leur confèrent non seulement un certain réalisme mais apportent un côté parfois angoissant au film.

En fin de compte, ce second opus est très loin du chef d’œuvre qu’était le premier. Nul doute que les difficultés liées au tournage, les autorités ayant pourchassé l’équipe un certain temps, n’y sont pas pour rien. Il n’en reste pas moins que là où The Dead avait su magnifiquement intégrer son décor africain à son intrigue, le résultat est ici bien plus décevant. Toutefois, même si je ne vous conseille pas de vous précipiter sur The Dead 2, son visionnage ne vous laissera pas le goût amer d’une perte de temps mais simplement celui de la déception.

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2 commentaires

  1. umby-24 dit :

    J’avais déja donné mon avis sur le film dans un autre post.
    J’ai aussi été déçu. Cet opus est bien moins bon que le premier du nom.
    Tout l’interet du premier résidait selon moi dans le sentiment de solitude du héros pourchassé par cette meute infatigable de zac, lents mais inarrêtables. De plus l’absence quasi totale de dialogues avait permis de ressentir presque viscéralement ce sentiment d’homme seul perdu au milieu de nulle part dont la vie ne tient qu’à un fil.

    Dans ce deuxième volet, le simple fait que le héros soit rapidement accompagné fait disparaitre ce qui faisait la richesse du premier film.
    A l’exception du tout début où le réalisateur nous offre une grande scène d’évasion (sur le toit, je n’en dis pas plus pour pas spoiler). Scène qui à mon humble avis figure parmi les meilleures en terme d’angoisse grandissante dans un film de Z.
    Hélas, hormis ce moment de pur intensité, le reste est juste très moyen.

  2. Sébastien dit :

    Je me le suis mater hier soir et quoi dire de ce film… Vraiment décevant. Entre le premier et celui-ci, je crois que je n’ai jamais vu des zombies aussi lents au point de me demander tout au long du film comment les gens réussissaient à se faire attraper! Le premier avait au moins le mérite de créer une certaine tension dans les aventures du héros.
    Bref, à très très vite oublier!

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