Critique de Les Chroniques de l’Armageddon, Tome 4 : Mission Fantôme

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C’est un peu à la surprise générale qu’est sorti en juillet dernier aux États-Unis le quatrième tome de la trilogie Les Chroniques de l’Armageddon, devenue de fait une quadrilogie. Ne perdant pas de temps, Panini Books, qui pensait en avoir fini avec JL Bourne après la parution de l’intégrale de Les Chroniques de l’Armageddon en 2014, a ainsi fait une exception à sa “pause zombie” pour nous proposer la version française de Day by Day Armageddon Ghost Run, sous le titre de Les Chroniques de l’Armageddon : Mission Fantôme. Mais, autant d’années après la sortie du tome 3 qui était pourtant présenté comme le tome final, JL Bourne avait-il vraiment besoin de revenir à cet univers ?

Dans ce tome, alors qu’il est parti chercher des ressources à bord du Solitude, Kilroy, le héros, capte une transmission de détresse d’hommes affirmant détenir un vaccin contre le mal zombie. Il décide alors de traverser des dizaines de kilomètres de terres infestées de zombies pour rejoindre Atlanta où sont barricadés les émetteurs du message.

Peut-être était-ce un besoin artistique de l’auteur de faire revivre son personnage, ou bien des considérations plus matérialistes et financières, après le succès des trois premiers volumes et face à celui de The Walking Dead, qui l’ont poussé à écrire cette suite, malheureusement, quoiqu’il en soit, à la lecture de ce nouveau tome des aventures de Kilroy, j’ai eu le triste sentiment d’être confronté à une extension de l’univers peu inspirée et sans âme.

Un récit réaliste et c’est tout

chroarmaNous le savons bien : le parti pris de Les Chroniques de l’Armageddon est d’être présenté comme le journal d’un soldat américain plongé en plein cœur d’une apocalypse zombie (tomes 1 et 2). Si ce choix avait pu donner du bon dans les premiers tomes, j’ai cependant eu l’impression ici d’assister sempiternellement aux mêmes situations, abordées toujours avec ce besoin vital de l’auteur d’être le plus réaliste possible. Il ne nous épargne rien, du décompte permanent de ses munitions, au moindre détail sur sa manière d’ouvrir une porte, de faire le plein de ses véhicules, d’éliminer chaque zombie etc. Une vraie lassitude s’installe alors face à cette narration répétitive d’autant que le style de l’auteur ne permet jamais réellement d’établir d’ambiances vraiment angoissantes.
Pire, les répétitions terribles (et encore je pense que le traducteur a fait des efforts pour les limiter) nous forcent à admettre le manque de talent littéraire de l’auteur qui semble finalement se contenter d’un récit froid et méthodique, rien de bien étonnant celui-ci étant militaire de carrière et voulant surtout, je pense, partager ici sa passion pour les armes à feu. L’esprit pragmatique du personnage prend ainsi le pas sur les émotions et parfois même sur l’action, abandonnant quelque peu le lecteur sur le banc de touche.

Un fil rouge bâclé

ghost-runCependant, l’aspect littéraire n’est certainement pas le critère numéro 1 sur lequel un tel roman peut être jugé. Malheureusement, au niveau du scénario, je n’ai personnellement jamais été embarqué dans l’histoire la faute à l’absence d’un véritable fil rouge. Alors que l’on pense que secourir les hommes détenant le vaccin formera une grande partie de l’intrigue, cela n’est absolument pas le cas. Il s’agit uniquement d’une excuse pour que le héros enchaîne les situations vues et revues, succession d’événements décousus dont l’auteur ne tire rien. Kilroy affronte des zombies, va d’une cachette à une autre, fait le plein, trouve des armes, affronte des survivants, sauve des survivants, refait le plein, jusqu’à finalement arriver à Atlanta pour un final torché en quelques pages. En fait, le secours des militaires ayant le remède, se résume même à deux courts chapitres peu inspirés, pour finalement terminer sur une ellipse temporelle qui renvoie en un claquement de doigt notre héros bien en sécurité. Quand on parle de final décevant.

Seule originalité du roman, la découverte par Kilroy d’une sorte de chien mécanique propulsé par un moteur nucléaire qui permet à certaines situations éculées de gagner un peu en intérêt, mais là encore les choses finissent par se répéter.

Après une trilogie qui fait partie des titres les plus reconnus dans le genre zombie, JL Bourne nous offre donc un récit sans âme, trop penché sur le réalisme et peu inspiré. De plus, celui-ci souffre grandement de l’absence de personnages secondaires (ils ne sont que des coups de vent) et d’un héros auquel véritablement s’attacher et dont nous pourrions partager les doutes.
Les enjeux sont inexistants et seule l’impression que l’auteur avait envie d’étendre assez artificiellement son univers et de préparer une nouvelle trilogie demeure. Cependant, si elle est de l’acabit de ce volume, autant dire que la déception ne fera que grandir. Bref, un tome 4 sur lequel même les fans des premiers tomes n’auront pas à se jeter, celui-ci n’apportant absolument rien à la trilogie originale et au genre zombie. Pas un roman terriblement mauvais pour autant, mais un livre qui laisse avec le goût amer de la déception et de la perte de temps.

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4 commentaires

  1. MacGivre dit :

    “pour un final torché en quelques pages.”
    Mais c’était déjà le problème du tome précédent mon petit Squeletor ^^;
    Bref tu confirmes mes craintes pour ce tome : peu de chance que je l’achète. Mais je vais essayer de me forcer à le lire.

  2. Seb dit :

    En même temps, qu’est ce qu’on a eu de mieux à lire ces derniers mois ?
    Tous ces défauts sont bien réels mais j’ai été quand même bien content de retrouver notre amis kilroy…

  3. fred666 dit :

    moi aussi je l ai lu avec plaisir meme si …

  4. oliviacmoi dit :

    bon, ça m’est difficile de tirer un trait dessus, alors je vais suivre Seb et fred666 et tenter le coup.

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