Critique de Zoulag : La Filière Sibérienne

Sorti en octobre dernier aux éditions Walrus, Zoulag : La Filière Sibérienne n’est pas la première incursion en territoire zombie de Stéphane Désienne puisque nous lui devons déjà Zoulag : Le Syndrome Finlandais (2015) ; un auteur inspiré par les zombies et par le froid donc ! Présenté comme une novella (une courte histoire avec unité de lieu et d’action) Zoulag est un livre qui se lit à 200 à l’heure. Mais à aller trop vite, ne risque-t-on justement pas de foncer droit dans le mur ? Pas si sûr…

Si, comme moi, vous n’avez pas lu Le Syndrome Finlandais, pas de panique puisque que Zoulag : La Filière Sibérienne est une histoire indépendante du premier livre :

L’humanité a finalement réussi à contenir l’apocalypse zombie, et les spécimens infectés qui n’ont pas été éradiqués sont désormais enfermés dans des « zoulags » à des fins scientifiques et militaires. Boris Yazounov et sa partenaire Nikki font tourner un bien étrange business : on les engage pour voler des zombies et les convoyer à travers les terres désolées de la Sibérie. Et pourvu que la paie soit bonne, le duo n’est pas curieux des motivations de ses commanditaires. Si jusqu’à ce jour la mécanique du trafic semble bien huilée, l’idée d’une retraite bien méritée commence à germer dans la tête de Boris. Peut-être que cette mission sera la dernière… Mais quelque chose ne tourne pas rond : indics nerveux, mafieux gourmands, ambiance de délation, et maintenant les militaires à ses trousses… Désormais ce n’est plus seulement son business qu’il doit sauver. C’est sa vie.

zoulagLe premier point positif de cette nouvelle histoire de Zoulag est que l’histoire prend place après l’apocalypse zombie et que l’humanité a repris le dessus pour finalement faire ce qu’elle sait faire de mieux : exploiter les ressources qui se présentent à elle. Les zombies apparaissent ainsi ici comme du bétail, des ressources convoitées par des groupes privés puissants dans le but d’augmenter leur propre richesse (je ne vous en dis pas plus pour ne pas vous spoiler). Cela fait donc plaisir, même si l’histoire est avant tout centrée sur l’action et pour toile de fond un monde qui reflète celui dans lequel nous vivons. Vous l’aurez compris, les zombies ne sont pas l’élément central du récit mais des prétextes pour mettre en place une situation pour le moins explosive.

Autre point positif, bien que l’action se déroule en Sibérie, l’auteur évite les clichés éculés sur la Russie pour se concentrer sur ses personnages et son histoire. Ainsi, malgré la brièveté du récit les personnages s’avèrent attachants et plein de ressources face à des situations, il faut le dire, vraiment pas évidentes. Résultat : le lecteur se voit servir de l’action et des morceaux de bravoure sans temps morts au point de regretter que l’auteur n’ait pas écrit une histoire plus conséquente, mais c’est le style qui veut ça !

Le seul point négatif de ce nouveau Zoulag est finalement son format. Avec une petite centaine de pages à lire, il n’y a en fin de compte pas grand chose à se mettre sous la dent et le lecteur restera un peu sur sa faim. Certes, c’est un parti pris par l’auteur et la maison d’édition spécialisée dans le genre, mais nous restons persuadés que Zoulag : La Filière Sibérienne aurait mérité des chapitres supplémentaires vu le potentiel de l’histoire. Croisons donc les doigts pour une suite ou une nouvelle envolée dans l’univers créé avec Le Syndrôme Finlandais.

N’y allons pas par quatre chemins, Zoulag : La Filière Sibérienne est un livre très sympa qui vous occupera quelques heures le temps d’un après-midi ou dans les transports. Même si la dernière page lue, vous risquez de l’oublier bien vite. l’histoire reste tout de même intéressante et bien racontée. Autant dire que nous aurions bien voulu prolonger un petit plus le plaisir de tracer sur les routes glacées de la Sibérie !

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