The Last Survivors, Saison 2 – Épisode 14

tls214

Épisode 14 – Survivre à tout prix

Jonathan vivait seul depuis des mois. Il préférait rester loin des hommes. Le monde était devenu froid et brutal ; les survivants s’étaient abandonnés à leur instinct animal, prêts à tout pour survivre. À quarante-et-un ans, il avait vu des choses abominables, des actes innommables. Il préférait presque la compagnie des zombies. Les morts n’étaient animés que par la faim et causaient mort et destruction dans cet unique but alors que les hommes usaient de tous les stratagèmes pour voler, piller et tuer.

Jonathan posa son arme au sol. C’était une batte de base-ball au bout de laquelle avait été fixée la lame d’une scie circulaire. Les dents s’étaient ébréchées avec le temps et commençaient à rouiller à cause du sang des zombies qu’il avait massacrés. C’était une arme redoutable.

Il fit basculer son barda par-dessus son épaule et creusa un trou dans le sol de la taille d’un ballon de football. Il l’entoura de pierres trouvées dans la forêt et y disposa branchages, brindilles et feuilles sèches. Puis il alluma le tout avec son briquet. Les flammes jaillirent aussitôt. Jonathan sortit ensuite de son sac les restes d’un lapin capturé deux jours plus tôt et disposa la chair sur un morceau de bois. Il le posa au-dessus du feu et patienta. Le déjeuner serait bientôt prêt.

***

Le soleil brillait au-dessus de la cime des arbres. Une légère brise avait réussi à pénétrer la forêt et se faufilait entre les branches. Elle rendait l’air froid et humide.

Après avoir terminé son maigre repas, Jonathan se reposait contre un arbre, les yeux fermés. Il était épuisé. La survie l’avait amaigri. Il ressemblait à un animal affamé toujours à la recherche de nourriture. Il ne se souvenait même plus de sa vie d’avant. Des brides de son existence passée traversaient de temps à autre son esprit comme un vieux film de cinéma. Elles paraissaient si lointaines. Aujourd’hui, c’était survivre ou mourir. Mais après la démence des morts-vivants et la folie des hommes, un troisième ennemi était apparu, encore plus sournois et pervers : la faim.

Jonathan s’était assoupi. Il avait baissé sa garde, mais en apparence seulement. Sa conscience restait éveillée, comme une alarme qui se déclencherait au moindre bruit suspect. Les nuits étaient très courtes et les moments de repos exceptionnels alors dès qu’il se reposait quelques instants, ses yeux se fermaient instinctivement. Il luttait chaque minute pour sa survie. Ces efforts l’épuisaient considérablement.

Des bruits étouffés bruirent tout à coup dans la forêt, arrachant brutalement Jonathan à ses rêves. L’homme se retourna quand le son résonna à nouveau tout autour de lui comme un écho l’alarmant d’un danger à venir. Il se releva à la hâte, éteignit le feu qui avait commencé à faiblir et rangea son barda. Il s’en alla ensuite sans chercher à savoir où se trouvait le danger. Il sortit de la forêt et longea la route.

La chaussée était presque entièrement recouverte de feuilles mortes. Sans l’Homme pour entretenir ses infrastructures, la nature reprenait peu à peu ses droits. Elle gagnait du terrain. Plus le temps s’écoulait, plus elle effaçait toute trace de l’Homme sur cette terre.

Affaibli, Jonathan traînait les pieds sur l’asphalte, repoussant les feuilles mortes à chacun de ses pas. Il marchait depuis des heures, tiraillé par la faim. Les restes du lapin n’avaient pas suffi à lui redonner des forces.

En haut d’un versant, il aperçut un groupement d’habitations. Leurs toits dépassaient de la cime des arbres. Jonathan hâta alors le pas, espérant y trouver de la nourriture. Il était trop faible pour chasser à nouveau et, même si fouiller des maisons ne l’enchantait pas, il y était obligé. Il n’espérait qu’une seule chose : ne pas tomber sur des survivants.

Les villes étaient devenues dangereuses. Les zombies y erraient à la recherche de chair fraîche et les survivants y vivaient, prêts à tout pour protéger leur territoire. Cependant, Jonathan n’avait pas le choix. Il devait y entrer s’il ne voulait pas mourir de faim.

Il traversa un pont et se retrouva à l’entrée de la ville. Des entrepôts entouraient la petite bourgade et des champs arides qui avaient été autrefois des exploitations florissantes s’étendaient à perte de vue. Les premières maisons bordaient la route.

Jonathan patienta quelques minutes, caché derrière un arbre. Il scrutait le moindre bruit, le moindre mouvement. Les maisons semblaient désertes, aucun signe de vie aux alentours ni de morts titubant dans les environs. L’homme hésita tout de même. Il ne voulait prendre aucun risque. Mais la faim était plus forte que tout. Il prit alors la direction de la maison et se présenta devant la porte. Elle était ouverte. Il frappa deux coups avec sa batte de base-ball et attendit quelques secondes. Rien. Le silence régnait, angoissant. Il entra.

La maison ressemblait plus à un champ de bataille qu’à une demeure habitée. Tout avait été retourné. Les placards avaient été vidés. Il ne restait rien. Pas une miette à se mettre sous la dent.

Déçu, Jonathan se dirigeait vers la sortie quand un grognement provenant d’une des pièces fermées retentit brusquement. L’homme jeta un œil par-dessus son épaule et s’éloigna de la demeure.

Il traversa la rue et s’immobilisa sur le perron d’une seconde maison. Il poussa lentement la porte avec sa batte et frappa à nouveau deux coups. Elle semblait déserte. L’homme entra alors dans un grand couloir qui s’ouvrait devant lui. Au fond, un escalier menait à l’étage supérieur.

La maison était dans le même état que la précédente. D’autres survivants étaient passés avant lui mais, la faim lui tiraillant l’estomac, il décida de visiter l’étage. Il savait pertinemment que c’était dangereux mais il était affamé. Il devait absolument trouver quelque chose : les restes d’un repas ou même un rat mort feraient l’affaire.

Il puisa dans ses ressources pour gravir les marches de l’escalier. Arrivé à l’étage, il frappa sa batte sur la rambarde pour attirer les morts mais rien ne se présenta devant lui. Il poussa alors la porte de la première pièce qu’il croisa. C’était une chambre d’enfant. Elle était étonnement bien rangée. Il la fixa un instant puis il s’éloigna.

Il entra dans la suivante et se figea subitement. Quelqu’un vivait ici. Des couvertures étaient allongées sur le sol. Un sac et une vieille casserole traînaient à côté. Jonathan fit quelques pas dans la pièce, s’accroupit face à la besace et l’ouvrit. Deux boites de conserves et une bouteille d’eau y étaient entreposées. Il souffla, soulagé. Un dernier regard autour de lui pour s’assurer que personne n’était présent et il rangea le butin dans son sac.

Il y avait aussi un canif et des vêtements sales. Une photographie pliée en deux traînait au fond du sac. Jonathan la sortit et la déplia. Elle représentait un couple souriant, assis dans l’herbe. Il la reposa et s’apprêtait à ressortir quand un bruit métallique provenant de la pièce adjacente à la chambre éclata.

Jonathan sursauta, les poils se hérissant sur ses bras. Il voulut partir mais ne put se résigner à franchir le seuil de la pièce. Il avait en tête la vision du couple souriant sur la photographie. Il savait cependant ce qui se trouvait de l’autre côté de la porte : c’était soit l’homme, soit la femme ou peut-être bien les deux. Il les imaginait aisément, transformés en macchabée prêts à lui sauter dessus dès qu’il aurait franchi la porte. Tétanisé, son esprit voguait entre la vision du couple et les bruits projetés hors de la pièce. Il était tiraillé entre son envie de s’enfuir et son besoin de comprendre ce qui était leur arrivé.

Il fit volte-face et se présenta devant la porte d’où provenaient les mystérieux bruits. Il tendit une main vers la poignée, l’autre tenant fermement sa batte, et l’ouvrit.

Un mort-vivant avait élu domicile dans la salle de bain contiguë à la chambre. Sa main était attachée à la tuyauterie du lavabo. Il tendait furieusement l’autre vers Jonathan en grognant. Ce dernier l’avait immédiatement reconnu. C’était l’homme de la photographie.

Jonathan resta planté sur le seuil de la porte, fixant le monstre qui s’acharnait sur ses liens. Cette vision le terrifia puis le plongea subitement dans un profond sentiment de compassion et de tristesse. Il aurait pu être à sa place, transformé en cannibale et enfermé pour l’éternité. Il s’identifiait à cette créature. L’avenir était obscur et il savait très bien qu’un jour il finirait comme elle.

N’éprouvant pas le besoin de mettre un terme à ses souffrances, Jonathan se retourna et prit la direction de la sortie. Le zombie tira plus fort sur ses liens, frustré de voir son repas s’en aller. Le rebord métallique des menottes scia son poignet et arracha sa main. Elle tomba mollement sur le sol. Il était libéré.

Sans sourciller, le monstre se jeta sur Jonathan qui le frappa sauvagement à la tête en se retournant. La lame de la scie se planta dans le visage du monstre. Un second coup coupa sa tête en deux.


<<Chapitre précédent

Liste des chapitres

Chapitre suivant>>

Pour suivre l’actualité de The Last Survivors, n’oubliez pas de liker sa page Facebook.

Share Button

Vous pourriez aussi aimer

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *