Critique de La Particule de Ray Lantset

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Après Enragés et 100 000 Canards par un Doux Soir d’Orage que j’ai récemment critiqués, je continue mon tour d’horizon de la littérature zombie française avec, aujourd’hui, une critique de La Particule de Ray Lantset. Tout comme Enragés, ce livre, sorti en juin 2014, nous avait échappé à cause d’une classification douteuse dans la catégorie Fantasy par son éditeur, les éditions Baudelaire. Mais, pour être honnête d’entrée, il aurait tout aussi bien pu rester dans l’ombre.

“John Carter, neurobiologiste émérite, n’a qu’une obsession : sauver son fils des ravages de la drogue. Après trois ans de recherche, il pense être arrivé au but. Mais son fils ne peut pas attendre plus longtemps car une nouvelle overdose l’a conduit à l’hôpital. John est convaincu que sa seule chance de rédemption est de lui administrer la Particule, sans attendre de nouveaux tests. Il est loin de se douter qu’il commet la pire erreur de sa vie…”

la particule ray lantsetEn matière de littérature, je ne suis pas la personne la plus difficile à convaincre et il est même assez rare qu’un livre me déplaise vraiment mais je ne m’en cache pas : cela a été le cas de La Particule. L’idée de partir du fait divers du zombie de Miami (un homme sous l’emprise d’une drogue avait dévoré le visage d’une autre personne) était certes intéressante mais l’ensemble du livre m’a semblé poussif et n’a que très rarement su m’intéresser.
Les personnages, tous en lien plus ou moins direct avec John, n’ont en effet presque aucun charisme et nous passons de l’un à l’autre sans réelle organisation, le tout entrecoupé par des scénettes censées nous présenter des aspects de l’épidémie souvent mal amenées. Nous nous retrouvons alors à suivre leurs aventures peu palpitantes alors que la fameuse particule à l’origine de l’apparition des zombies se repand un peu partout. On sent certes que l’auteur a souhaité rendre son livre aussi crédible que possible en nous dépeignant la propagation de la particule et ses conséquences sur les États-Unis (et le monde) mais nous sommes à des années lumières de la qualité d’un Pandémie, autant en terme de narration que de profondeur et de qualité de l’analyse. Vous l’aurez compris, j’ai donc eu beaucoup de mal à avaler les 400 pages de ce roman dont l’histoire n’apporte rien au genre même quand elle essaie de nous placer dans la peau des contaminés.

Mais le pire, pour moi, est que cette histoire déjà peu intéressante est en plus desservie par un style parfois vraiment maladroit. Si l’auteur parvient quelque fois à capturer l’attention de son lecteur avec des passages bien sentis, les passages vraiment fluides sont malheureusement assez rares et j’ai personnellement buté sur de nombreuses phrases à la syntaxe douteuse (comme des phrases avec des virgules à la place des points ou des formulations hasardeuses) sans compter un certain nombre de fautes, de mots manquants ou inversés qui parsèment le roman. En fait, la première phrase du livre est, il me semble, un exemple suffisant :

« Il se réveilla à six heures exactement, comme tous les lundis, rituel devenu pour lui immuable au fil des années et bien qu’il ait quitté le laboratoire de recherche expérimentale, il ne voulait pas changer ses habitudes »

N’aimant pas spécialement critiquer de manière aussi vive un roman, d’autant plus français et peu connu, je ne m’attarderai donc pas davantage sur La Particule qui, pour moi, est très loin du niveau d’un roman édité autant en terme de style que de narration, le suspense étant le principal absent du récit. À oublier.

3 commentaires

  1. galette dit :

    Une histoire de zombie et de particule, ça serait pas la bio de VGE ? pardon…

  2. lantonnois dit :

    Bonjour, je viens de lire votre critique et sur bien des points, je ne peux malheureusement qu’être d’accord avec vous. Il s’agit d’un premier roman, le dernier si je dois me fier à votre avis. Bien conscient, des nombreuses lacunes que comportent le roman et plutôt persévérant de nature, j’ai de nouveau fait publier mon roman avec un nouvel éditeur.
    Celui-ci a été prêt à retravailler gratuitement (hérésie peut-être) le texte avec moi. Je doute que vous voudrez le relire, mais pour les amateurs du genre, je vous supplie de lire au moins d’autres critiques que celle-ci.
    Je vous remercie tout de même d’être allé au terme de l’ouvrage mais me désole de ne pas avoir réussi à suscité chez vous plus d’émotions.
    Amicalement l’auteur et amateur comme vous du genre.

    1. Squeletor dit :

      Bonjour. Content d’apprendre que vous avez pu travailler avec un autre éditeur (le travail éditorial me semblait être de l’ordre du néant sur la version que j’ai lue), j’espère donc que votre livre rencontrera un plus grand succès et qu’il ne sera pas le dernier car, loin de moi l’idée de vous décourager dans l’écriture.

      Après tout, mon avis n’est qu’un avis parmi d’autres. Si Stephen King avait arrêté d’écrire après tout les refus qu’il a essuyés en début de carrière, il n’en serait pas là où il est aujourd’hui. Je ne peux donc que vous encourager à persévérer même si, effectivement, nous ne relirons pas le livre. Mais peut-être certains se laisseront-ils tenter par cette nouvelle mouture.

      Bonne continuation.

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