Critique de Welcome to Harmony

welcome to harmony

En janvier dernier, Panini Books faisait une première incursion dans le catalogue des Espagnols de Dolmen Editorial et nous proposait le premier tome de l’excellente trilogie Apocalypse Z de Manel Loureiro. Aujourd’hui, ils renouvellent l’opération avec la publication de Y pese a todo de Juan de Dios Garduño sous le titre de Welcome to Harmony, à savoir le même titre que l’adaptation cinématographique du film que nous pourrons découvrir prochainement. Seconde bonne pioche ou pas ?

“La troisième guerre mondiale a eu lieu. L’Humanité a presque disparu, décimée par des armes biologiques, et les rares survivants sont traqués par des morts-vivants conçus pour tuer. Dans la banlieue de Bangor, une simple rue sépare les trois derniers habitants de la ville. D’un côté, Jack et sa fille Lu. De l’autre, Patrick. Deux maisons retranchées derrière des défenses improvisées, deux maisons sous la neige, dans l’hiver sans fin du Maine… Loin de s’entraider, les voisins se vouent une haine farouche alors même que le monde semble toucher à sa fin. Mais alors que les morts-vivants sont de retour, poussant les familles dans leurs derniers retranchements, la survie de tous dépendra de leur capacité à surmonter leur passé…”

welcome to harmony couvertureAvec Manel Loureiro, nous avions pris l’habitude de voir les auteurs Espagnols nous amenaient avec une facilité déconcertante d’une situation incroyable à une autre et à nous faire voyager sur des longues distances, un peu comme un Z.A Recht ou Craig Dilouie. Pourtant, si Welcome to Harmony n’a pas l’ampleur ni les ambitions scénaristiques d’Apocalypse Z, ce roman ne manque pas d’intérêt.
En effet, dans Welcome to Harmony l’intégralité de l’action se déroule dans le cadre enneigé d’une petite ville, servant de décor à un huis-clos glacial où seuls trois survivants font ce qu’ils peuvent pour s’en sortir. Dans la première partie du roman, sans prétention ni danger pour les personnages, nous apprenons ainsi à les connaître peu à peu découvrant Jack et sa fille dans l’intimité familiale de leur petite maison barricadée tandis que de l’autre côté de la rue Patrick survit dans la solitude. C’est justement dans les relations entre les deux hommes, qui se vouent une indicible haine, que Juan de Dios Garduño parvient habilement à injecter pas mal d’originalité dans son récit. Cette étrange situation où un si petit nombre de survivants est déchiré de la sorte, dans un cadre original et hivernal, parvient en effet à intéresser rapidement le lecteur qui sait pertinemment que le danger approche et attend avec impatience de découvrir comment les relations entre les personnages vont évoluer avec l’histoire.

“Il partit en courant vers la pinède, aiguillonné par les hurlements qui s’élevaient çà et là. Il savait maintenant pourquoi les passagers des premiers autobus avaient disparu. La forêt était jonchée de cadavres. Il piétinait des membres amputés, des têtes coupées, des entrailles déjà froides. Des hommes, des femmes, des enfants…”

Y pese a todoQuand les créatures font enfin leur apparition, nous passons très vite d’un huis-clos psychologique à un véritable roman d’horreur. À ce titre, il est difficile de parler de zombies dans Welcome to Harmony, dans la mesure où, même si les monstres sont des humains mutants, leurs transformations en font davantage des espèces de gargouilles affamées. Quoiqu’il en soit, ces créatures permettent de vrais moments de tension notamment lorsqu’en quelques pages Patrick se fait attaquer de manière soutenue alors que Jack raconte sa première rencontre avec les monstres. Deux chapitres vraiment intenses.

“Des ailes noires, membraneuses, une partie du dos foncé et velu… Apparemment, elle fouillait dans les tiroirs d’une commode, dont elle balançait au fur et à mesure le contenu – des vêtements d’été, principalement – au-dessus de sa tête. Ces affaires s’accumulaient au pied du lit de Patrick. Jack leva son arme lentement, très lentement, en retenant sa respiration. Puis il colla tout doucement sa joue contre la crosse glacée de la carabine, ferma son œil droit, appuya très légèrement sur la gâchette. Il y eut une détonation…”

Je regrette toutefois que les derniers assauts du roman manquent un peu de panache à cause du côté réfléchi des monstres qui plutôt que d’attaquer sans cesse les défenses de nos héros, comme de vrais zombies, préfèrent patienter et planifier un siège, d’autant que tout cela amène à une fin qui m’a quelque peu déçu. Dommage pour un one-shot si bien maîtrisé.
Côté style, ayant lu l’ouvrage en VO, je dois avouer avoir particulièrement aimé la fluidité et la gestion parfaite du rythme de Juan de Dios Garduño et ne saurais dire avec certitude, après un simple survol de la traduction française, si tout cela s’y retrouve. Mais les traducteurs de chez Panini Books étant particulièrement compétents et nous le prouvant régulièrement, je n’en doute pas.

Welcome to Harmony est donc une lecture agréable et recommandable pour quiconque voudrait s’enfuir de l’ambiance étouffante et survitaminée de certains ouvrages zombies pour s’enfoncer dans un huis-clos enneigé et parfaitement maîtrisé avec ses étranges gargouilles.

1 commentaire

  1. Pomy dit :

    tout juste fini et je l’ai trouvé très plaisant.
    les personnages sont attachants, on prend plaisir à suivre leur calvaire.

    je recommande.

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