The Last Survivors, Saison 2 – Épisode 22

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Épisode 22 – Laissé pour mort

Des bruits de pas arrachèrent brutalement Jonathan à ses rêves. Son cœur trembla. Le système d’alarme qui le maintenait à demi conscient la nuit avait retenti dans son esprit, comme l’écho indésirable le prévenant d’un danger à venir. Il se redressa alors que les bruits résonnaient devant lui. Le regard fixe, plongé dans l’obscurité de la forêt, il ramassait lentement la batte posée sur le sol quand un mort-vivant bondit tout à coup hors de la pénombre et se jeta sur lui. Emporté dans son élan, le monstre fit chuter Jonathan qui perdit son arme.

Le nez du macchabée avait été arraché. Un trou béant se trouvait en plein milieu de son visage émacié d’où s’écoulait une étrange substance verdâtre. Ses dents noircies s’entremêlaient sur ses gencives sanguinolentes. Il n’avait plus de lèvres, dévorées dans un moment de rage, ce qui lui donnait un aspect presque ridicule. Un sourire, comme celui du Joker, s’était dessiné bien malgré lui sur son visage. Quand il ouvrait la gueule pour grogner, il donnait l’impression de rigoler.

Jonathan chercha à se relever mais la créature était déjà sur lui. Elle agrippait son t-shirt et tentait de le tirer vers lui. La mâchoire du monstre se rapprochait dangereusement du visage de Jonathan. Il essayait de le maintenir à distance en le repoussant avec ses mains mais le macchabée était puissant. Ses dents pourries n’étaient plus qu’à quelques centimètres de lui quand le berger allemand apparut tout à coup et bondit sur le zombie en aboyant. Surpris, ce dernier lâcha prise, tituba en arrière et tomba lourdement au sol. Le chien se jeta à nouveau sur lui. Il referma sa gueule sur son visage en grognant. Le mort tentait de se débattre mais l’animal ne lâchait pas prise. Il le secoua comme un pantin désarticulé jusqu’à ce qu’il ne bouge plus. Il cessa alors son déferlement de colère tandis que Jonathan ramassait son arme, les yeux posés sur l’animal.

La gueule imbibée du sang du macchabée, le berger allemand fixait Jonathan avec insistance. L’homme patienta quelques secondes, prêt à frapper si l’animal se transformait, mais il ne changea pas. Le virus n’était pas transmissible aux animaux. Jonathan le savait mais il voulait en être certain. Il baissa alors sa garde, s’agenouilla et l’appela. Le chien accourut vers lui en gémissant et se frotta contre sa poitrine.

—    C’est bien mon chien, dit Jonathan en le caressant. C’est bien.

***

Jonathan avait repris la route, accompagné de son nouveau compagnon de fortune. L’attaque du mort-vivant était un signe qu’il ne devait pas rester dans les environs. Les zombies ne marchaient que rarement seuls. Ils erraient en groupe, sans même s’en rendre compte, animés par une faim commune.

Jonathan poursuivait son chemin sur la nationale, toujours en direction du sud. Les étoiles scintillaient dans le ciel. Leur positionnement lui indiquait qu’elle heure il était. Il devait être 21 heures – 21 heures trente. Jonathan avait appris à se repérer grâce aux étoiles alors qu’il était encore enfant. Son oncle, qui avait pris soin de lui après la mort de ses parents, lui avait enseigné l’astronomie. Ils restaient de longues heures, assis sur la véranda du premier étage de leur maison, à observer le ciel. C’était un des passages de son existence qu’il regrettait le plus. Il aurait tout donné pour revivre ces moments de bonheur. Il aurait tout sacrifié. Mais le monde en avait décidé autrement.

Après presque une heure de marche, il sortit d’un virage en épingle et s’immobilisa tout à coup. Le berger allemand se figea à son tour. À une centaine de mètres devant eux, un véhicule était arrêté au milieu de la chaussée, les feux de détresse clignotant dans le noir. Ils perçaient l’obscurité tels les yeux d’un monstre sorti tout droit d’un roman de Stephen King. Jonathan s’agenouilla pour réfléchir. Le chien tournait autour de lui, la langue pendant hors de sa gueule en attendant qu’il se relève.

Jonathan ne comprenait pas pourquoi les feux clignotaient. Personne ne faisait plus ce genre de chose aujourd’hui. On croisait rarement des gens sur la route et à moins de vouloir attirer quelqu’un, allumer ses feux de détresse était inutile.

Jonathan patienta une minute, peut-être deux, avec la conviction que c’était bel et bien un piège. Il regarda tout autour de lui. L’endroit semblait désert. Seul le bruissement du vent parvenait à percer le silence des lieux. À cet instant, trois solutions s’offraient à lui : rebrousser chemin, s’enfoncer dans la forêt pour contourner le véhicule ou continuer d’avancer. La nuit, la route était le chemin le plus sûr. La forêt grouillait de morts-vivants et dans le noir, il était difficile de les apercevoir. Hors de question de s’écarter de la nationale et rebrousser chemin était impossible. Il n’y avait plus rien derrière lui. S’il voulait survivre, il devait absolument continuer à avancer.

Il se redressa alors en serrant la batte entre ses doigts et poursuivit sa route. Son cœur battait fort. Son esprit passait en revue toutes les situations possibles alors que ses pas le conduisaient irrémédiablement vers l’inconnu. Le chien avait pris de l’avance et reniflait déjà les pneus du véhicule en agitant la queue dans tous les sens.

Jonathan jeta un œil rapide à l’intérieur du véhicule. Il ouvrit lentement la portière et éteignit les feux de détresse. Il remarqua alors l’attitude étrange de son nouveau compagnon de route. Il s’était immobilisé, le museau pointé vers l’obscurité de la forêt. Il aboya une fois. Puis deux.

—    Qu’est-ce qui se passe, mon beau ?

Jonathan parcourut le bois d’un regard inquiet mais ne parvint pas à percer l’obscurité. Il avait l’impression qu’on l’observait. Il s’apprêtait à partir quand un coup feu retentit bruyamment. Jonathan se figea alors que le son assourdissant se propageait dans la nuit. Son corps trembla d’effroi. Il se tourna. Ses yeux s’écarquillèrent subitement. Le chien était étendu au sol, un trou dans la tête. Sa cervelle avait éclaboussé le bitume et une des roues du véhicule. Il était mort.

—    Pose ta batte ! s’éleva une voix menaçante depuis la forêt.

Jonathan ne comprenait pas ce qui se passait. Affolé, ses yeux quadrillaient les environs à une vitesse vertigineuse. Un nouveau coup de feu résonna, plus menaçant.

—    Pose ton arme !

Pris au piège, Jonathan  s’exécuta.

—    Ecarte-toi de la bagnole !

Il obéit sans broncher, terrorisé. Un homme, le visage sévère, sortit du bois, son fusil braqué sur Jonathan. Un adolescent le suivait, un revolver à la main. Il semblait terrifié.

—    Ecoutez… bredouilla Jonathan en levant les mains. Je veux pas d’histoire.

—   Donne-moi ton sac ! ordonna l’homme en agitant nerveusement l’arme devant lui.

—   Quoi ?

—   Ton sac, putain !

Voyant la situation lui échapper et sous la menace de l’homme, Jonathan fit basculer son sac par-dessus son épaule.

—    Vous pouvez pas faire ça ! Ce sont mes seules provisions.

—    Ta gueule ! hurla le type.

Jonathan balança le sac au pied de l’homme. L’adolescent se jeta littéralement dessus et s’empressa de l’ouvrir.

—    Il y a à manger, papa ! s’exclama-t-il en souriant.

—   Très bien, dit l’homme sans détourner son regard de Jonathan. Maintenant, tes vêtements.

—   Quoi ?

—   Enlève tes fringues ! Tout de suite !

—   Mais papa… rétorqua le jeune garçon en se relevant.

—   C’est une leçon que tu dois apprendre, fils. Ne jamais laisser à ton adversaire la moindre chance de te faire la peau.

—   Mais regarde-le. Il tient à peine debout.

—   Aucune pitié.

L’homme tira en l’air en répétant :

—    Tes fringues !

Contraint de lui obéir, Jonathan retira ses chaussures et ses chaussettes, puis son tee-shirt et son pantalon et les jeta au sol. L’adolescent les ramassa aussitôt.

—    Ça aussi ! dit l’homme en pointant son caleçon avec le fusil.

Jonathan l’enleva et se retrouva nu.

—    Pitié… Je vais mourir comme ça.

L’homme se pencha et pris le caleçon alors que son fils montait dans le véhicule.

—    Pitié, lâcha Jonathan, les yeux noyés de larmes.

Le type rejoignit l’adolescent sans un regard pour sa victime. Il mit le contact et le véhicule s’éloigna de Jonathan, le laissant seul, voué à une mort certaine.


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