Critique de Dark Souls

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Depuis quelques années les oeuvres zombies en provenance des pays nordiques se multiplient. Pas forcément très inspirées comme Dead Snow, la comédie norvégienne avec des zombies-nazis, ou au contraire très originales, comme le roman suédois Le retour des morts de John Ajvide Lindqvist, ces oeuvres sont souvent surprenantes. Surprenant, un adjectif qui qualifie très bien le film norvégien Dark Souls (aka Zombie Driller, Mørke sjeler), cet étrange croisement entre polar et film de zombies qui s’inscrit pleinement dans la lignée des films suscités. Avec Dark Souls on retrouve toutefois deux français à la réalisation César Ducasse et Mathieu Peteul dont la Norvège est le pays d’adoption. Alors les français font-ils mieux en matière zombie à l’étranger ?

Lors de son jogging dans les bois, une jeune femme se fait violemment agresser par un homme en combinaison orange. Il lui troue alors le crâne à l’aide d’une perceuse et laisse le cadavre sur place. Étrangement, après avoir été déclarée morte et emmenée à la morgue, la jeune femme se réveille et retourne chez elle où son père, Morten, la retrouve presque inerte dans un état végétatif. Lorsque elle se met à vomir une substance noirâtre, il comprend que quelque chose de grave lui est réellement arrivé. Face à une police incompétente et à un nombre grandissant de victimes, il décide de partir à la recherche du tueur.

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Avec un pitch assez ahurissant, Dark Souls est en effet un OVNI parmi les films de zombies. Et pourtant, ce pitch ne contient qu’une partie des surprises que compte le long métrage. La construction du film n’en est d’ailleurs pas moins surprenante ; car si au départ l’histoire s’articule comme un polar, avec dès les premières séquences la première agression et l’intervention de la police, le film tombe rapidement dans le drame familial pour revenir dans son ultime partie au polar, mêlant gore, action et fantastique. Chaque partie du film contient ainsi son lot de scènes assez perturbantes et souvent décalées comme celle où Morten reçoit une amie de sa fille alors qu’il vient juste de plastifier son appartement pour éviter que les vomissements incessants de sa fille ne salissent tout. Ce genre de situation est d’ailleurs mis en valeur par le travail soigné des deux réalisateurs qui n’hésitent pas à adopter des prises de vues réussies à l’image de la scène où la caméra devient les yeux d’une des victimes du tueur.

Mais le plus perturbant pour le spectateur est le message véhiculé par le film. Certes chacun peut interpréter le film de nombreuses façons, mais les deux réalisateurs offrent avec Dark Souls une critique intéressante et originale de l’économie Norvégienne et mondiale (proche de la théorie de la maladie hollandaise). Ce fluide noir que les zombies vomissent symbolise ainsi le pétrole, cet or noir pour lequel le gouvernement norvégien n’a pas hésité à sacrifier des dizaines d’hommes pour effectuer des forages en mer profonde. Ce liquide précieux s’immisce ainsi dans les corps des zombies, par le biais de la perceuse qui représente le forage, et détruit la vie d’innocents à l’image de Morten. Les réalisateurs comparent d’ailleurs l’infection à un cancer qui se propage dans le corps, comme le pétrole le fait dans l’économie mondiale. Ce message sous-jacent permet de rendre le film plus profond et renforce ainsi son ambiance glauque et collante

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Toutefois le film compte un certain nombre de défauts. Ainsi des lenteurs ponctuent le récit, certaines prises de vue sont bien trop sombres pour qu’on discerne clairement l’action et les incohérences sont légions. On ne comprend ainsi pas comment Morten, un simple prof de musique, réussit à retrouver le tueur alors que la police patauge dans son enquête. Pire, lorsque Morten se présente à la police avec des photos du tueur, l’inspecteur en charge de l’affaire le congédie gentiment sans prendre en compte son témoignage. On a également assez de mal à comprendre les motivations derrière ces meurtres. Enfin, malgré des effets gores et des maquillages réussis, les courses poursuites et les combats ne sont pas du tout convaincants.

Décortiqué, Dark Souls est criblé de défauts mais l’impression générale qui s’en dégage est inattendue et par de nombreux aspects séduisante. Un film à réserver aux plus curieux d’entre vous.

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