Critique du film Zombie Planet / Eaters

Zombie Planet

Alors que les réalisateurs italiens, comme Lucio Fulci ou Bruno Mattei, étaient très friands de films de zombies dans les années 80, une nouvelle génération menée par les deux réalisateurs de Eaters, Luca Boni et Marco Ristori, a aujourd’hui repris le flambeau. Toutefois, loin d’être seuls dans leur aventure, ils sont accompagnés par un certain Uwe Boll, souvent considéré, en tant que réalisateur, comme le roi du nanar. Mais Boll, ne se contentant pas de son rôle de réalisateur, est aussi producteur. Or, avec Eaters, on ne saurait soutenir qu’Uwe Boll ne produit que des nanars.

Dans un futur proche, alors que toutes les femmes sont devenues infertiles, le taux de natalité est tombé à zéro. Face à cette crise mondiale, de nombreux chercheurs se sont mobilisés. Toutefois, quand un groupe de scientifiques met au point une substance capable de réanimer les cellules mortes, pensant avoir trouvé une solution, une nouvelle crise débute : le monde est rapidement envahit par les zombies.

L’histoire se focalise sur un groupe de survivants retranchés dans un laboratoire entouré de barrières électrifiées et qui espèrent retrouver celui qui se dit être à l’origine de l’épidémie dans un message radio-diffusé. Ainsi, nous suivons un duo de survivants : Igor un badasss vraiment violent a l’humour noir et Alen un homme zen et réfléchi. Le rôle de ces derniers est de fournir des zombies vivants à Gyno, un ancien chercheur qui tente de comprendre ce qu’il s’est passé en menant des expériences de boucher sur ces spécimens. D’ailleurs, alors qu’Igor est exaspéré de devoir s’occuper de cette tâche ingrate, Alen, dont la femme est contaminée, veut croire que le chercheur a des chances de trouver un remède. Ainsi, à nouveau envoyés négocier des zombies avec des néo-nazis qui se sont installés non loin de là, ils vont tomber sur la piste du prétendu responsable de la crise. La traque commence alors.

Zombie Planet

Un road-trip assez bordélique dans une ambiance malsaine
Le film prend rapidement la forme d’un road-trip. En effet, alors qu’Alen et Igor sont envoyés chercher des zombies, ils vont franchir tour à tour les obstacles, affrontant des zombies et un gang néo-nazis, le tout conférant un rythme en dents-de-scie au film. Ainsi, même si le scénario est riche en dialogues amusants et travaillés, le film manque d’une véritable trame centrale à laquelle s’en tenir, on a l’impression de se contenter de suivre deux survivants dans des aventures indépendantes. En effet, les différentes intrigues développées en parallèles rendent l’histoire parfois assez difficile à suivre ce qui rend le tout assez bordélique.
Malgré tout, les auteurs ont réussi à instaurer une ambiance assez malsaine. Ainsi, dès les premières minutes, alors que l’on fait la connaissance du groupe de survivants, l’usage de plans resserrés, de dialogues acérés mais aussi de couleurs très sombres, avec des filtres orangés sympathiques, met en exergue la dureté des relations entre les personnages. On plonge alors dans le glauque de leur vie quotidienne, dans une atmosphère poisseuse, dans laquelle ils sont obligés de se supporter et de participer aux boucheries de Gyno. A ce titre, les recherches du docteur contribuent en grande partie à créer un environnement malsain pour le film. En effet, celui-ci développe tout au long du film un nouveau leit motiv. Il croit fortement en l’avènement d’une race supérieure en croisant zombies et vivants ce qui le pousse à enchaîner les pires horreurs.

Zombie Planet

Des interprétation de qualité pour des personnages hauts en couleur
La galerie de personnages, tous différents et assez originaux même si fleurtant avec les stéréotypes, constitue un des intérêts du film. Par exemple, les héros Alen et Igor sont attachants du fait de leur désinvolture tandis que leurs nombreuses conversations apportent un plus à l’œuvre. A ce titre, Igor, le plus badass des deux, interprété avec talent par Alex Lucchesi, conférant à ce personnage tout son charisme, nous gratifie de nombreuses répliques cinglantes et souvent amusantes. De plus, à travers différents personnages à l’image d’un fou qui négocie des têtes de zombies pour les peindre, les réalisateurs ont réussi à accroître l’ambiance morbide du film tout en y ajoutant une touche burlesque mais jamais stupide.

Zombie Planet

Une photographie soignée au service de la mise en scène
Enfin, il faut noter que malgré un budget d’à peine plus de 70.000 $, Eaters n’a rien à envier à de plus grosses productions tellement le parti pris est intéressant. En effet, l’aspect visuel du film est l’un de ses points forts. Même si les décors sont classiques des séries B : hangars abandonnés, zones désaffectées… les prises de vues qui en sont faites sont fortement sympathiques. Ainsi, on ne peut que s’incliner en voyant comment les réalisateurs s’en sont tirés avec si peu d’argent.
De la même manière, le maquillage des zombies, sans être toujours très convaincant, assure un service après vente des plus satisfaisants et soignés. Ainsi, les zombies ont des apparences plaisantes et variées qui apportent un plus au film.

Au final, Eaters est un film plutôt soigné qui devrait en surprendre plus d’un à la vue de son budget. Une œuvre divertissante aux personnages que l’on apprécie de voir évoluer mais avec quelques longueurs et chutes de rythme. Espérons que ce trio, producteur-réalisateurs, arrivera à faire aussi bien, voire mieux, avec Zombie Massacre.

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