Critique La nuit des morts-vivants : Ré-animation 3D

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George A. Romero a commis plusieurs erreurs dans sa vie de réalisateur : d’abord il s’est obstiné dans la voie zombie après la nullité de son Diary of the Dead ce qui l’a mené à tourner le pathétique Survival of the Dead mais surtout, il a laissé son chef d’oeuvre, La nuit des morts-vivants (1968), devenir libre de droits. Ainsi, si ce film formidable est la propriété de tous, au sens qu’il n’appartient à personne, cela a mené à une appropriation du titre mythique de l’oeuvre par de nombreuses créations loin d’égaler leur exemple. Certes, en matière de cinéma, on a eu le droit à quelques bonnes surprises, comme le remake de Tom Savini en 1990, mais en règle générale, s’approprier ce titre revient à avouer que son film ne vaut rien en tant que tel (La nuit des morts-vivants 3D, Night of the living dead: Resurrection etc). La nuit des morts-vivants : Re-animation 3D ne contredit en rien cette règle.

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Depuis la mort de son père, Gerald Tovar Junior doit gérer seul le service funéraire familial. Plus rien ne va dans sa vie : les clients sont de plus en plus insatisfaits du travail de son équipe de bons à rien, son frère qu’il n’avait pas vu depuis des années revient dans l’espoir de toucher sa part de l’héritage familial afin de payer ses dettes mais pire encore, les cadavres commencent à se réveiller à la morgue. Obligé de condamner le crématorium dans lequel il stocke les corps dans le plus grand secret, ses cachotteries ne vont pas durer longtemps.

C’est donc 6 ans après son premier bousin, La nuit des morts-vivants 3D, que Jeff Broadstreet, qui n’avait réalisé aucun film depuis, a décidé de récidiver. Toutefois, ces 6 longues années loin du genre zombie n’ont pas été suffisantes pour faire de lui un réalisateur talentueux. Comme lors de son précédent film, il nous propose un scénario qui ne décolle jamais, une multitude de personnages affligeants et une réalisation plus que banale.

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Ainsi, alors que le film démarre doucement nous présentant le personnage de Gerald Tovar Junior, le propriétaire du service funéraire, et son lieu de travail, on se met rapidement à penser au splendide Dellamorte Dellamore et à son personnage de gardien de cimetière dont les pensionnaires reviennent régulièrement à la vie. Pourtant la comparaison s’arrête là car, là où Michele Soavi avait réussi à faire de son personnage un être attachant et singulier, on se retrouve à suivre ici un héros mou et ennuyeux. Les longueurs des premières minutes s’avèrent ainsi être le rythme de croisière du film et ce n’est pas l’arrivée du frère de Gerald, avec son histoire ridicule de dette et d’héritage, qui saura intéresser le spectateur. Celui-ci attend alors patiemment l’arrivée des premiers zombies, espérant en voir surgir autant que sur la jacket du film, et c’est de nouveau la désillusion. A part un pauvre zombie égaré qui sera éliminé aussi rapidement qu’il apparaît, les zombies se résument aux quelques corps entassés dans le crématorium qui ne représenteront qu’une menace minime à la fin du film. A ce titre, ce manque de zombies est d’autant plus frustrant que Jeff Broadstreet nous propose des zombies extrêmement lents dans la tradition romérienne (qui personnellement sont mes préférés) et que les maquillages sont plutôt réussis.

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Pour compléter le tableau, les acteurs offrent des interprétations qui finiront de lasser le spectateur. Pourtant, le casting comptait en son sein des acteurs vraiment connus du cinéma d’horreur. D’abord Andrew Divoff (Lost, Wishmaster, The Rage) dans le rôle de Gerald Tovar Junior qui essaie tant bien que mal de donner un peu de relief à son personnage sans grande réussite. Son rôle de scientifique psychopathe dans le film de zombie The Rage en 2007 était presque plus convaincant. C’est dire.
Dans le rôle du frère, on retrouve Jeffrey Combs (le grand Herbert West dans Re-animator !) qui se dédie depuis quelques années au doublage de films d’animation, et qui n’apporte malheureusement rien au film. Enfin parmi la pléiade de personnages secondaires, tous aussi navrants qu’inutiles, on retrouve notamment une assistante gothique nécrophile (Robin Sydney dont le seul rôle est d’apparaître en petite tenue chevauchant un cadavre), un assistant fumeur de joins (Adams Chambers qui était déjà apparu dans La nuit des morts-vivants 3D), une nouvelle assistante et son application nauséeuse (Sarah Lieving) et la secrétaire de la morgue qui s’avère être le zombie le mieux exploité, après son sacrifice anticipé dans le film.

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Enfin, il faut mentionner la présence agaçante d’effets numériques complètement ratés (pour les impacts de balles notamment) ainsi que d’un certain nombre d’incohérences comme les munitions illimitées ou le comportement du héros : pourquoi ne pas détruire le cerveau de tous les corps avant qu’ils ne se réveillent ? Les relents de cadavres ont certainement dû lui ronger le sien…

En fin de compte, La nuit des morts-vivants : Re-animation 3D partait sur de bonnes bases avec un casting solide et une mise en situation intéressante, avec ce héros croque-mort et son petit problème de zombies, mais ne parvient jamais à emballer le spectateur, le laissant perpétuellement dans l’attente. Une attente pénible qu’il serait dommage de vous infliger.

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