Critique de Brainless de Jérôme Noirez

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Avec la sortie de Brainless le 21 mai dernier, l’éditeur Gulf Stream lançait sa nouvelle collection Électrogène laissant l’honneur à l’auteur français Jérôme Noirez d’ouvrir le bal avec une œuvre originale, un peu touche à tout et, à vrai dire, pas vraiment zombie. Alors pourquoi en parlons-nous sur MZC ? Tout simplement car, au-delà de sa couverture et de son titre, Brainless est vendu comme un livre de zombies à part entière mais également car son auteur, lui-même, comme il nous le prouve à la fin du roman, est convaincu que son héros est bel et bien un zombie. En fait, Jason, le personnage principal que tout le monde surnomme Brainless, n’est rien d’autre qu’un simple mort-vivant avec un appétit certain pour les abats et la viande crue. Un ado presque comme les autres. Une parfaite image de l’inadapté social qui perd ses moyens cognitifs dès lors qu’il ne se sustente pas, que l’auteur place au cœur d’une histoire aux branches multiples.

brainless jerome noirezEn effet, Brainless n’a pas vraiment de ligne directrice et si nous suivons principalement Jason alors qu’il entre au lycée, juste après avoir été victime du SCJH, un syndrome créé pour qualifier les adolescents revenant d’entre les morts après leur décès, l’histoire est loin de ne s’intéresser qu’à lui. Jérôme Noirez nous présente ainsi une galerie de personnages ouvertement caricaturaux entre la pimbêche, le garçon en surpoids mais gentil, le capitaine de l’équipe de football beau gosse ou encore la fille gothique et nous présente tour à tour leur vie d’adolescents typiques. Le récit alterne ainsi entre chapitres à la troisième personne dédiés à ces différents personnages et les “Confessions de Jason” où Brainless nous raconte, à la première personne, comment il est devenu un “zombie”. Ce sont d’ailleurs ces confessions que j’ai personnellement le plus appréciées, celle-ci nous plaçant davantage dans la tête d’un “zombie” et nous confrontant à ses problèmes quotidiens entre son désarroi de perdre ses facultés mentales ou encore son besoin de s’injecter du formol pour ne pas pourrir… Rien de bien nouveau cependant dans le milieu zombie, notamment si vous avez déjà lu des ouvrages comme Mister Funk on encore Comment j’ai cuisiné mon père, ma mère et retrouvé l’amour.

jerome noirezConcernant l’histoire principale, celle de Brainless fait toutefois très certainement honneur aux ambitions de la collection Électrogène de réunir des œuvres de fiction hétérogènes, électriques et érogènes, le tout sans censure. En effet, au travers des différents parcours des personnages qui finissent inlassablement par se croiser au gré de péripéties plus au moins intéressantes, l’auteur n’hésite pas à aborder des thématiques comme la drogue, le sexe ou encore, de manière plus surprenante, les tueries en milieu scolaire. D’ailleurs, si tout finit par converger pour une fin allant peu trop vite en besogne, cette plongée auprès de deux garçons préparant une fusillade dans leur lycée m’a particulièrement plu ; sorte de version littéraire du film Elephant qui retrace le parcours des lycéens responsables de la fusillade du lycée Columbine en 1999.

De plus grâce à une plume habile et un certain sens de l’humour, distillé tout au long de son ouvrage, Jérôme Noirez arrive à nous faire naviguer dans son roman avec un véritable plaisir, ce qui est, après tout, la principale chose que nous demandons à un romancier.

En fin de compte, si vous n’êtes pas loin de l’overdose de romans de zombies traditionnels et que vous avez envie de vous éloigner du genre tout en gardant cet arrière goût de cervelle bien fraîche qui nous plaît tant, Brainless est un choix judicieux qui vous réservera pas mal de surprises. Brainless annonce donc avec un certain succès la couleur d’une collection qui ravira certainement ses lecteurs. Pour nous, amateurs de zombies purs et durs, espérons par contre qu’un one-shot vraiment zombie y fera son entrée dans les années à venir.

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