Critique de Manga of the Dead

manga of the dead

Ce n’est plus un secret pour personne : les comics américains n’ont plus le monopole de la bande-dessinée zombie et pour cause, le Japon et même la France, avec nos chers Olivier Peru et Sophian Cholet, produisent d’excellentes histoires zombies. Jusqu’à présent, en France, nous n’avions pas beaucoup d’œuvres nippones à nous mettre sous la dent : Highschool of the Dead, Le Berceau des Esprits et I Am a Hero faisant partie des rares mangas à avoir été traduits dans notre langue. Aujourd’hui, nous allons parler de Manga of the Dead, une anthologie d’histoires courtes japonaises sortie aux éditions Tonkam et qui se veut un véritable hommage au genre zombie.

Ce recueil nous propose huit histoires dessinées et scénarisées par différents artistes japonais, une belle occasion de découvrir différents regards sur le phénomène zombie.

And I love her

Manga of the Dead est dans l’ensemble agréable à lire même si on peut être quelque peu déçu de ne pas profiter davantage de la mythologie zombie orientale. En effet, la plupart des histoires nous présentent des cas de figures et des types de zombies que l’on côtoie régulièrement dans les œuvres zombies occidentales. Le lecteur ne perdra pas ses repères tant les thèmes de certaines histoires sont classiques : la vie déchirée d’une famille forcée de cohabiter avec des proches désormais infectés (Ne vivez pas avec des cadavres, les enfants, And I love her), les combats de personnes lambda contre des morts-vivants (Le jeune zombie) etc… Heureusement, quelques éléments nous permettent néanmoins de profiter du folklore nippon comme les lieux de cultes (Le sanctuaire qui ressuscite les morts) ou encore les petites culottes (Dead and fail to die) nous rappelant ainsi que nous lisons bien un manga et non un comic ou une BD franco-belge.

Dead and fail to die 

Malgré son manque d’originalité, cette anthologie nous propose plusieurs histoires prenantes dont certaines vraiment funs. Par exemple, Le jeune zombie nous projette dans un avenir proche dans lequel un jeune homme encore vierge et un peu looser sur les bords cherche à être employé dans une morgue. Ici, nous avons droit à du comique (comme lorsque le bleu se retrouve armé jusqu’aux dents au milieu d’une horde) et même à un peu de pornographie ce qui explique son classement dans la section “Young” aux côtés de Ichi the Killer ou Gantz.
D’autres histoires en revanche misent tout sur une ambiance malsaine. Avec Ne vivez pas avec des cadavres, les enfants, par exemple, on entre directement dans le vif du sujet. Ici, pas d’accident ou de morsure d’un inconnu, nous prenons le train en marche. Un père de famille a été contaminé, tout en sachant que sa fin est proche, il donne les dernières consignes de survie à ses deux enfants avant de rejoindre sa femme pour se faire dévorer devant les yeux de ses chers chérubins. Les deux enfants sont alors obligés de vivre avec leurs parents transformés dans une pièce voisine et tentent même de les nourrir.
Cette histoire est très prenante et grâce à l’innocence de ce frère et sa sœur, nous découvrons comment des personnes candides peuvent réagir face à une épidémie zombie. Leur amour (ou leur stupidité, comme vous voulez) va les pousser à imaginer certaines choses que vous, en tant que lecteur avisé, ne feriez certainement pas.

Ne vivez pas avec des cadavres les enfants 

A ce titre, Manga of the Dead contient également des passages profonds avec de véritables réflexions sur la vie sans les êtres qui nous sont chers. Le sanctuaire qui ressuscite les morts nous permet de suivre Shimada, un jeune homme capable de voir les morts alors qu’un de ses vieux professeurs lui a fait parvenir ses notes dans lesquelles il lui apprend qu’il a ressuscité sa femme. Ici, nous découvrons comment l’égoïsme et l’amour peuvent conduire à des actes immoraux. Cette passion dévorante a poussé le professeur à commettre l’irréparable, un acte choquant qui pousse le lecteur, alors profondément impliqué dans l’intrigue, à réfléchir sur ses choix : à sa place, aurions-nous fait la même chose ?
Parmi les thèmes abordés nous retrouvons également le clivage qui peut parfois se creuser entre les adolescents et le reste du monde. La méchanceté et la cruauté des adultes sont ainsi dépeintes, avec une vision pessimiste mais pertinente, comme autant de virus qui, comme dans Dead and fail to die ou And I love her, contaminent une jeunesse désormais emprisonnée dans un monde qui la dépasse. Autant de thèmes qui nous font aimer le genre zombie et qui vont au-delà du simple zigouillage de morts-vivants.

Fight of the living dead

Du côté des dessins, avec des styles propres à chaque auteur, leur qualité est tout aussi inégale. Tout au long de cet ouvrage, nous passons d’un style très occidental (And I love her) à des images plus manga (Dead and fail to die), tandis que l’on peut aussi être étonné de voir des dessins assez minimalistes (Zombie, Fight of the living dead) comparés aux encrages sublimes et oppressants de L’organogel sème la terreur.

Manga of the Dead est donc un recueil réussi même si on peut être déçu par son manque d’originalité. Le véritable problème vient de la longueur des histoires et de la disparité des thèmes abordés. Certaines sont des petits bijoux de suspens à l’état brut qui auraient mérité d’être un peu plus développées alors que d’autres se résument à un enchaînement de pages de bastons chorégraphiées. Malgré des histoires et des dessins de qualités inégales, Manga of the Dead est donc une œuvre sympathique que nous vous recommandons mais qui ne vous transportera pas vraiment au pays du soleil levant.

Manga of the Dead

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À propos de l'auteur

Geek un peu coincé dans les années 90, le Nitz a le pelage doux et aime hiberner devant des nanars. D'un caractère sympathique avec ses congénères, il est pourtant d'un naturel très râleur vis à vis des défauts scénaristiques et techniques dû à son passé dans le milieu de la vidéo et du spectacle. (Site web)

3 commentaires

  1. Klice dit :

    Double post :p

    1. Squeletor dit :

      Comment ça double post ?

  2. Klice dit :

    My bad, j’étais fatigué. Il y avait deux fois le même header, donc j’ai pensé à un double post.

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