Critique de Z comme Zombies Tome 1

ZCZ-bann-MZC

Inutile de dire que la BD est un bon support pour notre univers préféré. Au-delà de la référence que représente The Walking Dead, ce support voit fleurir un bon paquet de choses depuis quelques mois. C’est le cas ici avec Z comme Zombies de Jerry Frissen et Jorge Miguel édité par Les Humanoïdes et associés et disponible le 12 mars 2014.
Amateurs de BD sérieuses, passez votre chemin, ici nous sommes dans le délire le plus total, dans l’humour parfois graveleux, souvent noir mais toujours efficace.

Les Humanos et la rédaction sont heureux de vous offrir la première page de cette BD

Les Humanos et la rédaction sont heureux de vous offrir la première page de cette BD

Z comme Zombies narre l’histoire de Freddy Merckx, qui a (mal) acquis une petite fortune avec ses acolytes Maggie et Karl. Mais cette fortune va lui être dérobée par de méchants zombies qui veulent réunir assez d’argent pour partir sur la lune, où un ancien astronaute, lui même transformé, a promis de fonder une colonie zombie loin des tracas de la vie mortelle.
Avec ses Moumoutes (Mammouths zombies), ses gros flingues et ses morts-vivants dotés de la parole nous sommes bien loin des références du genre et de leur surenchère dans l’horreur et l’hémoglobine. Les Humanos nous propose ici une BD “tout public” (les guillemets signifiants ici la toute relativité de l’étendue du public, donc nous laisserons le lecteur seul juge) qui joue avec les codes du genre pour les tourner en dérision.

Un hommage à Tintin ?

Un hommage à Tintin ?

Les dialogues de Jerry Frissen sont ainsi typiques de l’humour présent dans les BD belges, avec des répliques délicieuses du genre : “Je suis le cavalier de l’apocalypse, Dieu en a eu besoin de trois pour foutre le bazar, mais il n’avait pas encore inventé les Belges !”. Et si l’histoire n’offre en apparence, qu’une assise confortable à une suite de bons mots, elle interroge aussi sur la place de l’autre dans notre société, sur la xénophobie, sur le pouvoir de l’argent et des médias sur un peuple “décérébré” et prêt a accepter n’importe quoi. Car oui, finalement, les scénarios humoristiques se prêtent parfois mieux à la critique sociale que leurs homologues dramatiques.

Du côté des dessins de Jorge Miguel, la critique sera plus contrastée. Alors que certains personnages sont détaillés et expressifs, certains semblent avoir été légèrement bâclés, tranchant ainsi avec d’autres personnages parfaitement réalisés. Mais dans la globalité, le scénario est bien servi par le dessin tandis que la mise en couleur, avec ses tons pastels, assure une lecture agréable.

En bref, le tome 1 de Z comme Zombies, c’est du bon, c’est du belge. Certes les puristes crieront au scandale avec les zombies parlants, mais il faut savoir ouvrir ses chakras et rigoler un peu avec le genre. Un peu de dérision fait parfois du bien, et à défaut de le révolutionner, Frissen et Miguel font souffler un brin d’air frais qui lui aère un peu les aisselles.

Share Button

Vous pourriez aussi aimer

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *