Critique d’Exit Humanity

Exit Humanity

On avait déjà eu le droit au mélange entre film de zombie et western, avec notamment le sympathique Undead or Alive ou avec le ridicule Cowboys vs Zombies, mais le genre zombie ne s’était jamais penché sur la guerre de Sécession. Avec Exit Humanity, John Geddes nous propose une histoire zombie se déroulant au XIXème siècle en plein milieu de la nature américaine peu de temps après cette terrible guerre civile fondatrice.

Alors soldat, Edward Young a été témoin de la première apparition de zombie lors d’une bataille opposant les forces sudistes à celles de l’Union. Six ans plus tard, alors que la guerre a pris fin et qu’il a retrouvé l’isolement de la cabane dans laquelle il vit avec sa femme et son fils, le fléau zombie regagne en vigueur. Obligé de tuer sa femme qui s’est transformée, il part à la recherche de son fils disparu et commence à consigner tout ce qui concerne les zombies dans son journal. Dans cette quête, il se retrouve aux prises avec le Général Williams, un militaire menant des expériences sur des prisonniers pour essayer de découvrir un remède. Edward doit alors se battre pour se prouver qu’il est un homme bon, mais pour cela il lui faudra sortir définitivement de l’humanité.

Exit Humanity

XIXème siècle et Amérique sauvage obligent, on sent dès les premières minutes que l’accent a été placé sur la création d’une ambiance bien particulière. Que ce soit dans la manière de filmer ou dans l’ajout de nombreuses courtes séquences d’animations dans le film, avec un chapitrage que les plus aventureux compareraient à du Tarantino, il en ressort une atmosphère assez unique et d’une certaine manière contemplatrice. Ainsi quand il s’agit de filmer les magnifiques décors naturels dans lesquels Edward évolue, John Geddes prend son temps et parvient ainsi à faire transparaître la beauté des lieux, et notamment des forêts américaines. Magnifié par une photographie impeccable le film est donc ponctué de séquences d’animation qui, bien que dans un style graphique très original, parviennent à renforcer la profondeur du personnage d’Edward tout en conservant l’ambiance hybride, proche de celle de The Vanguard, qui s’était instaurée, entre nature et horreur. D’ailleurs, le long-métrage bénéficie d’une bande originale d’une rare qualité pour un film de zombie, avec des mélodies au piano touchantes et des passages intenses rythmés par les percussions.

Exit Humanity

Côté acteurs, les responsables du casting ont fait le choix judicieux d’engager Mark Gibson dans le rôle d’Edward qui, bien qu’avec peu d’expérience, parvient à donner à son personnage une vraie profondeur. En revanche, lorsqu’il s’agit des autres acteurs, notamment Bill Moseley dans le rôle du général Williams, on peine à croire en leur personnage, tant leurs prestations sont inconsistantes. Pour notre cher Bill, on en vient à se demander s’il s’agit bien de la même personne que dans La Maison des 1000 Morts, dans lequel il incarne un fou psychopathe avec une aisance tellement perturbante. D’ailleurs, côté personnages, les scénaristes ont tenté de les mettre sur un pied d’égalité, ne défendant jamais un camps en particulier. Tout comme, il n’est pas explicitement dit dans quel camps Edward était lors de la guerre. En fait, l’histoire se focalise davantage sur le combat quotidien entre l’homme et son humanité mais on sent malgré tout que la morale du film est très manichéenne et que les scénaristes ont eu du mal à sortir de cette facilité. Edward apparaît comme le bon et le général Williams comme le gros méchant. De plus, ce manichéisme navrant est particulièrement visible lors de l’affrontement final entre le général Williams et Edward qui est filmé comme un défi entre deux cowboys, chacun sur une rive d’un torrent. C’est gros et ce n’était pas nécessaire.

Exit Humanity

Ajoutez à cela, des sous-histoires vraiment foireuses articulées autour d‘une trame sans originalité (malgré un background assez inédit), des dialogues parfois navrants de naïveté, quelques faux raccords (passage du jour à la nuit en pleine course poursuite, sortie subite d’un abris sous-terrain dans lequel on était coincé), des séquences ridicules comme des scènes de mort filmées au ralentie, et on ne peut qu’être déçu. Du coup, malgré quelques fulgurances comme la scène où Edward se teint le visage avec des peintures de guerre et se fond parmi les zombies lors de l’ultime attaque, on a l’impression que Exit Humanity cumule, à dose supportable fort heureusement, tous les écueils classiques et que son réalisateur a une inspiration lunatique.

En fin de compte, malgré ses nombreux petits défauts, la présence de Mark Gibson et les décors somptueux du film permettent à Exit Humanity de sortir la tête de l’eau. Peut-être pas fièrement mais au moins avec dignité, comme un film qui mérite d’être vu.

Exit Humanity

Share Button

Vous pourriez aussi aimer

1 commentaire

  1. Adam Walker dit :

    Un très bon souvenir de ce petit film, surtout de sa BO très agréable et des passages animé plutôt bien foutu. Par contre les acteurs secondaires gâche l’expérience du film notamment la sorcière qui m’insupporte. Un bon divertissement largement au dessus de la majorité des films de zombie sortant toutes les deux semaines, mais inégale comme le talent de Bill. A voir!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *