Critique de Métro Z

metro Z

Au rayon jeunesse, nous connaissons notamment la saga des Zombies Panic avec ses deux tomes déjà publiés en France par les éditions du Seuil. Autant dire donc que pour les plus jeunes amateurs de zombies, ce n’est pas la panacée. Alors quand Fabien Clavel, l’auteur du très bon L’évangile Cannibale, m’a fait parvenir un exemplaire de Métro Z, son nouveau livre zombie, m’indiquant en dédicace “enfin un roman de zombies pour les enfants”, j’y suis à la fois allé de manière volontaire mais aussi avec la crainte de trouver quelque chose de démesurément gnangnan.

métro z fabien clavelMais dès les premières pages, j’ai été agréablement surpris. Nous y découvrons Emma, une jeune adolescente de 16 ans, vivant depuis des années dans l’ombre de Natan, son jeune frère autiste, qu’elle doit raccompagner en métro seule à la maison parentale. Dès le départ, nous sentons en effet la volonté de l’auteur d’aller au-delà des tares habituelles de la littérature enfantine en proposant des personnages travaillés, tout en touchant à un sujet difficile : l’autisme. Tout au long du récit, Fabien Clavel nous confronte d’ailleurs à d’autres thématiques intéressantes telle la liberté de la presse mais surtout, avec le personnage de C-Byl, la jeune graffeuse qu’Emma rencontre, la tolérance. Le ton est ainsi loin d’être aseptisé : premier bon point du récit.

Du côté de l’action, Fabien Clavel ne perd pas de temps et, dès le second chapitre, plonge Emma et Natan au cœur d’une attaque à la bombe en plein métro parisien. Coincée à Châtelet, notre héroïne se retrouve rapidement séparée de son frère dans la panique générale. Malgré tous les problèmes qu’il lui a causés, elle décide de partir à sa recherche. C’est alors que les premiers zombies font leur apparition, venant entraver sa quête.
S’il est vrai que Fabien Clavel ne se laisse évidemment pas aller à une surenchère dans les descriptions gores et dans l’horreur, il parvient tout de même à créer une atmosphère assez poisseuse, suffisamment lourde pour que nous ayons de l’empathie pour Emma. Nous suivons alors avec intérêt ses péripéties dans les tunnels du métro et il ne vous faudra pas plus de quelques heures pour venir à bout (d’une seule traite) de cette histoire.

Enfin, si comme moi vous aviez découvert Fabien Clavel avec L’évangile Cannibale, vous serez ravi de voir que l’auteur ne s’illustre pas uniquement par ses capacités à déblatérer des horreurs dans un style fort adéquat. Jamais ronflant, il offre en effet au lecteur un style plus simple qui dote le récit d’une vraie fluidité, le rendant particulièrement agréable à lire.

Alors, évidemment, nous ne sommes pas face à de la grande littérature ni à une œuvre magistrale, mais Métro Z remplit à 100% son rôle de proposer une œuvre zombie ouverte aux plus jeunes mais aussi capable d’intéresser les adultes le temps de 2 ou 3 heures. Métro Z n’est donc pas simplement un “roman de zombies pour les enfants” mais un livre zombie que les enfants peuvent aussi dévorer, à condition que leurs parents ne leur aient pas volé !

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