The Last Survivors, Épisode 8 – Chapitre 3

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Une petite lucarne rectangulaire dominait la pièce à la jointure du mur et du plafond. L’opacité de la vitre rendait l’endroit très sombre. Le sol était recouvert de carreaux blancs tâchés de sang grumelé et s’inclinait vers un siphon, au centre. Des tables à roulettes en inox et un grand réfrigérateur en acier inoxydable segmenté en plusieurs casiers meublaient la pièce.

C’était la morgue.

Un parfum de mort flottait dans l’air. La puanteur, persistante, embaumait la pièce. C’était une odeur acide et âpre à la fois, mélange d’effluves de chair en décomposition et de renfermé.

Taylor jeta un œil à travers le hublot de la porte d’entrée. Carlos ne les avait pas suivis, certainement occupé avec la horde de morts-vivants. Elle se tourna vers Henry qui était assis sur le sol, adossé au mur. De profondes entailles zébraient ses mains.

—    Tes mains ! Elles saignent.

Dans un coin de la morgue se trouvait une armoire en acier. Taylor l’ouvrit. Toutes sortes de produits médicaux remplissaient les étagères. La jeune femme prit un rouleau de papier et de l’alcool. Elle s’accroupit ensuite face à Henry et versa le liquide sur les plaies. Il grimaça.

—    Je pensais que t’étais morte, dit-il faiblement.

—    Moi aussi. Je m’en suis tirée de justesse.

—    Comment t’as su que j’étais ici ?

—   Je t’ai vu traverser la route vers le cimetière. Je voulais t’appeler mais je suis tombée sur un groupe de morts-vivants.

Elle pansa les meurtrissures et rajouta un peu d’alcool. Le sang d’Henry gouttait sur le sol et formait de fines lignes s’écoulant vers le siphon.

—    Tu connais ce salopard, je suppose ! affirma Henry.

—   Ouais. C’est Carlos. L’homme de main de Salomon. (Elle se releva et se posta à nouveau face à l’armoire, lui tournant le dos.)

—   Tu le connais bien ?

—   Lui et moi avons été proches à une époque.

—   Fin malheureuse ?

—   Ouais. Comme toutes les histoires d’amour.

—   En tout cas, il n’avait pas l’air si surpris que ça en te voyant. On aurait dit qu’il s’y attendait.

Taylor prit des compresses et du sparadrap. Elle rejoignit Henry en évitant de croiser son regard.

—   L’armoire est remplie, dit-elle en gardant la tête baissée. Les gens qui vivaient ici sont partis tellement vite qu’ils n’ont pas eu le temps d’emporter quoi que ce soit.

Son attitude était bizarre. Henry l’avait remarqué. Il lui prit le menton et redressa sa tête.

—    Si tu ne veux pas parler…

—   Ça fait des mois que Salomon cherche à me retrouver. Il n’a pas apprécié que je me sois enfuie avec quelques-uns de ses fidèles.

—   Pourquoi vouloir te retrouver toi ? Les autres, il s’en fout ?

Taylor lâcha un petit rire. Elle nettoya une dernière fois les plaies sans un mot et les recouvrit de compresses. Elle les attacha avec du sparadrap et se redressa.

—   Voilà ! C’est pas très esthétique mais ça ira pour le moment, en attendant de rentrer au bunker.

—   Merci.

Il se relevait difficilement quand un fracas provenant de l’intérieur d’un des casiers de la chambre mortuaire résonna dans la morgue. Quelqu’un était enfermé et frappait contre les parois en inox pour sortir.

—    Putain ! C’est quoi, ça ?

Un long frisson parcourut son corps. C’était un zombie qui s’agitait dans le casier. Il le savait. Il se renfrogna brusquement quand Taylor s’en approcha.

—    Tu fais quoi ? Surtout, n’ouvre pas !

La jeune femme posa la main sur la poignée et tira. Le plateau s’étira devant elle en glissant sur des coulisses. Un cadavre surgit subitement, allongé sur le plateau en inox. Il lança aussitôt ses mains sur Taylor en grognant. Elle recula soudainement.

Le macchabée était complètement nu. Sa peau parcheminée était déchirée par endroit et commençait à s’effriter, laissant apparaître sa chair gangrenée. Son visage émacié prenait la forme se son crâne à tel point qu’on ne savait pas s’il avait été autrefois un homme ou une femme. Il n’avait pratiquement plus de cheveux et la graisse de son corps fondait par les pores de sa peau. Elle coulait sur le plateau en dégageant une odeur indescriptible.

—   Regarde-le, dit Taylor avec une pointe d’amertume. Comment on a pu en arriver là ?

—   Je ne sais pas, répondit Henry. Je ne me pose pas la question.

—   Pourquoi ?

—   On est en plein dans cette merde. Pourquoi essayer  de comprendre quelque chose qui au final ne nous aidera pas à nous sentir mieux ?

—   T’as sans doute raison.

Elle fit un pas en avant. Le monstre parvint à se tourner sur le côté mais il roula et tomba au sol. Son corps éclata et se disloqua en un amas de chair et d’os.

***

—   Ça fait un moment qu’on attend, dit Taylor en évitant de regarder la bouillie sanguinolente qui recouvrait le sol. Tu penses qu’on peut sortir ?

Henry regarda par le hublot mais le couloir était trop sombre pour voir quoi que ce soit.

—    Ces salopards se sont calmés. On n’entend plus leurs cris.

Il traversa la morgue et prit deux paires de ciseaux dans l’armoire. Il en donna une à Taylor.

—    Alors, comment on fait ?

—   J’ai vu un garage de l’autre côté du cimetière, expliqua la jeune femme. Il y a peut-être une bagnole à l’intérieur.

—   C’est loin ?

—   Non. Pas tellement. Il nous faudra contourner la chapelle pour y arriver.

—   Et le bunker ?

—   À environ cinq kilomètres de là. Tu vois la nationale juste devant ?

Henry opina de la tête.

—   Ben, tu la remontes et tu devrais normalement arriver au chemin en terre que tu as dû emprunter en venant avec Stacy. De là, t’as plus qu’à suivre la route jusqu’au barrage.

L’homme se posta devant la porte d’entrée et s’exclama avec courage :

—   Parfait. Qu’est-ce qu’on attend, alors !


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