The Last Survivors, Saison 2 – Épisode 10

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Épisode 10 – L’antre du tueur

Réveille-toi, Valery… Réveille-toi.

Ces mots résonnaient dans son esprit comme une voix venant d’outre-tombe. Valery ouvrit lentement les yeux. Une affreuse douleur agressait son visage, du sang coulait dans ses yeux. Tout était flou. Elle ne parvenait pas à distinguer clairement où elle se trouvait. Elle cherchait désespérément un point sur lequel fixer son regard lorsque ses yeux s’immobilisèrent sur un visage calciné. Un désagréablement bourdonnement perçait ses tympans et les râles du visage sans nom vinrent se mêler à la voix sombre qui répétait sans cesse : Réveille-toi, Valery… Réveille-toi.

Sa vision s’éclaircit. Au bout de quelques secondes qui lui semblèrent interminables, le bourdonnement disparut et les grognements terrifiants du visage la ramenèrent à la réalité. Elle reprit alors pleinement conscience et le visage lui apparut avec précision. C’était un zombie. Il grognait et claquait des dents face à elle. Terrifiée, elle tenta de s’enfuir mais se rendit compte de l’horreur dans laquelle elle se trouvait : elle était pendue par les pieds, la tête en bas. Le mort-vivant était dans la même situation.

Les murs de la pièce s’effritaient. Le sol était recouvert de sang qui s’écoulait vers une grille d’évacuation rectangulaire. L’unique porte de la pièce, percée d’un hublot, était fermée. D’énormes néons rendaient l’endroit aveuglant et des rails en aluminium quadrillaient le plafond. Ces derniers supportaient des dizaines de crochets au bout desquels pendaient des morts-vivants. Ils gigotaient dans tous les sens et maugréaient, tels des animaux sur le point d’être abattus. Valery était retenue parmi la foule de macchabées, tous prêts à la dévorer à la moindre occasion. Elle redressa difficilement la tête et aperçut la corde qui maintenait ses pieds attachés au crochet.

—    Valery ! T’es réveillée ?

La femme se tourna. Le type au bob qui avait perdu son chapeau dans la forêt était à ses côtés. Il était soulagé de la savoir en vie.

—    On est où, là ? demanda Valery, inquiète.

—    Dans un abattoir, répondit l’homme.

—    Qu’est-ce qu’on fout ici, putain ?

—    Le type qui nous a attaqués dans la forêt nous a conduits dans cet endroit.

—    Mais pour quoi faire ?

—    Aucune idée. Et j’ai vraiment pas envie d’attendre pour le savoir.

Valery parcourut la pièce du regard. Le plafond était devenu le sol et le sol, le plafond. Tous les zombies avaient leurs yeux fixés sur eux et grognaient dans leur direction.

—    Comment on sort d’ici ? On est attachés, putain !

—    La corde ne supportera pas notre poids si on l’y aide un peu.

—    Tu veux dire quoi ?

—  Tu te hisses jusqu’au crochet et tu te laisses tomber. La corde se brisera. Fais-moi confiance.

—   Ouais. Et je me romprais le cou en retombant.

—   C’est toujours mieux que d’attendre de voir ce que nous veut cet enfoiré ! Et ça va pas être une partie de plaisir, crois-moi.

La porte s’ouvrit tout à coup. Valery et son compagnon posèrent aussitôt leurs regards sur l’homme qui venait d’entrer. C’était un colosse de plus de deux mètres, vêtu d’un épais tablier de boucher bleu recouvert de sang et de morceaux de chair. Son visage était dissimulé derrière un masque de clown.

Le mastodonte s’approcha de Valery qui restait figée, pétrifiée par la peur. Il s’accroupit et approcha son visage du sien.

—   Laisse-la tranquille, enfoiré ! criait le type, pendu au crochet. T’approche pas d’elle !

Il tenta de l’agripper avec ses mains mais n’y parvint pas.

—    Regarde-moi, connard ! Regarde-moi !

Valery pouvait voir les yeux du clown à travers les trous du masque. Sa respiration était lente et rauque. Une larme perla tout à coup sur son front. C’était une larme de terreur et de désespoir. Le colosse empoigna brusquement les joues de la femme d’une main ferme et rapprocha son visage encore plus près, à seulement quelques centimètres du sien. Il l’observa un instant alors que le type, un peu plus loin, hurlait pour qu’il la relâche. Agacé, le monstre lâcha violemment la femme et se redressa. Le corps de Valery se balança alors sur le crochet comme un vulgaire morceau de viande.

—   Vas te faire foutre ! fulmina le type tandis que le colosse au masque se postait devant lui.

L’individu sortit un couteau de la poche avant de son tablier et sectionna la corde d’un coup sec. Le type tomba au sol, son dos heurtant brutalement le sol. Le colosse se saisit ensuite de la corde et le tira à l’extérieur. Il referma aussitôt la porte.

Le mastodonte traîna le type dans une autre pièce, plus grande. L’homme, ligoté, commençait à reprendre ses esprits.

—   Tu veux quoi, putain… balbutia le type qui voyait les néons défiler devant ses yeux, au plafond. Mon groupe va te retrouver et ils te feront la peau, connard !

Faisant abstraction de ses paroles, le clown de près de cent cinquante kilos le porta comme un vulgaire sac de pomme-de-terre et le posa nonchalamment sur une table en inox ensanglantée. Il attacha ses pieds avec des sangles. La table était fixée à une imposante machine à rouleau compresseur. Quand il la vit, le type prit peur.

—    Non ! Putain ! Fais pas ça !

Le géant se posta ensuite face à l’interrupteur, sur le côté de la machine et posa le doigt dessus.

—    Zombie ! s’exclama-t-il d’une voix rocailleuse. Cancer !

—    Non ! Je suis pas un putain de zombie !

Il pressa l’interrupteur.

La machine se mit aussitôt en route et la table glissa lentement sous le rouleau en acier qui tournait à plein régime.

—    Arrête ! Non !

Le type ne parvenait pas à se libérer malgré son acharnement à tirer sur les sangles. Il avançait, les pieds en avant, vers une mort inéluctable.

—    Pitié !

Il hurla quand ses pieds passèrent sous le rouleau. Ses os se brisèrent un à un alors que son corps glissait sous la machine, aplatissant sa chair. Du sang giclait sur la table et sur le sol. Son visage se tordait de douleur tandis que la table s’enfonçait de plus en plus. L’éclatement de ses rotules émit un son étouffé et ses cuisses se broyèrent sous la pression. Le type fut brusquement prit de soubresaut. Ses hurlements avaient cessé. Ses yeux se révulsèrent et il ne relâcha plus que des grognements incontrôlés, signes d’une mort imminente.

La machine continuait sa sale besogne. Le rouleau atteignit son torse. Ses côtes se brisèrent comme des cure-dents. Dans un dernier sursaut, il reprit conscience et tendit une main désespérée vers le colosse qui restait de marbre. Ses doigts se crispèrent alors que du sang sortait par tous ses orifices. Il laissa ensuite retomber sa main mollement hors de la table et rendit son dernier souffle. Le reste de son corps glissa dans la machine sans un bruit. Son crâne se brisa comme un verre tombé au sol et il disparut totalement dans les entrailles du rouleau compresseur.

Le monstre stoppa la machine alors qu’elle rejetait les restes du corps du type au sol, comme un broyeur à steak haché.

***

Impuissante, Valery avait entendu les cris du type. Ils avaient résonné dans la pièce malgré les grognements des zombies tout autour d’elle. Elle ne l’entendait plus à présent. Elle se doutait de l’issue fatale.

Les visages des créatures défilaient un par un devant ses yeux. Ils n’avaient qu’une seule envie : la dévorer. Ils tendaient leurs bras pourrissant vers elle sans pouvoir l’atteindre. Parmi les morts, il y avait un jeune garçon. La moitié de son visage avait été arrachée et il lui manquait un bras, certainement perdu lors d’une confrontation avec une horde de macchabées.

Le garçon la fixait en poussant des cris étouffés, presque inaudible au milieu de cet orchestre macabre. Valery ne voyait plus aucune humanité en lui, pas la moindre preuve qu’il avait été en vie un jour. Et pourtant, il avait eu des parents et des amis. Il avait été un petit garçon mais le voir se balancer sur le crochet en tentant d’atteindre sa proie, le rendait inhumain, animal. Il n’était plus qu’un tas de chair sur pattes qui errait sans but. Et Valery ne voulait pas finir comme lui. Elle voulait garder son humanité. Elle voulait vivre.

Rassemblant toutes ses forces, elle se courba et se saisit de la corde qui maintenait ses pieds. Elle se hissa jusqu’au crochet. Elle inspira alors profondément en priant pour ne pas se rompre le cou et lâcha prise. Son corps retomba. Une fois tendue, la corde usée céda et Valery tomba lourdement au sol.


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