Critique du jeu Dead of Winter

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Publié en 2014 par l’éditeur Plaid Hat Games puis Filosofia en France, Dead of Winter : À la croisée des chemins (Dead of Winter : A Cross Roads Game de son nom original) est un jeu méta-coopératif où votre groupe (constitué de 2 à 5 joueurs) doit subvenir au besoin d’une colonie de survivants tout en affrontant une horde insatiable de zombies. Et comme si ce n’était pas suffisant, un hiver aussi froid que mortel frappe cet univers impitoyable et désolant.

dead of winter à la croisée des chemins« Cet endroit est aussi mort que ces choses qui nous pourchassent. Quand on a établi notre colonie en ville, on croyait avoir quelques années devant nous. Mais nous avons mal jugé cet endroit. Je ne peux que supposer qu’il a été la cible d’autres survivants et le stock des fournitures et des vivres qu’on pensait trouver est bien maigre. Conserves, munitions, carburant… Tout ce qu’on trouve est en si petite quantité. Nous devrions reprendre la route, mais il fait bien trop froid. Alors on attend, on prie pour que ça se réchauffe un peu, que le convoi puisse repartir et qu’on reprenne la traque misérable des miettes. Il me semble qu’à chaque fois que je pense à mourir, une nouvelle crise arrive et je me retrouve à me battre comme un damné, comme si je n’avais plus que ma vie. « 

Mise en place

Au départ, les joueurs doivent choisir un scénario parmi dix possibles, lequel déterminera quel sera l’objectif commun que le groupe devra accomplir afin de gagner la partie. On notera d’ailleurs que les créateurs du jeu ont pensé aux joueurs les plus aguerris (ou suicidaires) puisqu’il existe une version hardcore de chaque objectif.

dead of winter cartesChaque joueur contrôle au départ deux personnages (ce nombre peut évidemment diminuer ou augmenter lors de la partie) et pioche un objectif secret qui peut d’ailleurs être complètement différent de l’objectif commun défini par le scénario choisi avant de commencer la partie. Vous comprendrez alors que si chaque joueur doit aider son groupe (l’objectif commun), il devra aussi savoir tirer son épingle du jeu pour se démarquer, ce qui ne manquera pas d’attirer les critiques et soupçons des autres joueurs… Car parmi vous se cachera peut-être un traître prêt à sacrifier la colonie pour remplir son objectif personnel.

Ainsi, au fur et à mesure que la partie avance et que les ressources s’amenuisent les tensions explosent. Devriez-vous exiler un joueur pour assurer la survie du groupe ? Ou carrément l’éliminer ? Ces questions se poseront forcément, mais Dead of Winter : À la croisée des chemins n’en reste pas là puisque, un joueur traître ou exilé aura accès à des cartes spéciales qui lui serviront de nouvel objectif et lui laisseront tout de même une chance de remporter la partie. La paranoïa qui se développe ainsi est parfaitement retranscrite à travers les divers mécanismes du jeu. Et n’ayez crainte, pas besoin d’être un maître du jeu endurci pour transmettre l’ambiance glauque du jeu, le scénario s’en chargera pour vous.

Déroulement de la partie

Le joueur débute son tour en lançant les dés d’action dont il dispose (égal au nombre de survivants qu’il contrôle plus un d’extra). Le joueur peut alors distribuer ses points d’actions entre ses survivants pour leur permettre d’effectuer une ou plusieurs actions pendant le tour. Il est d’ailleurs possible au fur à mesure que la partie avance que votre faction accueille de nouveaux survivants (qui vous permettront du coup d’obtenir de nouveaux dés d’action). Prenez garde par contre ! Qui dit nouveau survivant dit nouvelle bouche à nourrir ! Or, une mauvaise gestion pourrait causer une famine dans votre colonie.

À ce titre, concernant le matériel, on apprécie que les créateurs aient fourni un carton résumant l’ensemble des actions pouvant être effectuées par un survivant. Certaines demandant un dé d’action et d’autres non, cet outil est un aide-mémoire indispensable. Ceci, combiné avec une mécanique somme toute assez classique, aidera les nouveaux joueurs sans pour autant rebuter les habitués.

dead of winterUn autre mécanisme intéressant du jeu est l’introduction de la notion de risque. En effet, certaines actions comme attaquer un zombie ou simplement se déplacer d’un lieu à un autre sont considérées comme risquées. Vous devez alors lancer un dé de risque qui déterminera si vous vous en sortez indemne, subissez une blessure, une engelure ou carrément une morsure.
Or, une morsure entraîne la mort automatique de votre survivant. Enfin… pour un court laps de temps puisqu’il revit sous forme de zombie. Et s’il se trouvait au même endroit qu’un autre survivant, il y aura alors un risque qu’il s’en prenne à celui-ci ! Deux moyens s’offrent à vous pour vous assurer que ledit survivant ne soit pas mordu à son tour : soit simplement le sacrifier et ainsi arrêter net la propagation du virus ou relancer le dé de risque. Dans ce dernier cas, tout autre résultat qu’une face vide tuera votre survivant et le virus continuera de se propager au prochain survivant… Dans mon expérience, nombreuses sont les fois où un joueur un peu trop sûr de lui a voulu faire confiance à la chance et a décimé notre colonie en répandant le virus parmi nos survivants. Ce qui cependant peut être une bonne chose pour le traître se cachant parmi vous… Notez toutefois qu’un joueur perdant tous ses survivants n’est pas exclu du jeu pour autant, il repioche une carte Survivant au hasard et place son nouveau pion à l’intérieur de la colonie. Donc oubliez les temps morts entre deux parties !

Et la rejouabilité ?

C’est justement le grand point fort du jeu. Les divers objectifs communs (et leur variante hardcore) et les objectifs secrets, les crises et événements aléatoires, le grand bassin de personnages… tout cela fait en sorte qu’aucune partie ne sera semblable à la précédente. D’ailleurs, une variante pour deux joueurs seulement est également disponible ce qui permet de prolonger le plaisir même en petit comité sans compter aussi l’expansion Dead of Winter: The Long Night qui allonge considérablement la durée de vie du jeu.

Le matériel

Ici, je me dois réellement de souligner la qualité et le style des illustrations qui, selon moi, sont parfaites pour nous plonger dans l’ambiance réaliste et immersive que le jeu veut faire ressortir. Par contre, petit bémol, les pions des survivants et des zombies sont tous en carton. À une époque où les miniatures sont monnaie courante cela fait tache, surtout lorsqu’on compare aux nombreux jeux de société à thématique zombie qui en utilisent (Zombicide, The Walking Dead: All out War, Zombies !!!). On peut cependant le leur pardonner vu le grand nombre de personnages disponibles dans le jeu. On apprécie également l’ajout de petits sachets afin de ranger les divers jetons et cartes du jeu. Cependant, pour en revenir aux personnages et zombies en carton, ceux-ci sont très difficilement rangeables. En effet, pour les ranger dans lesdits sachets, il faut les détacher à chaque fois de leur socle en plastique ce qui, avec le temps, ne manque pas de les abîmer.

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Bref, on achète ou pas ?

En fin de compte, Dead of Winter : À la croisée des chemins est un jeu que je vous recommande sans hésiter. Avec toutes les choses que les joueurs doivent faire pour survivre, une vraie tension s’accumule à chaque partie et le jeu devient une série de réactions frénétiques nous approchant de notre objectif final… ou de notre mort. Plus qu’un simple jeu de gestion de ressources, Dead of Winter : À la croisée des chemins démontre tout simplement que nous avions besoin d’un jeu de zombies supplémentaire dans notre collection, et d’un vraiment bon dans ce cas.

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