Interview de Bryan James, auteur de LZR-1143

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Un peu moins de deux semaines après la sortie en France du premier tome de sa saga zombie – LZR-1143 : Contamination – nous avons eu l’opportunité de poser toutes nos questions à Bryan James grâce aux éditions Panini Books. L’auteur américain nous a ainsi raconté son aventure zombie, entre l’écriture de ses romans, ses difficultés pour être publié et aujourd’hui, son arrivée en France. Une chose est sûre, il vit son rêve et le communique.


Bryan, pouvez-vous nous parler un peu de vous ?

Il y a deux choses que je déteste plus que tout au monde : les vols transocéaniques en classe économique et les clowns. Pour m’endormir le soir, je lis les mêmes livres, encore et encore. Je ne mange jamais les restes… je considère que c’est de la nourriture qui a déjà servi. J’ai cru au père Noël jusqu’à l’âge de 12 ans, et je le soupçonne toujours un peu d’exister. Je porte la barbe depuis que je connais ma femme (15 ans) et je suis convaincu qu’elle pourrait me quitter si je me rasais. J’ai vécu dans plus de 20 pays, visité 39 des 50 États américains, et, il y a longtemps, je parlais plutôt bien français. Mais lors de mon dernier séjour à Paris, je suis presque sûr d’avoir dit au chauffeur de taxi de « m’emmener à la croix » au lieu de dire « je crois ». Et j’ai persisté à chaque fois que je suis monté dans un taxi. Sans blague.
Je ne fais confiance ni aux dauphins ni aux épaulards, car je les sais plus intelligents que moi. Je crois aux fantômes et une fois, en Floride, un esprit agressif m’a enfermé dans une salle de bain pendant des heures.
J’aime passionnément ma femme et mon fils, j’ai deux chiens qui me rendent fou (l’un d’eux m’a servi de modèle pour un personnage qui apparaît dans le tome 2 de ma série), et je vis en ce moment en Europe. L’écriture n’est pas le boulot qui m’occupe à plein temps, mais c’est mon activité préférée. Et j’aime communiquer avec mes fans… Ils sont aussi fous que provocateurs.
Et puis, de toute ma vie, je n’avais jamais imaginé avoir des fans.


Quand et comment avez-vous décidé d’écrire un livre de zombies ? Était-ce quelque chose que vous aviez en tête depuis longtemps, ou plutôt une sorte de révélation ?

LZR 1143 ContaminationC’est probablement une histoire assez peu originale, comme dans la plupart des cas, je suppose. Tout a commencé avec La Terre demeure (un classique de George R. Stewart) et Lucifer’s Hammer, de Larry Niven et Jerry Pournelle. Je les ai lus pendant mes études de droit, en 2004, quand je cherchais désespérément un moyen d’échapper aux études. Après les avoir terminés, j’étais avide d’autres univers post-apocalyptiques. J’ai commencé The Rising de Brian Keene, et je suis devenu accroc aux zombies. J’ai lu d’autres auteurs puis je suis arrivé à la conclusion que même si les histoires étaient intéressantes, je n’étais pas emballé par l’écriture (c’est exactement mon sentiment sur Dan Brown et John Grisham : de grandes histoires, une écriture banale), alors ma femme et un de mes amis m’ont encouragé à me lancer. À l’époque, je n’avais pas d’enfants (et c’est quand on a des enfants qu’on se rend compte de tout le temps libre qu’on avait avant !), j’ai donc passé un tas de week-ends et de soirées de l’année 2007 à travailler sur LZR-1143 : Contamination. J’adorais l’idée de l’acteur de cinéma devenu fou ; son sens de l’humour est la copie conforme du mien, ce qui était vraiment sympa à écrire. À cette époque, je me lançais dans quelque chose d’assez unique (souvenez-vous, nous sommes en 2007… On ne croule pas encore sous des tonnes de littérature zombie). J’ai terminé début 2008, et ensuite je me suis arrêté.

Le manuscrit a alors dormi dans mon disque dur pendant deux ans.

Je l’ai envoyé à des éditeurs, j’ai même adressé une copie à Permuted Press pour qu’ils me lisent, mais j’ai reçu une multitude de lettres de refus, alors j’ai haussé les épaules et je l’ai oublié. Je ne voulais pas m’embêter, je n’avais pas besoin d’argent, et j’avais atteint l’objectif que je m’étais fixé au départ rien qu’en écrivant ce fichu truc.

Avançons rapidement à l’été 2010, je me prépare à déménager à l’étranger pour un nouveau travail, je suis en train d’effacer des fichiers de mon vieil ordinateur et je tombe sur le manuscrit. Mon doigt est déjà sur la touche « supprimer ». Mais par le plus heureux des hasards, je venais de lire un article sur la nouvelle plateforme d’auto-édition d’Amazon (anciennement Digital Text Publishing « DTP », maintenant Kindle Direct Publishing « KDP ») et je me suis dit à moi-même : « Eh, toi, ce fichier représente des heures de travail et de création, et il ne sert à rien dans le dossier « Mes documents »… Prends une heure et mets-le en ligne. Au pire, personne ne l’achètera. »

Une anecdote amusante sur KDP et l’auto-édition : l’écriture est la partie facile. Il m’a fallu des heures pour préparer une couverture, et ensuite formater ce satané machin a été un cauchemar. J’y ai passé presque six heures en tout, mais il a été publié début juin 2010. J’ai vendu 12 copies ce mois-là, et je n’en revenais pas. Je me sentais extrêmement privilégié que 12 personnes paient pour me lire. À ce jour, je suis particulièrement fier de ces 12 ventes. Certains mois, j’ai vendu des milliers de copies mais ces douze-là seront toujours les plus précieux.

Imaginez ma surprise quand j’en ai vendu 240 le mois suivant. Et 550 le mois d’après. J’ai eu la chance d’être pris dans la vague des livres zombie, et elle me porte toujours.


Votre livre fait partie du catalogue post-apocalyptique de Permuted Press, quelle a été votre réaction quand vous avez été contacté par Panini Books, le meilleur éditeur de romans de zombie en France ? Est-ce la première fois que votre livre est traduit dans une autre langue ?

LZR 1143 contaminationEn réalité, je ne fais pas partie de Permuted, mais ils font un travail remarquable. Jacob m’a contacté à plusieurs reprises, et j’ai refusé ses offres, en grande partie parce que nous n’avons pas réussi à nous mettre d’accord sur un contrat. Les nouveaux propriétaires m’ont contacté eux aussi, mais ça a été la même histoire… Je n’ai rien contre eux, ils font tourner une grosse entreprise et gèrent une belle écurie de talents, mais l’idée d’abandonner mon indépendance (et l’argent !) me fait hésiter. Ceci dit, quand Panini a pris contact avec moi, c’était différent.

Avant, je parlais français relativement bien. J’ai grandi à l’étranger, et j’ai vécu en Afrique pendant quelques années, ce qui m’a donné plus qu’un petit niveau. Des années de vin et de scotch ont ensuite sérieusement altéré mes compétences linguistiques, mais même au mieux de mes capacités, je n’aurais jamais pu imaginer prendre mon travail en anglais et le rendre accessible en français. C’était comme la baleine blanche de Moby Dick. Un truc impossible. Et comme je suis très pris par mon travail, je n’ai pas le temps de chercher moi-même des alternatives pour traduire et auto-éditer. Alors quand Panini m’a contacté, je vais être honnête : la première chose que j’ai faite fut de lever le nez de mon ipad et de dire à ma femme : « Merde alors. Quelqu’un en France lit mon roman ! Et ils veulent le publier. En français ! » La première chose qu’elle a demandé, c’est si cela signifiait que nous aurions l’occasion d’aller à Paris. Imaginez.

J’étais extrêmement heureux. Cela m’ouvre des portes que je pensais définitivement fermées et je crois que cela leur apporte un bon titre de plus. Je suis sincèrement honoré d’être intégré à leur catalogue, au côté de certains de mes auteurs préférés dans le genre zombie post-apocalyptique. Je me sens un peu comme le gamin, qui sait qu’il est nul, mais qu’on prend quand même dans l’équipe de foot et qui ne va rien dire car il est trop content d’être là.


Parlons maintenant du livre. Ce qui m’a beaucoup plu, personnellement, c’est le personnage principal. Il n’est pas rare d’avoir un héros avec des problèmes psychologiques liés au fait que tout ce qu’il connaît sur Terre disparaît avec l’apocalypse zombie, mais, ici, avec LZR-1143, on a un personnage qui, dès le début du roman, n’est pas sûr de sa propre santé mentale. Pourquoi avez-vous fait ce choix ? Vouliez-vous ajouter un côté « thriller psychologique » à votre livre ?

Bryan JamesJe voulais que Mike doute de lui-même et que le lecteur doute de Mike. Je désirais que personne ne sache à quel protagoniste s’attacher, et je ne voulais pas d’un archétype de héros dès le départ. Finalement, on évolue vers un schéma traditionnel, la classique quête du héros, pour ainsi dire. Mais j’avais envie d’ajouter une couche d’incertitudes à l’histoire : je voulais aller plus loin qu’un simple réveil dans un hôpital, travailler sur quelque chose d’autre que le trouble évident qu’on ressentirait face à une apocalypse. Je souhaitais que le doute s’insinue chez le lecteur.

Je ne dirais pas que j’aspirais à un thriller psychologique. Mon intention était de pousser le lecteur à se détacher du personnage pour plonger dans l’histoire… en répondant aux questions « et si c’était moi ? » et « qu’est-ce que je ferais ? ». C’est facile de s’identifier à quelqu’un qui se prend en main, parce que, soyons francs, nous pensons TOUS nous prendre en main alors que les autres sont faibles et cinglés, n’est-ce pas ?

Nous souhaitons tous en secret une apocalypse car nous sommes convaincus d’être les derniers heureux crétins qui resterons sur la planète pendant que les autres erreront dans les rues à la recherche de viande crue. Mais mathématiquement, ça ne tient pas. Combien de personnes survivraient ? Une sur dix, une sur cent ? Je n’ai jamais eu autant de chance dans ma vie (à part le gros lot que représente ma famille). C’est pourquoi j’ai voulu extraire les gens de cette zone de confort où l’on est certain que le protagoniste prend le taureau par les cornes et s’apprête à botter des culs.


Mike est une ancienne star de cinéma qui a été reconnue coupable du meurtre de sa femme, ce qui, encore une fois, est original. Quel était votre objectif avec un personnage pareil ? Je suppose que ce n’est pas seulement pour le plaisir d’écrire des répliques percutantes.

Non, c’était uniquement pour les répliques. Je ne vivais que pour écrire des bons mots. En fait, chaque fois que j’écrivais quelque chose qui m’amusait, je le lisais à ma femme, qui était rarement aussi enthousiaste que moi. Mais, je le répète, elle est bien plus intelligente que moi.

L’idée du meurtre était une autre composante de l’aspect « doute » : je voulais que les gens s’interrogent sur sa culpabilité. Qu’ils ne sachent pas, dès le début, s’il est vraiment fou. Je crois que personne ne pensera en lisant le livre qu’il a tué sa femme intentionnellement, mais j’ai choisi cet angle pour augmenter la méfiance vis-à-vis du héros.


Ce que j’ai également apprécié avec Mike, c’est qu’il partage souvent d’intéressantes réflexions, sur notre société, sur la vie et la mort, sur ce que cela implique d’être célèbre et de devenir anonyme du jour au lendemain, etc. Comment avez-vous travaillé sur ces parties du livre ? Aviez-vous une liste d’idées que vous vouliez écrire ou les idées ont-elles simplement surgi au fil de l’inspiration ?

Bryan JamesJe ne travaille jamais à partir d’un canevas. Je suis partisan d’« écrire bourré, relire à jeun » et je ne peux absolument pas suivre un plan. J’ai un gros carnet avec des bribes de notes, des définitions de personnages, etc., mais si je tente d’établir une liste de choses à inclure, je me mets à fixer mon ordinateur comme un idiot.

Beaucoup d’idées me viennent à l’esprit au fur et à mesure que j’avance. Je me suis plongé dans le personnage en écrivant, et je me suis rendu compte que plus j’écrivais depuis son point de vue, plus j’avais l’impression de le connaître. C’est une étrange, mais bien réelle, histoire d’amour que nous partageons avec nos héros… Quand on tente de faire progresser un personnage, on doit lui offrir un peu de nous-mêmes. J’ai donné à Mike mon sens de l’humour et mon côté sarcastique. Je lui ai également donné mes interrogations. Alors quand il réfléchit à des sujets graves, c’est vraiment un moyen pour moi de penser aux mêmes problèmes et de partager mes réflexions.

J’ai découvert que, d’un bout à l’autre de la série, beaucoup de ce que Mike pense correspond à ce que, moi, je pense, ou penserais dans les mêmes circonstances. La majeure partie de ce qui fait avancer Mike, ses bons comme ses mauvais traits de caractère, viennent de moi. Et si vous lisez attentivement, vous verrez qu’il n’est jamais convaincu qu’il peut survivre à tout cela, qu’il peut s’en sortir. Il continue seulement à avancer et fait de son mieux avec le temps qu’il lui reste. C’est un peu comme cela que je vois la vie.


En France, de nombreux livres de zombies ont été édités depuis que les morts-vivants sont à la mode. De plus, nous avions déjà des traductions françaises de romans de zombie qui ont été publiés après le vôtre dans leur version originale. Du coup, avec un si grand nombre de livres, certaines des situations de LZR-1143 : Contamination – la scène dans le labo ou dans le centre commercial, la romance entre Mike et Kate – manquent d’originalité pour les lecteurs français.
Pensez-vous que, quand on écrit un roman de zombie, ou n’importe quel roman, il y a des situations qu’on ne peut éviter en tant qu’auteur ?

C’est une excellente question, principalement parce que c’est là-dessus que vous m’épinglez dans votre critique. Et je dois admettre que de nombreuses portions du livre sont plus qu’inspirées. Pas inspirées d’autres romans en particulier, mais plutôt de la classique quête du héros et des arcs narratifs que l’on trouve dans la plupart des romans.

Bien des grands livres sont des « recyclages ». Comme beaucoup de grands films aussi. Star Wars est inspiré de La Forteresse cachée [film japonais réalisé par Akira Kurosawa, sorti en 1958], mais c’est quand même une histoire géniale prodigieusement bien racontée. Walking Dead ne réinvente rien (des zombies, c’est bon ; des survivants, c’est bon ; des histoires d’amour, c’est bon) mais c’est une p… de bonne série. Ceci dit, évidemment, je ne compare pas ma série à ces œuvres… Il n’y a pas de comparaison possible.

Le fait que certains éléments présents dans d’autres œuvres apparaissent dans mon travail n’est pas nécessairement une mauvaise chose : la relation amoureuse entre les protagonistes est simplement un élément prévisible et réconfortant pour les lecteurs. Je souris en tapant la phrase suivante : et le méchant à la fin ? Ok, vous m’avez eu. Ce sera peut-être difficile à croire, mais j’ai vraiment essayé de la jouer second degré avec ce personnage. J’éprouve un mépris maladif pour les extrémistes religieux de mon pays (ceux qui lisent la Bible de façon à ce qu’elle cadre avec leurs opinions et non comme elle est censée l’être) et je voulais m’inspirer de cet état d’esprit pour créer un méchant. Je savais, en rédigeant ces derniers chapitres, qu’il était too much. Je le savais. Mais je l’ai écrit quand même. Alors… je plaide coupable.

En fin de compte, les lecteurs ont aimé le récit, malgré le côté prévisible de l’histoire d’amour et du méchant, mais aussi grâce à lui. Je pense que les lecteurs et les fans de zombie et de post-apo savent ce qu’ils veulent, et, à la base, c’est juste un divertissement avec du piment. Tout ce que nous lisons touche à un grand thème général : un monde qui se vide petit à petit de ses habitants, la survie du plus malin, du plus méchant, du plus drôle, ou du plus tout-ce-qu’on-veut. Parfois, un peu de piment, c’est agréable. Parfois, on a seulement envie de s’en tenir aux classiques. Je suis un gars assez classique.

Les lecteurs français pourraient s’attendre à plus, ou pas. Je sais bien que depuis des siècles, les Français ont une histoire d’amour avec la parole écrite et avec leur langue, une langue magnifique capable de donner vie de façon incroyable aux sujets les plus ordinaires. J’espère que la traduction française de ces livres apportera une vie nouvelle à la série, que les lecteurs accorderont à mon œuvre le bénéfice du doute et l’aimeront pour ce qu’elle est : un très bon moyen de passer une après-midi pluvieuse, une journée à la plage ou un long voyage en avion. Ce n’est pas du Sartre ou du Flaubert, mais c’est accessible et c’est sympa. Et je suis entièrement d’accord, c’est « très loin d’être un mauvais livre », si je comprends correctement le français de votre chronique.


Sans dévoiler la conclusion, après une fin qui va probablement frustrer la plupart des lecteurs avides de réponses, à quoi faut-il s’attendre dans le tome 2 ?

évolution lzr 1143Du fun. J’ai écrit le deuxième épisode avec la volonté de m’amuser avec l’histoire. Je me suis ouvert aux idées et aux concepts. J’ai mis plus de folie dans la quête, et j’ai calmé le jeu sur les autres aspects. Cela devient beaucoup moins prévisible, je trouve. Nous avons quelques nouveaux personnages que mes fans classent systématiquement parmi leurs préférés, et le tout est agrémenté d’illustrations assez saisissantes. Je réponds également à certaines questions. J’essaie de ne pas laisser trop de choses en suspens, car je déteste les cliffhangers, comme tout lecteur, et je veux que la curiosité de tout le monde soit rassasiée.
Mais, au final, il faut garder les gens accrochés, donc l’intrigue est développée de sorte à être captivante. Je tiens à dire également, en toute honnêteté, que plus j’avance, plus l’histoire se resserre et plus l’écriture devient forte.
Si vous êtes fans d’opérations militaires, Evolution en est plein (et c’est accessible même pour les lecteurs étrangers), de la pure action militaire pas trop nationaliste. Il y a différents types de méchants, une scène de mort affreusement vivante qui m’a été inspirée par le divorce assez moche de mon frère, et l’apparition du personnage sans doute le plus amusant de tous. Je pense que ça fait pas de mal de choses qui méritent le détour.


Pour finir, c’est une tradition chez MZC, la question la plus terrible : quand l’apocalypse zombie aura vraiment lieu, que ferez-vous ?

Eh bien, je ne possède aucune arme. J’habite dans une maison avec de nombreuses fenêtres et des tout petits verrous. Je n’ai aucune notion de survie, j’ai même du mal à allumer un feu, mes chiens aboient constamment, mon fils a une voix qui porte et me battre est hors de question. Quant à fuir, ça ne marchera qu’aussi longtemps qu’il restera du carburant dans mon SUV. Donc, je mourrai probablement. J’aimerais penser que je serais un des derniers survivants, mais chacun des zombies de chacun des romans post-apocalyptiques jamais écrits a sûrement pensé qu’il survivrait. Et que se passerait-il si je ne mourais pas immédiatement ? Je ferais les valises de toute la famille et je prendrais le large, mais je sais que je n’iraispas bien loin… Je serais l’une des voitures sur l’autoroute, coincé dans un embouteillage au lieu de mourir confortablement chez moi.

C’est une des choses excitantes dans ce type de roman, non ? On s’autorise dans ces fictions à survivre (de petits mensonges auxquels on s’accroche) alors que les autres meurent. Nous n’espérons pas la mort de tout le monde, mais nous rêvons d’un monde un peu plus vide, nous accordant plus d’espace. Mais la réalité est froide et dure : vos chances d’être l’un des élus oubliés par l’apocalypse sont mathématiquement très faibles. Et c’est exactement de cela que traitent ces livres, non ? Vivre le rêve (la fiction survivaliste) à travers les yeux d’un autre, espérant être le un sur mille qui survivra, espérant faire partie du tout nouveau, et très vide, monde.

C’est pour ça que je lis ces livres, pour ça que je les écris.


Il ne nous reste donc plus qu’à remercier Bryan James et les éditions Panini Books pour cette interview. Si vous n’avez toujours pas découvert LZR-1143, cette interview vous aura sûrement donné envie de le faire, et à juste titre. De notre côté, nous sommes prêts à accueillir le second tome qui devrait sortir en juillet.

1 commentaire

  1. Cheesecake dit :

    Reste plus qu’à recevoir le livre gagné pour voir la bête…
    En tout cas, j’aime bien les réponses de ce gars… avec de l’humour et il défend bien son livre…

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