Critique d’Extinction Parade Tome 1 de Max Brooks

extinction parade

Alors que le mois dernier sortait déjà en France le second tome d’Empire of the Dead, le comic vampiro-zombie de George A Romero, aujourd’hui c’est le premier volume d’un autre comic mêlant zombies et vampires qui débarque dans nos contrées chez Panini Comics : Extinction Parade.
Publié en version originale chez Avatar Press depuis juin 2013 alors qu’Empire of the Dead a démarré chez Marvel fin janvier 2014, il aura donc fallu plus de temps à The Extinction Parade pour arriver chez nous malgré l’attrait du nom de Max Brooks, scénariste et créateur du comic, expert inconditionnel du zombie et auteur du best-seller World War Z.

extinction parade tome 1 panini comics max brooks

Nous voilà donc à présent avec deux comics très proches sur le papier – tous deux en 15 numéros, écrits par des grands noms du monde zombie et confrontant humains, zombies et vampires – alors autant dire que la comparaison est inévitable. Pourtant, les deux n’ont pas grand chose à voir. Ainsi, alors qu’Empire of the Dead et Extinction Parade sont également en lice pour être adaptés pour le petit écran, leurs manières d’aborder le genre zombie, en y introduisant des vampires, sont complètement différentes. Tandis que Romero semble s’être contenté d’avoir ajouté des vampires à son univers pour leur donner leur intrigue propre et n’en faire que des personnages secondaires, Brooks a lui décidé de les placer au centre de l’intrigue et de les intégrer à 100% à son univers zombies.

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Dans ce premier tome, nous suivons donc deux sœurs zombies alors qu’elles assistent peu à peu à l’effondrement de l’Humanité face à des zombies toujours plus nombreux. L’action ne se situe donc pas après l’épidémie zombie dans une ville de survivants, comme dans Empire of the Dead, mais sur une période de plusieurs années où les humains passent d’espèce dominante à race en danger d’extinction. Pour couronner le tout, Brooks nous emmène loin de la Grosse Pomme pour la péninsule Malaise, au cœur de Kuala Lumpur. Et c’est justement grâce à cette approche que Brooks marque des points. En effet, alors que ce tome sert surtout à nous présenter les héroïnes et à nous mettre dans la peau des vampires afin que nous puissions les comprendre, Brooks propose un récit intelligent.

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Nous découvrons ainsi des vampires, créatures arrogantes et complaisantes, qui dépendent des humains qui s’occupent d’eux et qui, sans la moindre reconnaissance de leurs maîtres, font leur possible pour masquer leurs crimes et gérer toute la paperasserie pour leur permettre de vivre dans la société des Hommes en toute discrétion. Malgré leur sentiment de supériorité, alors que les vampires se complaisent dans le luxe et dans leur immortalité, ils sont bien incapables de prendre la mesure de ce qui se joue sous leurs yeux alors que les humains sont de moins en moins nombreux. Ainsi, ne comprenant pas au départ que la mort progressive des humains signifie leur propre mort (ils se nourrissent uniquement de sang humain, pas comme ceux d’Empire of the Dead), ils décident au contraire, devant la chute des autorités, de se laisser aller à leurs plus vils instincts et de chasser à découvert. Ici, la réussite de Brooks est de nous confronter à des créatures dont nous avons du mal à comprendre les réactions mais qui gagnent malgré tout en crédibilité au fil des pages, à mesure qu’il nous plonge dans leur manière de penser, celle de monstres privilégiés et arrogants qui considèrent les zombies comme des créatures ridicules.

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Pourtant, pour nous amateurs de zombies, les morts-vivants de Brooks ont tout pour être terrifiants. Bien que ses zombies soient lents, il fait de leur nombre une force inarrêtable et n’hésite pas à nous dépeindre leur toute puissance en nous présentant brièvement la chute de villes comme Paris, Mumbay ou Mexico… Les zombies sont donc omniprésents dans le comic (bien qu’ignorés par les vampires), chose que Raulo Caceres, qui signe ici le dessin, a mis à profit pour conférer à l’ouvrage un véritable aspect horrifique cher à Avatar Press. Côté dessin, nous naviguons en eaux connues puisque Caceres est notamment le dessinateur de plusieurs numéros de Crossed Terres Maudites et de Crossed Psychopathe et qu’il a également signé de nombreuses couvertures de La Nuit des morts-vivants : Après l’Apocalypse, tous publiés chez Panini Comics en France. Nous retrouvons donc un style graphique que nous connaissons bien entre couleurs vives, agencement des planches dynamiques et gore à tous les étages.

Ce premier tome d’Extinction Parade est donc autant une curiosité avec sa thématique assez originale et surtout sa réflexion intelligente sur les vampires, qu’un comic assez classique avec ses zombies et son style très Avatar Press. Plantant surtout les bases de la suite, où les vampires prendront enfin conscience de leur devoir d’entrer en guerre contre les zombies, ce tome 1 s’avère cependant un comic vampiro-zombie bien plus abouti que le premier volume d’Empire of the Dead. Bref, un comic à lire, surtout si vous aimez Brooks.

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2 commentaires

  1. Aegon dit :

    Le résumé me fait fortement penser à l’une des histoires de World War Z, une des nouvelles relatant l’histoire de vampires combattants les zombies pour conserver leurs garde manger, le tout ce déroulant en Asie du Sud-Est !

    1. Maelendil dit :

      C’est en effet de cette nouvelle qu’est développée ce comic

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