Critique de Le Club des Punks contre l’Apocalypse Zombie

clubpunks

No Future !” voilà ce que les éditions ActuSF nous promettaient de hurler à tue-tête après avoir lu Le Club des Punks contre l’Apocalypse Zombie. Et nous n’avions aucune raison d’en douter puisque l’auteur, Karim Berrouka, appartient au groupe punk Ludwig Von 88 et a déjà signé de nombreux textes dont l’un primé par un jury amateur de Fantasy (Fées, weed et guillotines). C’est donc quelques jours après sa sortie le 04 mai dernier que nous vous livrons ce que nous avons pensé de ce roman.

« Paris n’est plus que ruines.
Et le prix de la cervelle fraîche s’envole.
Heureusement, il reste des punks.
Et des bières.
Et des acides.
Et un groupe électrogène pour jouer du Discharge.
Le Club des punks va pouvoir survivre à l’Apocalypse.
Enfin, si en plus des zombies, les gros cons n’étaient pas aussi de sortie…
Il est grand temps que l’anarchie remette de l’ordre dans le chaos ! »

Des punks et des zombies ? Voilà donc un mélange qui promettait de verser dans l’ultra violence décomplexée ! Enfin ça, c’était mon a priori de départ.

En effet, si l’histoire comporte bien un tas de zombies et sa dose de destruction anarchique dans notre belle capitale, elle n’est pas banale pour autant. Bien au contraire, l’histoire est plutôt atypique mêlant réflexion idéologique et action sur un fond humoristique et mystique. 

Faute à ma méconnaissance du monde punk, j’avoue que je m’attendais à suivre un groupe de durs tout en crête et en cuir, aimant l’hyperviolence à la Orange Mécanique. Mais en fait, pas du tout. La candeur de nos héros m’a ainsi pris à contre-pied. Ce sont de gentils anarchistes aux tendances nihilistes, déjantés et plutôt marrants, même si cela ne les empêche pas de recourir à la violence contre tout ce qui représente le pouvoir ou contre tout ce qui voudrait leur grignoter la cervelle. L’auteur nous offre alors une image sympathique du punk : des individus contestataires, prônant l’égalité, la liberté, le respect et refusant l’asservissement. Au fil de l’histoire il nous explique d’ailleurs sa version de l’idéologie Punk, sans que cela ne soit trop lourd dans le récit.  Finalement, une idéologie assez proche de la mienne  (je vais me faire pousser la crête) ; dans tout les cas une idéologie salvatrice pour les protagonistes du roman.

le club des punks contre l apocalypse zombieLe style littéraire est quant à lui convaincant et j’ai senti un auteur rompu à l’exercice. La lecture reste dans l’ensemble fluide, l’action n’étant pas alourdie par d’interminables descriptions. Et, malgré un important nombre de pages, l’auteur propose différents styles de narration et ne tourne pas en rond sur les mêmes mots et expressions. Je n’ai ainsi jamais eu cette impression gênante de répétition que l’on retrouve parfois dans certains romans d’action. L’auteur nous embarque donc assez facilement dans son histoire par son style, mais aussi grâce au côté humoristique de l’ouvrage, le dénouement final absurde en étant l’apothéose. Mais c’est certainement l’état d’esprit décalé de nos punks qui réveille le plus les zygomatiques entre espiègleries, comportements crétins et abus de substance.  

En revanche, si vous recherchez une ambiance oppressante, angoissante ou des torrents de sang, eh bien … ce n’est pas ici. Bien sûr, il y a un paquet de zombies et quelques scènes d’action intéressantes mais elles ne vous prendront pas aux tripes, l’originalité tenant plus au comportement des zombies fortement influencé par la musique. C’est là l’un des thèmes majeurs de ce roman et cela contribue largement à l’intérêt de l’histoire. D’ailleurs, Karim Berrouka, nous offre tout au long du roman quelques beaux hommages à la musique punk, même si j’avoue, là aussi, n’avoir quasiment aucunes connaissances en la matière, mais les références sont nombreuses et plairont certainement aux fans.

Enfin, bien que son but soit de nous divertir, ce roman a aussi un coté contestataire et critique de notre société, comme dans bien des œuvres depuis les films de notre bon vieux GeorgeEffectivement, une fois de plus l’ennemi mortel n’est pas le zombie mais bien l’homme et ses idéologies parfois tordues. Ici l’auteur oppose le coté punk (liberté-égalité-musique et drogue en tous genres) à l’homme moderne égoïste, consumériste et avide de pouvoir. L’auteur donne ainsi en pâture aux zombies quelques caricatures de ces hommes, sortes de guignols de carnaval abandonnés aux flammes. Cela passe du pervers manipulateur, à la religion jusqu’au paroxystiques membres du MEDEF qui profitent de l’apocalypse zombie pour ré-instaurer l’esclavage (plus efficace que l’article 49-3 cette apocalypse zombie).

En fin de compte, si vous cherchez un roman d’horreur, passez votre chemin. Par contre, si vous souhaitez vous évader avec une histoire marrante et embrasser la cause punk en crachant sur le MEDEF alors ce livre est fait pour vous. Le Club des Punks contre l’Apocalypse Zombie est un roman très sympa, plein d’humour avec une vraie réflexion idéologique. Bien qu’il soit un peu long, la fin vaut le coup et vous aurez enfin une explication “cohérente” à l’apocalypse zombie.

1 commentaire

  1. mulk dit :

    Ah ben cool… vais aller me le commander, tiens.
    au fait, petite faute de frappe: « Karim errouka » en gras – Karim Berrouka.. z’avez oublié le « B »…

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