Critique Le Berceau des Esprits, tomes 1 & 2

Le Berceau des Esprits

Avec le succès que rencontrent les oeuvres zombies depuis quelques années, il est étonnant de voir que Le berceau des esprits (Mouryou no Yurikago) n’a pas été estampillé du mot zombie par les éditions Ki-oon. Avec un tel titre, rien ne laissait présager qu’une histoire zombie se cachait derrière ce manga de Kei Sanbe, toujours en cours au Japon. Pourtant, Le berceau des esprits apparaît très rapidement comme un thriller horrifique zombie très réussi qu’il aurait été dommage de rater.

Alors que la croisière à laquelle participent plusieurs centaines de lycéens se déroule pour le mieux, leur bateau se retourne subitement en plein milieu de l’océan indien. Pire, au milieu de ce labyrinthe de tôle, un homme ayant visiblement perdu la raison, massacre tous ceux qu’il croise. C’est au milieu de cet enfer que plusieurs groupes de survivants éparpillés dans le navire doivent se battre pour survivre alors que ce qu’ils prenaient pour une simple folie meurtrière s’avère être un virus zombie contaminant de plus en plus de personnes. Une longue course vers la surface démarre alors, les lycéens devant réussir à regagner la soute du bateau renversé afin d’espérer s’en sortir avant que celui-ci ne coule. Malheureusement, les zombies ne sont pas le seul danger, le bateau se disloquant peu à peu et les différents groupes de survivants n’étant prêt à aucune concession pour survivre à ce cauchemar.

Le Berceau des Esprits

Le berceau des esprits démarre sur les chapeaux de roues et installe dès les premières pages un rythme soutenu. En effet, le manga débute alors que le bateau est déjà renversé et que le premier zombie massacre tout le monde. En quelques planches seulement, Kei Sande qui est déjà à l’origine du manga horrifique L’île de Hôzuki, parvient à captiver ses lecteurs en les confrontant à des personnages désespérés mais prêts à tout pour survivre. L’auteur ne laisse alors jamais le temps à ses héros de respirer et les découvertes macabres s’enchaînent à un rythme effréné.

A ce titre, si le rythme vient notamment de la multiplication des affrontements et des démembrements, tous plus gores et jouissifs les uns que les autres, Kei Sanbe multiplie les intrigues en jouant sur la psychologie de ses personnages. Ainsi, on se rend compte que les différents personnages manigancent pour leur propre survie, quitte à monter leurs compagnons les uns contre les autres. Du coup, les machinations s’enchaînent et on prend un réel plaisir à voir les différents personnages péter les plombs. Dès lors, lorsqu’ils se rendent compte que cette folie meurtrière est contagieuse et que les blessures des contaminés guérissent à une vitesse exponentielle, la méfiance s’installe entre les survivants. Les personnes se sachant infectées tentent alors de masquer autant que possible leurs blessures par peur d’être massacrées par les autres. La tension monte alors d’un cran, et le lecteur toujours captivé se retrouve à scruter les planches pour essayer de trouver les indices que l’auteur aurait pu laisser pour savoir qui est infecté ou non.

Le Berceau des Esprits

Le second tome est justement marqué par l’explosion de ces tensions. En effet, alors que la pression entre les personnages est très importante, celle-ci est encore plus forte entre les différentes équipes de survivants, ceux-ci n’hésitant pas à s’attaquer aux autres. Du coup, ce second tome nous plonge davantage dans l’horreur, en montrant les monstruosités dont sont capables des lycéens pour survivre. C’est certes classique, mais l’environnement dans lequel évoluent les personnages – un bateau renversé sombrant vers les abîmes – est tellement original pour une oeuvre zombie que l’on prend un malin plaisir à suivre les confrontations entre les survivants.

Enfin, le récit est emmené par un dessin dynamique avec un enchaînement des planches vraiment fluide et esthétique. Le travail effectué sur les décors est considérable et contribue admirablement à renforcer le sentiment d’oppression, les survivants étant coincés dans un bateau ravagé.

Malgré tout, même si l’on est captivé d’un bout à l’autre de ces deux tomes, on peut reprocher à Kei Sanbe d’avoir voulu introduire un côté Eichi (manga coquin) dans son manga. Certes, cela est souvent la norme et il est rare de trouver un manga dans lequel les formes des héroïnes ne sont pas outrancièrement mises en valeur, mais cela ne peut que lasser quand l’histoire ne s’y prête pas. Mais, rassurez-vous, Le berceau des esprits n’est pas non plus la caricature du genre qu’est Highschool of the Dead. C’est donc dommage que ces quelques planches décrédibilisent un peu une histoire aussi prenante.

En fin de compte, ces deux premiers tomes de Le berceau des esprits sont captivants et très rythmés. On espère donc que la suite ne s’essoufflera pas et que les revirements seront toujours aussi nombreux. On a hâte de découvrir comment ils vont réussir à se tirer de cet enfer.

Le Berceau des Esprits

Les illustrations de cet article sont la propriété de © Kei Sanbe / SQUARE ENIX CO., LTD.

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