Critique de Zombies Panic

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En septembre 2011, le premier roman zombie de Kirsty Mckay était publié au Royaume-Uni sous le titre de Undead. Très vite, face au succès du genre zombie, les éditions du Seuil sortaient une version française sous le titre vendeur de Zombies Panic dans leur catégorie jeunesse. Bien qu’il s’agisse d’un ouvrage clairement destiné aux adolescents et aux jeunes adultes nous avons décidé de nous intéresser au cas de ce Zombies Panic.

Bobby est la nouvelle de l’école. Dès son plus jeune âge, elle a quitté son Royaume-Uni natal pour se rendre aux États-Unis suite à la mutation de sa mère. Aujourd’hui, elle est de retour au pays pour s’y retrouver dans de beaux draps. Alors qu’elle participe à une classe de neige avec tous ses camarades qui ne cessent de la rabrouer à cause de son accent anglais-américain, tout tourne au cauchemar. Lors d’un arrêt à l’étape gourmande, elle se retrouve seule en compagnie de Smitty, le rebelle de la classe, et le chauffeur à l’intérieur du bus scolaire. Lorsque leur professeur revient sous forme de zombie et que l’une de leurs camarades, Alice, la fille branchée et superficielle, débarque paniquée affirmant que tous les autres sont morts, Bobby comprend que quelque chose de terrible est en train de se produire. Rejoints par Pete, le geek albinos faisant l’objet de toutes les moqueries, les quatre adolescents tentent de survivre à l’épidémie zombie qui vient de se déclarer, le bus étant leur seul refuge.

Selon nous, qui dit zombies panic livrelittérature jeunesse, ne dit pas littérature de bas étage. Nous avons donc refusé de dénigrer le style de l’auteur comme beaucoup l’auraient fait sous prétexte qu’elle s’adressait à un public jeune. On le sait, cette catégorie de la littérature recèle des merveilles notamment dans le genre de la Heroic Fantasy.
Le style de Kirsty McKay s’organise autour d’un récit à la première personne où l’on retrouve les pensées de l’héroïne Bobby. Construit de manière simple, avec des phrases courtes et directes, le récit s’articule principalement autour des traits d’esprits de Bobby. L’histoire est ainsi ponctuée, entre les phases de description pure de l’action, par les réflexions de l’héroïne. On comprend que l’auteur a voulu jouer la carte de l’humour avec des répliques intérieures plus ou moins cinglantes mais le niveau général reste assez navrant et ne vous fera presque jamais sourire. Malgré tout, la manière directe d’écrire de l’auteur permet d’apporter un vrai dynamisme à l’histoire.
Autre caractéristique qui confirme la place de Zombies Panic dans la section jeunesse, outre ce style conçu pour une lecture facile et auquel on accroche facilement, le ton léger donné à l’histoire. Le sujet zombie n’est jamais traité avec la ferme intention d’effrayer mais plutôt avec celle de divertir au travers du point de vue d’une adolescente de 15 ans. Lors de la lecture, c’est bien plus l’enchaînement rapide des événements qui nous pousse à continuer que l’immersion dans l’histoire. On a envie de savoir comment les héros vont faire pour s’en sortir, mais on lit d’un œil presque distrait, embarqué uniquement par le rythme – et non l’intensité – de l’histoire. A ce titre, le besoin de l’auteur de donner du rythme en permanence à l’histoire la pousse parfois à exagérer les situations. Par exemple, lorsque les quatre adolescents sont acculés dans la tour du château, on a l’impression de ne plus en finir tant les mésaventures se multiplient en quelques lignes : tel zombie se saisit de la cheville de tel personnage, puis de celle d’un autre, puis un meuble s’effondre, puis tel personnage tombe, se relève, avant qu’un autre tombe et ainsi de suite. C’est assez pesant.

Quoi qu’il en soit, kirsty mckayla première partie du livre est ainsi une sorte de survival, alors que les héros sont coincés dans l’autocar et font tout pour repousser les zombies qui les attaquent. Lorsqu’ils parviennent à s’échapper et prennent la fuite pour trouver un refuge, le fond de l’intrigue devient beaucoup moins intéressant et plus prévisible avec une histoire stupide de laboratoire pharmaceutique maléfique à l’origine du mal. Cet aspect de l’histoire est assez navrant à l’image de l’aventure amoureuse, ô combien prévisible, entre Bobby et Smitty qui multiplie les clins soleil toutes les trois lignes. De ce côté là, on est bien dans de la littérature jeunesse de faible qualité.

Il est malgré tout difficile de critiquer le choix de Kirsty McKay de choisir comme héros, une marginale, un rebelle, un geek et une vedette de l’école tant son choix est assumé pleinement. Les caractéristiques de chacun sont mises au service de l’histoire, entre Pete qui résoudra les problèmes d’ordre technique, Smitty qui jouera les gros-bras ou Alice… qui trouvera les interrupteurs (balaise !). Le résultat donne de nombreux dialogues plutôt banals mais qui conviennent à la légèreté générale de l’histoire. La construction des personnages est ainsi très classique, et on sait dès les premières pages que les différents personnages s’enverront des pics tout au long du récit mais qu’ils finiront par devenir les meilleurs amis du monde (voir plus si affinités).

Arrivé à la fin du livre, on prend conscience malgré notre détachement de l’histoire que les quatre adolescents ont finalement vécu bon nombre de mésaventures. L’ouvrage s’adresse donc à qui voudrait s’initier tranquillement à la littérature zombie, sans prise de tête et sans attacher trop d’importance à la légèreté de l’histoire et des personnages. Dommage que l’humour de l’auteur ne fasse pas mouche.

Vous pouvez retrouver la suite des aventures de Bobby dans Les Affamés paru en juin 2013 toujours aux éditions du Seuil.

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