Critique de Demain, quand j’étais mort ! Partie 1

demain quand j etais mort

Si je ne suis pas d’accord avec l’aphorisme « le rire est le propre de l’Homme », j’accepte volontiers d’entendre que tout être humain est sensible à une grosse gamelle burlesque et que même les plus grincheux sont avides de se taper une bonne tranche de rigolade.
Et, alors qu’il est parfois difficile de rire de certains sujets au risque de froisser, à notre corps défendant, la susceptibilité d’une minorité ou d’une communauté, il y a bien un sujet de moquerie qui peut rassembler tout le monde : les zombies. Non seulement, ils offrent de nombreuses possibilités de se fendre la gueule et en plus personne ne sortira de sa tombe pour venir rouspéter.
C’est justement une bonne poilade dans l’univers zombie que nous propose l’auteur français Eddard Mingwe dans Demain, quand j’étais mort ! via librinova pour seulement 0€99 !

« Connecticut-sur-Maine. Notre époque. Une exploitation isolée où résident des fermiers anthropophages & consanguins. Lorsqu’une météorite s’écrase et contamine la gigantesque mare d’élevage à grenouilles destinées à la consommation et à l’exportation, les ennuis ne font que commencer et une succession d’événements imprévus et cocasses pourrait bien nous mener à la fin du monde tel que nous le connaissons… Au menu : pandémie, mutations, morts-vivants, vivants-morts, batraciens à cinq cuisses, retraités fous furieux, recettes culinaires cannibales. »

demain quand j'étais mortPas de préliminaires, nous entrons ainsi dès les premières lignes dans la tête du personnage principal  : un zombie exprimant librement ses pensées et ressentis. Nous comprenons alors vite que notre anti-héros est très loin d’être aussi mentalement ralenti qu’il ne l’est physiquement.

L’auteur multiplie alors, par le biais de son personnage, les critiques de la société actuelle, et, même s’il enfonce parfois des portes ouvertes, propose des approches souvent agréables et originales. Ce sont ainsi de nombreux sujets qui transitent par les neurones pourrissant de notre héros : mal bouffe et bouffe bio, condition de l’Homme moderne (qui s’approche de celle du zombie), mépris des personnes âgées, gâchis du monde par l’Homme ou encore les failles et abus d’un système déjà pourri avant les zombies.

« Est-il préférable d’être un vivant presque mort ou un mort presque vivant ? »

Pourtant, malgré la sensibilité de ces sujets et la description de l’invasion zombie, l’auteur parvient à garder un ton léger. Car il s’agit bel et bien d’un roman humoristique. Si toutefois on n’explose pas de rire comme lors de la lecture d’un bon vieux Terry Pratchett, cette lecture ne m’a clairement pas laissé de marbre… funéraire, notre héros en décomposition enchaînant des blagues tout au long du roman.

« La mamie développait tous les symptômes de la maladie de Parkinson ce qui lui permettait de faire une mayonnaise du tonnerre. »

Malheureusement, l’auteur ne dose que relativement bien cette débauche de blagues et le résultat est parfois un peu lassant. Toutefois, comme les chapitres et les situations s’enchaînent rapidement et que le roman n’est épais que de 85 pages, on finit par en venir à bout avec plaisir, les neurones légèrement électrisés par la profusion de blagues sur les zombies auxquelles nous n’avions pas encore pensé.

En résumé, à ce prix, ne vous privez pas ! Le roman se lit très facilement et vous fera suffisamment sourire pour ne pas regretter votre achat. Vous êtes un puriste ? Lisez le quant même ! L’auteur vous réserve une surprise pour le dernier chapitre dont j’apprécierai de lire le développement dans la seconde partie des « chroniques d’une zombédie tragique » attendue dans quelques mois.

3 commentaires

  1. Ed dit :

    Merci d’avoir pris le temps de me lire & d’avoir rédigé cet article ! Je vous tiens au courant pour la suite^^

  2. Harvey dit :

    Oui, effectivement bien qu’inegal, ce roman court contient des perles et d’excellentes idées. Bonne surprise pour ma part !

  3. ascarothien dit :

    Pris sur Amazon. Pas cher. Sympa. Se lit sans déplaisir avec plein de trouvailles comme vous dites dans la critique. Merci de la découverte.

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