Critique de la trilogie Les Errants de Denis Labbé

les errants denis labbé

Depuis quelques semaines, c’est un grand nombre de critiques de romans de zombies made in France qui ont envahi MZC. Aujourd’hui, nous continuons ce tour d’horizon français avec une critique de la trilogie Les Errants de Denis Labbé, publiée chez les éditions du Chat Noir depuis septembre 2013 et dont le dernier tome est sorti en novembre 2015.
Professeur de lettres modernes dans le Nord de la France et passionné de metal, Denis Labbé nous propose d’embarquer, après La Rochelle, Reims, l’Alsace ou encore la Provence, du côté des Vosges et de Lunéville dont il est natif, pour une saga Young Adult (YA) zombie bien sympathique.

les errants origines“Que faire quand on est une adolescente et que le monde s’écroule autour de soi ?
C’est la question qui se pose à Marion, seize ans, que rien ne préparait à une telle catastrophe. Lors d’un voyage scolaire au camp de travail du Struthof, certains de ses camarades et de ses professeurs sont frappés par un mal étrange.
Alors que l’épidémie se répand, elle essaie d’y échapper, en compagnie d’un groupe d’amis rescapés. Mais sans l’aide d’adultes, la tâche va s’avérer délicate et la vie en communauté pas si aisée que cela.”

Dans Les Errants, nous suivons Marion et ses amis dont nous découvrons les aventures à travers les écrits de la jeune fille. Comme tout bon titre YA, cette série nous offre donc une brochette de personnages variés entre la lycéenne peu sûre d’elle qui se retrouve dans le rôle de leader, le sombre metalleux, la gothique ou le garçon mal dans sa peau. Denis Labbé flirte certes avec les clichés mais à mesure que l’histoire se développe, il parvient à faire des particularités de chacun de ses personnages, une raison supplémentaire de s’intéresser à eux. Les dynamiques qui s’installent dans le groupe, même si elles ont une forte tendance à se répéter car uniquement interprétées par la narratrice (Marion), facilitent l’immersion du lecteur dans le récit. De ce point de vue là, j’ai eu le même plaisir à suivre ces personnages qu’à suivre ceux d’un Zombie Panic.

les errants evolutionComme souvent, j’ai en revanche plus apprécié le premier tome notamment car il place nos héros au centre du début de l’épidémie zombie et car les lieux choisis – un ancien camp de concentration nazi – m’ont semblé apporter un vrai plus à l’intrigue. Une fois que nos héros les quittent, nous entrons dans quelque chose d’un peu trop classique à base de simple survie et de quête pour retrouver les parents des personnages. Heureusement, Denis Labbé, malgré de nombreuses facilités scénaristiques comme une abondance d’armes disponibles pour nos héros, parvient à greffer plusieurs bonnes idées à cette intrigue classique notamment grâce aux différentes formes de zombies auxquelles les héros sont confrontés tout au long des trois tomes. Les scènes d’action sont ainsi particulièrement nombreuses et toujours bien menées.

Au-delà de la simple histoire, un témoin intéressant permettant de juger des qualités d’un roman YA, reste pour moi le message que l’auteur essaie de véhiculer à travers son récit. À ce niveau-là, même si les choses sont parfois amenées avec guère de subtilité, j’ai réellement apprécié les parallèles de l’auteur entre l’apocalypse zombie et l’horreur nazi, et sa façon de conférer une certaine innocence à ses héros (malgré leurs actes) face aux choix souvent désastreux des adultes.

les errants dispersionsCôté style, après avoir eu beaucoup de mal avec ceux de mes dernières lectures, j’ai enfin eu le plaisir d’être confronté à un style fluide et bien mené. L’auteur ne fait pas dans l’excès (sauf dans le premier tome où il nous noie sous les références inutiles à la culture zombie), retranscrit très bien les pensées de son héroïne et ne perd jamais son lecteur. Je regretterai juste des dialogues parfois un peu trop convenus et peu crédibles ainsi qu’un travail éditorial moindre dans le dernier tome qui compte un grand nombre de coquilles là où les deux premiers sont impeccables.

Certes Les Errants est loin d’avoir l’envergure et toutes les qualités d’une saga comme Ennemis mais cette trilogie s’avère un divertissement sympathique qui nous propulse aux côtés de personnages classiques mais intéressants dans un décor original et français. Certainement pas un indispensable mais une bonne contribution française, après Métro Z, à la littérature zombie YA.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *