Critique de Zoombies

Zoombies

Pour les amateurs d’animaux zombies, demain sera un grand jour puisque sortira enfin Zoombies en France en DVD. Ce film diffusé en avril sur Syfy aux États-Unis est l’oeuvre de deux habitués du genre, Glenn Miller à la réalisation et Scotty Mulen au scénario. Toutefois, dire d’eux que ce sont des habitués est un peu un mensonge puisqu’ils n’ont principalement bossé que sur un autre film du genre The Coed and the Zombie Stoner qui était loin d’être un chef d’oeuvre. Alors, si vous ajoutez à cela que Zoombies est lui aussi produit par The Asylum, les spécialistes du mockbuster, il y a fort à parier que les lignes qui vont suivre ne seront qu’un déferlement de critiques plus ou moins bien construites et légèrement amusantes.

« Quand un étrange virus se répand rapidement dans un zoo et transforme les animaux en zombies, ceux qui sont coincés dans le parc doivent arrêter les bêtes avant qu’elles ne contaminent toute la ville. »

Pas de doute à la lecture de ce court synopsis, nous sommes dans un film The Asylum. Pour ne pas passer pour un “haineux”, je ne pousserai pas le vice jusqu’à dire que le scénario original contient autant de mots que ce résumé, mais on ne doit pas en être bien loin.
Mais, après tout, de nombreux bons films peuvent se résumer assez vite. Par exemple, Rammbock : Berlin Undead, un film qui ne paye pas de mine à première vue et dont le synopsis n’est pas des plus attrayants et qui est pourtant excellent. Car, dans le genre que nous affectionnons tant, tout est souvent une histoire d’ambiance. Et avec un zeste d’humour, une idée originale ou des personnages atypiques, un film pas génial peut facilement devenir une zombédie culte, comme Dead Snow. Malheureusement, ce n’est pas le cas pour Zoombies alors qu’à quelques gros détails près, nous aurions pu avoir affaire à un bon film.

Zoombies

Tout d’abord, ne crachons pas trop vite dans la soupe : même si le jeu de mots du titre est tout pourri (Zoo + Zombies), l’idée est originale. En effet, parmi la pléthore de films de zombies, ceux avec des animaux zombies sont assez rares, d’autant que généralement seule une espèce animale est affectée, comme les castors de Zombeavers (là au moins le jeu de mot avait une connotation sexuelle sympa, en tout cas pour les américains) ou encore les terribles moutons de Black Sheep et les vaches de Dead Meat. Ici, au contraire, ce sont tous les animaux du Zoo qui sont touchés, laissant largement aux scénaristes de quoi se faire plaisir. Ainsi, les infortunés protagonistes du film croisent des singes, des girafes, des lions, des éléphants, un phacochère, des oiseaux, un koala et un gorille zombie. D’ailleurs, entre parenthèses, seul les animaux sont touchés et pas l’Homme ; c’est un peu absurde puisque nous ne sommes après tout que des singes sans poils (enfin, j’ai quand même un collègue qui se rapproche vachement du singe). Mais n’oublions pas que pour une énorme partie de la population mondiale, l’Homme a été fabriqué par un barbu durant son temps libre. Je sais, ma remarque est très conne, chercher de la cohérence dans un film fantastique c’est ça qui est encore plus absurde.

Zoombies

Bon, revenons à nos moutons zombies. Ainsi, alors que la multiplication des types d’animaux aurait dû nous offrir une bonne tranche de franche rigolade, j’ai malheureusement trouvé que l’idée n’avait pas été poussée jusqu’au bout. J’ai bien cru que nous aurions droit à quelques morts vraiment originales et amusantes comme lorsque les girafes écartèlent joyeusement l’un des héros, mais cela n’a pas été le cas. Vous aurez tout de même le droit à une explosion de boîte crânienne par un gorille certainement fan de Game of Thrones et à une attaque bien lamentable par des oiseaux et c’est à peu près tout.
En fait, je regrette surtout que le film n’ait pas embrassé son côté humoristique. En effet, Zoombies se contente simplement d’esquisser des situations qui auraient pu le rendre comique, comme le massacre du joli koala zombie par une petite fille. Or, quand un film nous fait rigoler, généralement on l’aime. Malheureusement, l’ambiance reste ici trop sérieuse, et c’est finalement l’état d’esprit de beaucoup de productions de The Asylum : un pastiche qui se prend au sérieux (Z Nation reste l’exception qui confirme la règle).

Dans le même style, les personnages, tous clichés, auraient eux aussi pu faire tourner ce film en zombédie. Cependant que ce soit l’étudiante pimbêche avec son T-shirt moulant et son minishort ou bien encore les mecs un peu costaud qui se trimballent en montrant les biscoteaux, ils ne présentent aucun intérêt. Pire, dès que l’un d’entre eux se saisit d’un flingue, il devient tireur d’élite et c’est le head-shot assuré. Mais là aussi, Zoombies manque cruellement d’ambition et le film aurait peut-être gagné en intérêt si les scénaristes avaient réellement poussé le délire jusqu’au bout. Avoir des animaux zombies, c’est bien, encore faut-il en tirer quelque chose de divertissant.

Zoombies

Cependant, le jeu d’acteur n’est pas mauvais alors que, vu le contexte, nous aurions pu comprendre que les acteurs n’aient pas envie de se froisser un muscle en jouant de manière correcte. De plus, temps que je suis dans les compliments, je dois dire que j’ai trouvé qu’au niveau de l’image et du montage le film s’en sortait plutôt bien. C’est très loin du film amateur ; je dirais même que l’on sent un vrai savoir faire de la part du réalisateur même si c’est un savoir faire que je qualifierais d’un peu trop académique. Par contre, pour ce qui est des trucages et des effets numériques, cela aurait mérité un peu plus d’efforts, mais là encore c’est un peu la touche The Asylum : “C’est kitch, c’est moche, c’est mal fait mais c’est pas grave, c’est le scénario qui compte. Comment ça pas de scénario, non plus ?”. Dernière remarque : les cascades sont bien pourries, en particulier l’accident de voiture qui est une merveille de nullité.

Une fois de plus pour faire court, malgré la qualité correcte du film en terme d’image, de jeu d’acteur et de montage, il n’en reste pas moins que Zoombies est décevant et qu’il ne mérite absolument pas un second visionnage (ce qui est un critère important pour moi). En d’autres termes, c’est un mauvais film de bonne qualité mais attention ce n’est pas un nanar pour autant, le nanar a quelque chose d’attachant, là non. Cela est d’autant plus décevant que Zoombies aurait pu être une zombédie correcte en appuyant sur l’absurde, le comique et les morts originales dues aux Z-animaux. Je n’attendais pas grand chose de ce film, mais finalement je trouve dommage d’avoir gâché un concept qui aurait peut-être pu donner une bonne zombédie, mais ma lubie naissante pour les animaux zombies sera peut-être un jour comblée par la diffusion de la série The Other Dead ?

2 commentaires

  1. sentensa84200 dit :

    Mouais, film très bof.

    Pas de réelles surprises dans l’histoire, vraiment dispensable comme film.

    Peut-être plutôt regarder la série ZOO. C’est mieux filmé et l’histoire est plus intéressante même si les animaux ne sont pas des zombies, le concept est grosse modo le même.

    1. Squeletor dit :

      D’ailleurs dans Zoo, on a droit à du quasi zombie dans la saison 2 (c’est bref, mais ça le fait). Après, oui cette série est mieux que Zoombies (en même temps c’est pas dur), mais c’est pas terrible quand même…

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