Critique de DeadHeads

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En 2011, DeadHeads s’est fait connaître pour avoir fait le tour de nombreux festivals en témoigne la longue liste de leurs nominations et victoires sur leur site officiel. Réalisé par deux frères inconnus du grand public, Brett et Drew T. Pierce, le film constitue leur première réalisation. Pourtant, ils ne sont pas nouveaux dans le milieu du cinéma et semblent même avoir un peu touché à tout puisque Drew a été acteur dans Day of the Dead 2: Contagium, de son coté Brett a réalisé une vidéo intitulée Dead/Undead et les deux ont enchaîné les rôles d’assistants pour diverses productions. DeadHeads apparaît alors comme leur premier vrai projet cinématographique. Pour ce faire, ils ont décidé de s’attaquer au genre très en vogue mais difficilement maîtrisable de la zombédie. Alors qu’en est-il ?

DeadHeads raconte l’histoire de deux mecs, Brent et Mike, qui ne se connaissent pas et qui se réveillent subitement transformés en mort-vivants, au milieu des bois alors que le pays est touché par une apocalypse zombie. Toutefois, bien que devenus des zombies, nos deux héros sont particuliers dans la mesure où ils ont conservé leur conscience d’eux-mêmes. Ils se lancent alors dans un road trip semé d’embûches à travers les États-Unis, afin de retrouver l’amour de Mike. En route, ils auront à faire face à des nombreux dangers comme des chasseurs des zombies arriérés.

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Un bon début et de beaux effets gores
Les vingt premières minutes constituent une mise en bouche de choix. En effet, les frangins ont réussi à mettre en scène de manière plutôt talentueuse des situations incongrues et marrantes, bien que l’idée de faire un film de zombie avec des mort-vivants conscients de leur état soit, pour nous, une aberration. Toutefois, il en ressort certaines scènes intéressantes comme celle où les deux héros sont mêlés à un groupe de survivants soutenant un siège contre des zombies, ce qui donne lieu à un capharnaüm des plus amusants quand les deux mort-vivants se font démasquer par les survivants, l’un deux s’étant cloué la main aux fortifications et y laissant son bras. D’ailleurs, les deux acteurs qui incarnent les deux personnages principaux sont plutôt bons et leur duo fonctionne suffisamment bien pour donner du rythme au début du film.

De plus, ces vingt premières minutes allient efficacité de la mise en scène et réalisme des maquillages et des effets gores. A ce titre, les réalisateurs n’ont pas lésiné sur les massacres et les mises à mort hautes en couleur.

Pourtant, alors que la sauce commence à prendre, on se rend rapidement compte que les frères Pierce n’ont rien d’autres à nous proposer qu’un humour lourd et poisseux qui finit par être réellement insupportable.

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A Very Disappointing Trip au pays des mort-vivants
Une fois la première demi-heure passée, l’ennui s’installe et DeadHeads ne parvient plus à nous faire sortir de cet état de somnolence dans lequel nous sommes tombés. D’ailleurs, même le recours à des gags au goût de plus en plus douteux ne saura nous sortir de notre torpeur. Du coup, même des scènes qui auraient pu être drôles finissent par nous endormir tant elles sont mal amenées et mal interprétées, à l’image de ce passage où l’un des héros ramasse son sexe qui était tombé et le fourre dans sa poche pour le ressortir fièrement plus tard dans le film.

Une fois la folie des premiers gags mongoloïdes digérée le scénario n’apporte rien de neuf et ne parvient pas à sortir de l’ornière de l’humour lourd et facile. On se contente de suivre nos deux héros alors qu’aucun rebondissements ne semblent avoir été prévus dans le scénario. Ce n’est d’ailleurs pas la fin du film qui relèvera le niveau tant elle est consternante et prévisible.

A cela s’ajoute le mauvais jeu d’acteur des seconds rôles. Ils en font des tonnes et se contentent de grimacer pendant tout le film si bien que leurs personnages passent vraiment pour des dickheads insupportables.

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Deadheads apparaît au bout du compte comme une grosse arnaque. Récupérant les codes des comédies zombies, il se limite à en singer les apparences et nous livre, avec ses deux zombies finalement très (trop) humains, qu’une banale comédie pour ados. Mais, nous pouvions nous en douter à la simple vue des accroches marketing de la jaquette du DVD, vantant que le film est meilleur que Shaun of the Dead ou Zombieland. Généralement, on survend toujours ce qui a du mal à se vendre… Comme quoi, il ne suffit pas de faire courir des gars maquillés en zombies dans la campagne pour faire du Very Bad Trip.

Pour finir, on vous précise que le film sera disponible officiellement en DVD/BR en France dès le 17 janvier prochain, édité par la société EMILYA.

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