The Last Survivors

The Last Survivors, Épisode 4 – Chapitres 4 & 5

Publié le 28 novembre 2014 par dans Divers, NewsCommentaires (3)

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4

Carlos conduisait une vieille camionnette sur un petit chemin en terre, au nord du Sanctuaire. Taggart et Marcus l’accompagnaient. Le véhicule s’arrêta dans une clairière, à côté d’un vieil abri de jardin en bois.

—   Allons-y ! dit Carlos d’une voix forte en sortant de la camionnette. Salomon veut que l’on prépare les zombies pour leur repas.

—   Cette salope m’a eu par surprise ! pesta Taggart en descendant du véhicule.

Il entra dans le cabanon et prit une longue pince en aluminium posée sur une des étagères. Il en lança une deuxième à Marcus qui venait de le rejoindre.

—   On s’est fait avoir tous les deux ! ajouta le jeunot. Pas la peine d’en faire toute une histoire.

—   Rien à foutre ! Je vais lui apprendre les bonnes manières, moi, à cette femme !

—   Hé ! Les gars ! les interrompit tout à coup Carlos. On arrête de chialer comme des gonzesses et on se met au boulot !

—   Ouais !

—   Salomon en veut huit pour la cérémonie. Alors on fait gaffe de ne pas se faire mordre et on me les entasse dans le camion !

Il y avait un enclos au milieu de la clairière. Plusieurs zombies étaient agglutinés contre la clôture et grognaient, leurs bras tendus à travers les mailles du grillage. Un long couloir de quinze mètres reliait l’enclos à une cage, plus petite, conçue pour n’accueillir qu’un seul monstre à la fois. Le couloir était fermé à chacune de ses extrémités par une porte coulissante en fer.

Taggart s’approcha du grillage et fixa un zombie. C’était une femme vêtue d’une longue robe rouge déchirée au niveau de la poitrine. Un de ses seins pendait sur son vêtement. Le cadavre n’avait plus de menton. Ses dents pourries s’entremêlaient sur sa gencive sanguinolente et sa langue se balançait hors de sa gueule quand elle grognait.

—   Hé ! Marcus ! s’exclama l’homme. Regarde celle-là ! Ça doit être un sacré bon coup !

—   Tu vas arrêter tes conneries, oui ! lui conseilla Marcus en testant sa longue pince.

—   Je suis sûr qu’elle a envie de moi !

Il se rapprocha du zombie mais il recula tout à coup quand le macchabée lança ses mains lacérées hors de l’enclos en poussant un grognement. Taggard ricana.

—    Quel abruti ! dit Marcus en souriant.

Agacé, Carlos agrippa le cul-terreux par le col de sa chemise et l’agita.

—   Mec ! Calme-toi ! s’exclama Taggart en retirant sa main d’un geste brusque. C’est jute pour s’marrer !

—   S’marrer ! répéta Carlos en vociférant. On ne plaisante pas avec eux. Une seconde d’inattention et ils te bouffent le cul ! Compris ?

—   Ouais.

—   Je ne rigole pas. Encore une connerie de ce genre et je te mets une balle dans la tête !

Le cul-terreux renifla en baissant la tête. Il donna un violent coup de pied dans l’enclos pour se calmer et rejoignit Marcus.

—    Allez ! Au boulot, les bouseux ! lança Carlos.

Marcus entra dans la cage en portant un cochon. L’animal grouinait en se tordant dans tous les sens. Le jeunot traversa le couloir et le déposa à l’entrée de l’enclos. Il ressortit ensuite en laissant la porte de la cage ouverte.

En entendant les cris stridents du cochon, les zombies se massèrent à l’entrée. Carlos fit coulisser la porte en fer et un cadavre s’engouffra dans le couloir. L’homme referma aussitôt la porte derrière lui. Le monstre se courba sur le sol et essaya d’attraper le cochon qui courait vers la cage. Il tendait ses bras vers l’animal sans parvenir à s’en emparer.

Le zombie entra dans la cage. Carlos ferma immédiatement la seconde porte. Le monstre était pris au piège. Mais il ne s’en rendit pas compte. Il essayait toujours d’attraper le cochon en titubant.

Taggart et Marcus entrèrent, agrippèrent le cou du macchabée avec leurs longues pinces et le tirèrent à l’extérieur sous ses grognements. Le monstre se débattait en agitant ses bras. Les deux types le traînèrent jusqu’à l’arrière de la camionnette et l’obligèrent à entrer. Une fois à l’intérieur, il lâchèrent le mort-vivant, puis Carlos referma les portes du véhicule.

La camionnette avait spécialement été aménagée. Une bande de la carrosserie avait été retiré sur toute la longueur du véhicule et des tiges en fer avaient été soudées pour combler l’espace vide. Des menottes métalliques ensanglantées pendaient vers l’extérieur, attachées à chaque barreau par un des bracelets.. Elles attendaient patiemment leur prochaine victime, un zombie qu’elles immobiliseraient sans pitié.

Carlos attira le cadavre vers le fond du chargement en frappant contre la carrosserie depuis l’extérieur. Le monstre obéit, attiré par le bruit. Il passa ses mains entre les barreaux mais l’homme les attacha avec les menottes. Le premier zombie était capturé.

C’était un procédé qu’ils connaissaient bien. Attirer le zombie dans la cage avec un appât, l’obliger à entrer dans la camionnette et l’attacher. Ils savaient précisément ce qu’ils devaient faire. Après une heure de travail acharné, sept monstres étaient ligotés aux barreaux du véhicule. Les deux bouseux avaient réussi à tirer le dernier hors de la cage. Mais le cadavre était plus costaud que les autres. Il campait sur ses pieds en maugréant.

Tout à coup, la longue pince de Marcus se brisa. Surpris, Taggart lâcha la sienne. Il fit deux pas en reculant et trébucha. Libéré, le zombie se jeta sur lui en ouvrant sa gueule mais Carlos lui mit une balle dans la tête. Le corps du macchabée retomba sur le cul-terreux qui le repoussa avec dégoût.

—    Alors ! dit Carlos en gloussant. Tu te marres, là ?

Marcus aida Taggart à se relever. Ce dernier haletait.

—   Bande d’abrutis ! ajouta Carlos en rengainant son glock. (Il referma les portes de la camionnette.) Bon. Je pense que ça suffira pour aujourd’hui.. Je vous dépose à l’église. Salomon veut que vous conduisiez la femme du groupe au culte. J’ai deux ou trois choses à faire. Je ramènerai ensuite la camionnette au hangar.

The last survivors

5

L’église était bondée. Les résidents du Sanctuaire s’étaient regroupés en masse pour assister au culte. Escortée par Taggart et Marcus, Sarah entra.

—    Pourquoi je suis là ? demanda-t-elle en descendant les trois marches de l’entrée.

—    Ferme-là et avance ! rétorqua Taggard en la poussant avec son fusil.

—   Au fait, ajouta la jeune femme, ta mâchoire, ça va !

Sarah savait appuyer là où ça faisait mal. Le cul-terreux se renfrogna. Il lui agrippa le cou avec une main et la menaça de son arme avec l’autre.

—    Ne m’oblige pas à te faire mal, salope !

Marcus s’interposa en baissant son fusil.

—    Arrête ! Salomon la veut vivante.

—   Ouais mais j’en ai rien à foutre, moi, du vieux ! (Mais il se ravisa et la lâcha quand il se rendit compte que tout le monde le regardait.) Il y aura forcément un moment où on se retrouvera seuls, toi et moi. À ce moment-là, je t’apprendrai les bonnes manières. (Il lui chuchota à l’oreille.) Je te montrerai ce que c’est un homme. Un vrai.

—   J’ai hâte de voir ça ! persifla Sarah.

—   On verra si tu feras encore ta maline !

Taggart la poussa à nouveau avec le fusil.

—    Avance, maintenant !

Il l’obligea à s’asseoir sur un banc, parmi les résidents du Sanctuaire. Les deux hommes restèrent debout, derrière la jeune femme.

Après une minute d’attente, la porte de l’abside s’ouvrit. Le Révérend Salomon apparut dans un silence sépulcral. Il se posta derrière un pupitre installé sur une petite scène et toussa pour s’éclaircir la voix.

—    Bonjour à tous !

La salle se leva brusquement en applaudissant avec ferveur. Sarah resta assise. Elle n’avait pas l’intention de se prêter au jeu. Salomon leva les mains, les paumes tournées vers le plafond de la nef et l’assemblée se rassit en silence. Le révérend était vêtu d’une longue aube blanche, d’un chasuble de couleur or et d’une étole rouge. Il arbora un sourire presque forcé et s’exclama d’une voix théâtrale :

—   Mes chers frères ! Mes chères sœurs ! Nous vivons en ce moment les heures les plus sombres de notre histoire. Dieu nous met à l’épreuve ! Dieu teste notre foi ! Alors ne vous détournez pas de son amour. Il est présent en chacun de nous et tout autour de nous. Il voit ce que nous faisons ! Et par nos actions, il sait que nous agissons en son nom ! Il sait que nous sommes là uniquement pour servir son dessein ! Mais l’Homme est faible, mes amis. Nous sommes faibles ! Mais je prie tous les jours. Je demande à Dieu de nous pardonner pour nos faiblesses. Je l’implore de nous accorder sa miséricorde. Et il me répond ! Vous savez ce qu’il me dit ? (Il marqua une pause et reprit en haussant la voix. Il tendit son poing devant lui.) Non ! Tu n’agiras pas dans ce monde comme ils agissent ! Non ! Tu ne feras pas ce qu’ils font ! Car le monde dans lequel vous vivez est une terre de pécheurs ! (Il ouvrit la Bible posée sur le pupitre. Le son de voix s’adoucit.) Dieu nous dit : Il n’y a point de juste, pas même un seul ; nul n’est intelligent, nul ne cherche Dieu. Tous sont égarés, tous sont pervertis ; il n’en est aucun qui fasse le bien, pas même un seul. (Il referma le livre.) Écoutez ces paroles, mes frères et mes sœurs ! Entendez sa voix !

Il inspira profondément en fixant la salle. Ils étaient tous pendus à ses lèvres. L’homme fronça les sourcils et poursuivit.

—   Dieu nous le dit ! Ils sont tous pervertis… Il n’en est pas un qui fasse le bien, pas même un seul. Que devons-nous tirer de cet enseignement ? (Il désigna l’extérieur de l’église du doigt.) En dehors de nos murs, ils sont tous des pécheurs ! Pourquoi ? Parce qu’ils refusent le droit à la vie avec leurs avortements et leurs préservatifs ! Ils copulent en dehors des liens sacrés du mariage ! Ils marient leurs homosexuels ! Ils se complaisent dans le mensonge et dans la luxure ! Mais Dieu n’est pas dupe !

—   Non ! s’exclama la salle, d’une seule voix.

—   Dieu n’a pas de miséricorde envers les infidèles !

—   Non !

—   Et il les punira pour leurs péchés !

—   Alléluia !

Toute la salle applaudit avec fougue.

—   Mes amis ! Leurs péchés résonnent maintenant jusqu’à nos murs, poursuivit le révérend alors que la salle se rassit. Ils frappent à notre porte ! Mais notre Seigneur nous a donné un endroit où nous réfugier. Il nous a donné notre Jérusalem ! Mais ne vous détrompez pas. Même à l’intérieur de ses murs, le péché est présent et il porte ce visage ! (Il désigna Sarah en criant. Ils se retournèrent tous pour la fixer.) Ne vous fiez pas aux apparences. Le pécher peut prendre la forme de la plus belle des créatures. Pourquoi ? Pour nous tromper. Pour se jouer de nous. Mais le cœur de cette femme est corrompu et son corps est perverti !

Sarah se sentit tout à coup mal à l’aise. Sa respiration s’accéléra brutalement en sentant tous ces regards sur elle. Car toutes les personnes présentes la fixaient. Il n’y en avait pas une qui ne s’était pas retournée. Leurs yeux étaient grands ouverts. Et ils ne reflétaient pas la pitié. Non. Ils reflétaient la haine.

—   Quand Dieu a jeté sa colère sur ce monde, expliqua la révérend en fermant les yeux comme s’il voulait revivre un souvenir, il s’est adressé à moi. Il m’a dit de garder espoir. Il m’a dit que les justes seront sauvés. Car Notre Seigneur a un plan, mes amis. Un plan pour chacun d’entre nous ! Notre Jérusalem sera son sanctuaire pour accomplir son dessein.

Une femme dans la salle se leva.

—   Quel est ce plan, Révérend ? s’exclama-t-elle avec ivresse. Qu’attend-il de nous ?

—   Doucement, mes amis. Notre Seigneur nous le fera bientôt savoir.

—   Amen !

—   Mais en attendant, il nous a offert un cadeau inestimable. Un présent qui nous permettra de garder foi en lui. (Il inspira profondément.) Son pouvoir !

—   Alléluia !

Un homme entra dans l’église, accompagné de la fille de Patric. Ils traversèrent l’allée séparant les deux rangées de bancs, vers l’autel. Le cœur de Sarah s’emballa tout à coup en la voyant. Son visage fondit littéralement. La gamine s’allongea sur l’autel, aidé par l’homme. Salomon s’approcha d’elle.

—   La force de notre Seigneur nous sera révélée à travers le cœur pur des enfants des infidèles ! Voilà ce qu’il m’a dit !

Salomon se posta au-dessus de la fillette et sortit une dague en argent. Sarah se redressa avec inquiétude.

—   Dieu nous parle en ce moment ! s’écria le révérend. Écoute-moi, Jérusalem ! Écoute ces paroles ! Je te donne mon pouvoir ! (Il criait.) Prends-le ! Abreuve-toi de ma force ! Sois mon bras vengeur et punis les impies !

Il leva furieusement la dague au-dessus de sa tête. Sarah  trembla d’effroi.

—    Non ! hurla-t-elle.

Le révérend retint sa respiration et fixa Sarah un instant. Puis il reporta son attention sur la fillette et d’un geste rapide et précis, il la poignarda à la poitrine.

La fillette n’était pas effrayée. Elle sentit une étrange froideur envahir son corps. Sa respiration s’accéléra tout à coup puis ralentit lentement. Son visage blêmit. Ses yeux s’exorbitèrent et elle rendit son dernier souffle en fixant le regard angoissant du révérend.

—    Non ! Non !

Sarah voulut s’interposer mais Taggart la retint par la taille. Elle se débattit en agitant les bras et les jambes mais l’homme la tenait fermement.

—    Salopard !

Le cul-terreux la tira difficilement hors de l’église. Marcus referma ensuite les portes derrière elle.

Salomon plongea sa main dans la poitrine de la fillette et en ressortit son cœur ensanglanté. Il le leva comme un trophée en s’écriant :

—    Ceci est le pouvoir de notre Seigneur !

La salle se leva et s’exclama avec ferveur.

Fin de l’épisode 4


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3 commentaires pour The Last Survivors, Épisode 4 – Chapitres 4 & 5

  1. sébastien dit :

    Toi, oui toi qui suis régulièrement les aventures de The Last Survivors. N’aies pas peur du zombie que je suis et viens liker la page officielle de la série : https://www.facebook.com/thelastsurvivorszombie
    News, chiffres, résumés des chapitres, tout y est. Alors viens, entre zonzons, on va bien se marrer!!!

  2. Comtesse Tateyre dit :

    J’ai encore une fois beaucoup aimé ce chapitre.
    La technique pour faire entrer les zombies dans le camion est très bien pensée (mais quand même, pauvre cochonou).
    Le must : le discours de Salomon et la façon dont ses brebis y répondent, cette espèce de ferveur qu’on retrouve parfois dans les églises où à la fin ils chantent tous du gospel et où c’est la fête, où les fidèles n’hésitent pas à se lever et à poser leurs questions en plein milieu du prêche. j’ai beaucoup beaucoup aimé, on sent bien l’influence et l’emprise de Salomon sur les habitants du sanctuaire.

    • Sébastien dit :

      Comme on dit : tout est bon dans le cochon… même pour les zonzons.
      Le culte est effectivement fortement inspiré de ces ambiances là. On voit vraiment toute l’emprise que Salomon a sur ses fidèles. Mais dans quel but? Quel est le plan de Dieu? mystère…mystère…

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