Critique de Bong of the Dead

Bong of the Dead

Réaliser son rêve, voilà ce qu’avait Thomas Newman en tête le jour où il a brisé sa tirelire pour récupérer ses 5000 $ et se lancer dans l’aventure Bong of the Dead. Pourtant, il a failli ne pas aller bout tant la post-production de cette zombédie a été ralentie suite à la perte de la bande son après un incident technique. Du coup, alors que le film a été tourné en à peine 15 jours, il aura fallu plus de 2 ans à Thomas Newman et son équipe pour achever Bong of the Dead. A-t-il bien fait de s’accrocher avec une telle ferveur à son rêve ?

Réaliser son rêve n’est pas chose aisée surtout lorsqu’il s’agit de réaliser un film indépendant que l’on souhaiterait voir devenir un classique. Pourtant Thomas Newman n’a pas reculé et a attrapé le taureau par les cornes en nous proposant un scénario vraiment original mêlant zombies et weed. Disponible sur internet depuis début 2012 en téléchargement légal, Bong of the dead raconte l’histoire de Edwin et Timmy (Marc Wynn et Jy Harris) deux colocataires, drogués et un peu attardés, qui, suite à une épidémie zombie due à une chute de météorites, mettent au point un super-fertilisant à base de cerveaux de zombies. Celui-ci permet une croissance rapide de leur herbe fétiche. Ainsi, six mois plus tard, quand ils viennent à manquer de leur potion magique, ils décident de se rendre dans la Danger Zone, où l’armée a enfermé les derniers zombies, pour une chasse au cerveau. Toutefois, alors qu’ils tombent en panne en chemin, ils croisent Leah (Simone Bailly), une survivante vivant à proximité de la danger zone. Elle se retrouve alors bien malgré elle engagée dans leur aventure.

Bong of the Dead

La pipe à eau de la mort, c’est pas du pipeau
Alors que l’apanage de bon nombre de films indépendants est d’échouer à cause de leur faible budget, Bong of the dead propose un spectacle que l’on peine à croire réalisé avec seulement 5000 $.
En effet, les scènes gores à l’ancienne sont réussies et s’enchaînent rapidement avec efficacité, à l’image de ce massacre de zombies à la débroussailleuse. Tout amateur de gags sanguinaires y trouve alors rapidement son compte tant le film ne fait pas dans le détail. D’ailleurs cette réussite des effets gores, le film la doit beaucoup à la participation de Mike Fields (Fido, Le monde de Narnia 2, X-Men 3, Les quatre fantastiques…) qui délivre un vrai travail de professionnel notamment avec des maquillages très réussis des zombies.

A cela s’ajoute des personnages amusants et sympathiques. Timmy et Edwin sont deux abrutis, incapables de s’assumer. Pourtant, on se prend très vite à leur jeu, en se demandant ce qu’il va bien pouvoir encore leur tomber dessus. Toutefois le film devient vraiment drôle quand ce duo de départ est complété par Leah. Le trio ainsi composé fonctionne parfaitement et les trois acteurs fournissent une interprétation somme toute convaincante. A ce titre, le choix de prendre deux drogués incompétents comme héros prend tout son sens lorsqu’ils sont confrontés à cette parfaite survivante de l’apocalypse. En effet, leurs différences donnent lieu à des dialogues assez marrants et des situations incongrues. De plus, le film regorge de bonnes idées comme cette douche fonctionnant à l’aide d’un zombie courant sur un tapis roulant pour pomper l’eau.

On peut aussi relever un véritable travail sur la manière de filmer. Car, comme Thomas Newman a fait le choix de tout storyboarder, le film est très fluide et l’action est parfaitement captée par la caméra. Le spectateur ne s’ennuie alors jamais et plonge dans l’univers de Bong of the Dead.

Bong of the Dead

Du sang, des pustules vertes mais tout n’est pas rose
Malheureusement, le film n’est pas exempt de défauts. Car si son humour n’est pas très fin, certains gags et notamment de nombreuses flatulences inutiles, viennent l’alourdir encore plus. D’ailleurs même les scènes gores ne sont pas toutes réussies. En effet, celles faisant intervenir l’ajout de sang numériquement sont beaucoup moins crédibles car les effets sont tout simplement mauvais malgré les deux ans de post-production.
On peut aussi regretter que certains aspects peu intéressants du film soient trop développés. Par exemple, plusieurs scènes sont consacrées aux délires des deux drogués. On voit les deux héros faire les idiots mais cela n’apporte strictement rien à leurs personnages puisque ce qui est intéressant c’est leur incompétence face à la situation et non leurs trips de junkies.

De la même manière, l’histoire fait intervenir un mort-vivant doué de la parole qui rêve de créer une armée de zombies pour détruire l’humanité. Mais, même si sa première rencontre avec Edwin et Timmy est hilarante, il est dommage d’avoir voulu en faire le méchant principal du film. Il aurait été bien plus amusant de confronter nos héros à des zombies indépendamment de ce roi zombie. Enfin, la fameuse Danger Zone est un peu comme la carotte faisant avancer l’âne. On essaie tant bien que mal de l’attraper mais on ne l’a jamais, résultat le film se termine et on regrette que nos trois héros n’aient pas mis un pied dans cette zone qui promettait des combats dantesques, dommage.

Au final, Bong of the dead est tellement délirant qu’on a l’impression d’avoir vu une de ces productions déjantées dont les japonais ont le secret. Quoiqu’il en soit le film est une bonne zombédie à voir si vous êtes de bon poil et avez un certain goût pour le gore débile. Vous ne manquerez alors pas de rire à la vision de cette réussite du cinéma indépendant dont la fin ne saurait vous rappeler un certain Shaun of the dead
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