Critique du film Devil’s Playground / Human Contagion

Human Contagion

Avec Devil’s Playground / Human Contagion, Marc McQueen signe ici sa première réalisation. Du coup, comme beaucoup de réalisateurs indépendants, le film se raccroche à ce qui a déjà marché avec l’espoir de se faire remarquer. Le scénario reprend donc la thématique en vogue des infectés, à la mode notamment depuis 28 jours plus tard, mais en nous servant un surprenant mélange d’infectés classiques dotés de capacités proche de celles des yamakasis.

Le film débute par la fin avec une scène où l’on fait la rencontre du personnage principal, Cole (Craig Fairbrass), en train de s’excuser pour ce qu’il a fait. En effet, il travaillait comme homme de main pour la multinationale N-Gen. A l’origine de l’infection se trouve un médicament développé par N-Gen et testé sur 30000 volontaires. Malheureusement les résultats se sont avérés catastrophiques et tous les cobayes se sont transformés en tueurs assoiffés de sang à la morsure très contagieuse. Tous, sauf une personne, Angela Mills, qui deviendra alors l’unique possibilité pour N-Gen de rectifier son erreur en trouvant un remède.
Le patron de N-Gen confie à Cole la lourde tâche de retrouver Angela. Plongé dans le chaos et les infectés de plus en plus nombreux, sa mission s’avère alors plus difficile que prévue. Il trouvera néanmoins du soutien en s’associant avec d’autres survivants, et devra notamment composer avec Joe, le mari d’Angela, qui refuse que sa femme serve à nouveau de cobaye à N-Gen.

Human Contagion

Les 20 premières minutes du film racontent les origines de l’infection et constituent l’un des passages les plus intéressants du film. Le fait d’employer un médicament, un complexe énergisant, comme explication pour l’infection est bien exploité, et la mise en scène est particulièrement réussie.
Ainsi, cette introduction plante le décor sans pour autant être ennuyeuses : on nous laisse présager le pire et il arrive comme on le souhaitait. A cette accroche réussie s’ajoute un cocktail infectés-yamakasis qui s’avère plutôt efficace car il apporte du rythme au film. En effet, en étant très rapides et particulièrement dur à distancer, les infectés forcent les survivants à fuir et les placent sous une pression permanente : des infectés peuvent leur tomber dessus n’importe quand. Qui plus est, le virus étant très contagieux et la transformation se déroulant en quelques minutes, le mal se répand très rapidement. Du coup, à notre soulagement, les scénaristes n’ont pas réservé trop de temps pour des pleurs inutiles en privilégiant le côté action du film.

Human Contagion

De plus, le scénario mise sur un certain réalisme. Ainsi, il est très appréciable de voir que les personnages ont des comportements logiques. Ils récupèrent les armes sur les cadavres, ils vérifient que les infectés sont bien mort (le fameux “double tap” de Zombieland) et quand ils sont à court de munitions, ils utilisent des armes improvisés.
Cette impression de réalisme est d’ailleurs bien portée par le jeu des acteurs qui est convaincant. Craig Fairbrass parvient à ce titre à donner au personnage de Cole une intensité supérieure. Ce n’est par contre pas le cas de tout le monde, comme Danny Dyer qui s’avère particulièrement mauvais dans le rôle de Joe, alors que sa prestation dans Doghouse était plutôt réussie.
Enfin, la photographie est assez soignée même si certains plans semblent êtres affectés par le manque de moyen flagrant ; le budget est 4 fois moindre que celui de 28 jours plus tard. De même pour les décors, il y a un important décalage entre des plans superbes qui donnent à voir la ville de Londres à feu et à sang et d’autres qui se déroulent dans des lieux caractéristiques de films fauchés comme des zones industrielles et des garages.
Toutefois, toutes ces bonnes choses sont malheureusement gâchées par des défauts bien trop présents.

Human Contagion

En effet, le fond du film est malmené par la qualité de certains de ses personnages. Les acteurs ont beau être globalement bons, les personnages qu’ils incarnent ne sont pas assez aboutis et sont bien trop souvent stéréotypés. Pour exemple, on retrouve le méchant patron capitaliste qui ne vit que pour s’enrichir ou la greluche inutile de service. Mais, l’Oscar du personnage le moins abouti est décerné à Joe. Les scénaristes ont tenté de créer un personnage complexe en lui raccrochant un passé douloureux, mais le traitement de son histoire est trop superficiel pour être intéressant. C’est d’ailleurs peut-être cela qui explique la nullité de la prestation de Danny Dyer.
Toutefois le principal point faible du film reste le manque d’originalité de son scénario. Déjà, même si l’explication des causes de l’infection est bien relatée, elle n’a rien d’original. Le médicament c’est malheureusement vu et revu. De même, le scénario n’apporte rien de neuf au genre en proposant des rebondissements prévisibles. Le film est finalement un enchaînement de courses poursuite et de scènes de combats d’une trop faible intensité.

Du coup, Devil’s Playground est un film simplement divertissant, assez rythmé, avec de belles images et de bons infectés mais qui malheureusement n’apporte rien de nouveau et qui est pénalisé par un scénario trop classique. Bref, un indé qui aurait finalement gagné à sortir des clous du genre et à innover à l’image de The vanguard.

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